Saint-Étienne Métropole bascule à gauche : Juanico succède à Fayolle

Quatre mois après son élection, la présidente sortante cède sa place au nouveau maire socialiste de Saint-Étienne.

Saint-Étienne Métropole bascule à gauche : Juanico succède à Fayolle
Illustration David Garnier / info.fr

Sylvie Fayolle a renoncé à se représenter à la tête de Saint-Étienne Métropole dans la nuit du 1er au 2 avril 2026. Régis Juanico, maire PS fraîchement élu, lui succède. La métropole de 53 communes et 520 000 habitants retrouve une présidence de gauche pour la première fois depuis 2014.

Le scénario était inattendu. Élue le 17 décembre 2025 à la tête de Saint-Étienne Métropole - seule candidate, avec 87 voix - après la démission forcée de Gaël Perdriau, Sylvie Fayolle a choisi de ne pas rempiler. Dans la nuit du 1er au 2 avril 2026, elle a conclu un pacte d’alliance avec Régis Juanico, nouveau maire socialiste de Saint-Étienne, selon IF Saint-Étienne.

88 voix au stade Geoffroy-Guichard

Le 2 avril 2026, le conseil d’installation de la métropole s’est tenu au stade Geoffroy-Guichard. Régis Juanico a été élu président avec 88 voix sur 122 votants, rapporte Le Progrès. Il devient le 5e président de l’histoire de l’intercommunalité.

Dans la foulée de son élection, il a fixé le cap : « La Métropole ne sera plus une machine lointaine », promettant une refonte de la gouvernance, toujours selon Le Progrès. Les contours précis de cette refonte restent à préciser.

Fayolle reste dans le jeu, Dugua en première vice-présidence

Publicité

Sylvie Fayolle n’est pas écartée pour autant. L’ex-présidente, issue des rangs LR, a été nommée 2e vice-présidente de la métropole, aux côtés d’Axel Dugua, maire de Saint-Chamond, qui occupe la 1re vice-présidence, selon IF Saint-Étienne. Le bureau métropolitain compte au total 58 membres, dont 19 vice-présidents élus le même jour.

Ce réagencement illustre la logique du pacte passé avec Juanico : Fayolle et sa famille politique conservent une place dans l’exécutif en échange de leur soutien.

Un retour à gauche après douze ans de domination LR

Cette élection clôt une séquence politique agitée. Gaël Perdriau, maire LR de Saint-Étienne de 2014 à 2025 et président de la métropole, a été condamné à quatre ans de prison ferme pour chantage politique à la sextape contre son adjoint Gilles Artigues, rappelle Wikipedia. Sa démission avait ouvert la crise qui porta Fayolle à la présidence en urgence.

Régis Juanico, lui, avait remporté les municipales de Saint-Étienne le 22 mars 2026, faisant basculer la ville à gauche selon France 3. Sa victoire à la tête de la métropole, quelques jours plus tard, prolonge ce retournement politique. La dernière présidence de gauche à Saint-Étienne Métropole remontait à Maurice Vincent, entre 2008 et 2014.

Prochaine étape : le conseil métropolitain se réunit le 22 avril 2026 à 14h30 au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Priest-en-Jarez, selon le site officiel de la métropole. L’ordre du jour : définir les délégations attribuées aux 19 vice-présidents.

Sources

David Garnier

David Garnier

Basé à Saint-Étienne, traite la désindustrialisation, les tensions sur l'emploi, les projets de reconversion urbaine et l'université. Formé à Sciences Po Grenoble, il a travaillé en radio régionale avant de rejoindre la rédaction web. Posture éditoriale : rencontrer les ouvriers, les élus, les entrepreneurs, vérifier les bilans sociaux avant de publier.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie