Saint-Étienne : le nouveau maire veut rompre avec la ville israélienne Nof HaGalil
Régis Juanico, élu en mars 2026, annonce la fin d'un partenariat signé en 1974 et inactif depuis des années, pour le remplacer par un jumelage palestinien.
Le maire socialiste de Saint-Étienne a annoncé le 17 avril la suppression du jumelage avec Nof HaGalil, ville israélienne. Il souhaite le remplacer par un partenariat avec une collectivité palestinienne. La décision divise élus et associations.
Le sujet était dans l’air depuis l’installation du nouveau conseil municipal, le 27 mars 2026. Régis Juanico, maire PS de Saint-Étienne à la tête d’une majorité d’union de la gauche forte de 43 sièges, a officialisé le 17 avril sa volonté de mettre fin au jumelage avec Nof HaGalil (anciennement Nazareth Illit), ville israélienne partenaire depuis 1974. Ce partenariat, signé sous la mandature de Michel Durafour, était reconnu comme inactif depuis de nombreuses années, sans actions de coopération récentes, selon la mairie de Saint-Étienne.
« Dirigée par l’extrême droite »
Pour justifier cette décision, Régis Juanico invoque deux arguments. Il estime que Nof HaGalil est aujourd’hui « dirigée par l’extrême droite ». Il place l’action sous « l’égide du droit international et de la solidarité humaine », selon Franceinfo. Le jumelage rompu, il entend le remplacer par un partenariat avec une collectivité palestinienne, dont l’identité n’a pas encore été précisée.
La France Insoumise locale, qui dispose de 3 sièges au conseil - au sein de l’opposition, non de la majorité - réclamait ce déjumelage depuis longtemps, qualifiant Nof HaGalil de « colonie israélienne ». Une manifestation organisée par LFI Saint-Étienne le 18 avril a réuni des partisans du déjumelage. Une seconde mobilisation était prévue le lundi 20 avril, jour du conseil municipal, sous le slogan « Saint-Étienne ne doit plus soutenir l’apartheid israélien », selon 20 Minutes.
Critiques à droite, risque juridique
Le Crif Auvergne-Rhône-Alpes a vivement réagi, accusant la municipalité d' »alimenter les fractures » et estimant que cette rupture ne servirait « ni la paix ni la justice », selon 20 Minutes. Du côté de l’opposition municipale, composée de 8 élus RN et 5 droite-centre, les critiques portent sur la nature politique de la démarche.
Sur le plan juridique, la décision est signalée comme potentiellement vulnérable. Transformer un outil de coopération administrative en prise de position sur un conflit international pourrait être contesté devant le tribunal administratif pour détournement de pouvoir, comme le relèvent plusieurs observateurs sur X.
Le site IF Saint-Étienne note de son côté qu’un jumelage inactif ne peut techniquement pas être « arrêté » au sens formel : la collectivité israélienne n’a mené aucune coopération concrète avec la ville depuis des années. La portée symbolique de l’annonce semble donc primer sur sa portée administrative.
Prochaine étape
Le conseil municipal s’est tenu le lundi 20 avril 2026 à 10h30 à l’Hôtel-de-Ville de Saint-Étienne. La question du jumelage devait y être abordée formellement, selon l’ordre du jour publié par la mairie. La collectivité palestinienne pressentie pour un futur partenariat n’a pas encore été annoncée.
Sources
- Franceinfo : Le maire socialiste de Saint-Etienne veut rompre le jumelage avec une ville israélienne
- 20 Minutes : Saint-Etienne : Le nouveau maire met fin à un jumelage avec une ville israélienne
- IF Saint-Étienne : Saint-Etienne / Nof HaGalil : « Un jumelage qui n'existe plus ne peut pas être arrêté »
- Mairie de Saint-Étienne : Séances du conseil municipal de Saint-Étienne