Saint-Gildas-des-Bois : deux cousins tués par électrocution lors de la mise à l’eau d’un catamaran

Le mât du bateau a heurté une ligne de 20 000 volts qui s'est abattue dans l'étang privé ce 1er mai

Saint-Gildas-des-Bois : deux cousins tués par électrocution lors de la mise à l'eau d'un catamaran
Illustration Stéphane Joly / info.fr

Deux cousins septuagénaires sont morts électrocutés le 1er mai 2026 à Saint-Gildas-des-Bois, en Loire-Atlantique. Ils mettaient à l'eau un petit catamaran dans un étang privé lorsque le mât a heurté une ligne haute tension de 20 000 volts. Une enquête est ouverte par la gendarmerie de Pontchâteau.

Deux cousins septuagénaires sont morts électrocutés le 1er mai 2026 à Saint-Gildas-des-Bois, en Loire-Atlantique. Ils mettaient à l’eau un petit catamaran dans un étang privé lorsque le mât a heurté une ligne haute tension de 20 000 volts. Une enquête est ouverte par la gendarmerie de Pontchâteau.

L’essentiel

  • Date et lieu : 1er mai 2026, lieu-dit La Gautrais, commune de Saint-Gildas-des-Bois (Loire-Atlantique)
  • Victimes : deux cousins septuagénaires, propriétaires de l’étang où s’est produit l’accident, selon Actu.fr
  • Cause : le mât du catamaran a heurté une ligne électrique de 20 000 volts, la faisant rompre et tomber dans l’eau (Ouest-France, ICI)
  • Enquête : ouverte par la brigade de gendarmerie de Pontchâteau ; un médecin légiste a constaté les décès
  • Réglementation : la loi impose 5 mètres de distance minimale entre engins et lignes HT de 20 000 volts, et 9 mètres de hauteur au-dessus des plans d’eau navigables à voile (Legifrance)

Ce qui s’est passé au lieu-dit La Gautrais

Les faits se sont déroulés en fin de matinée ce 1er mai, jour férié. Les deux cousins, dont les identités n’ont pas été communiquées par les autorités, préparaient la mise à l’eau d’un catamaran dans un étang situé au lieu-dit La Gautrais. Cet étang appartenait à l’une des victimes, selon Actu.fr.

Lors de la manœuvre, le mât du catamaran a accroché une ligne électrique aérienne de 20 000 volts. La ligne a rompu et est tombée dans l’eau. Les deux hommes ont été électrocutés.

Un voisin a rapporté avoir entendu « un gros boum, une détonation » au moment de l’incident, selon un témoignage relayé sur X.

L’intervention des secours et l’enquête ouverte

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Les pompiers ont été alertés et se sont rendus sur place pour récupérer les corps. Un médecin légiste a constaté les décès. La brigade de gendarmerie de Pontchâteau a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes du drame, selon Ouest-France.

Les investigations porteront notamment sur la configuration des lieux : la hauteur de la ligne au-dessus de l’étang, la présence ou non d’une signalisation de danger, et les conditions dans lesquelles la manœuvre a été engagée. Ces éléments n’ont pas encore été communiqués à ce stade.

La réglementation sur les lignes HT près des plans d’eau

En France, la réglementation encadre strictement la coexistence entre les lignes électriques aériennes et les activités nautiques. Selon le code de la construction et les arrêtés techniques en vigueur, publiés sur Legifrance, une distance minimale de 5 mètres doit être respectée entre tout engin ou véhicule et une ligne haute tension de 20 000 volts.

Pour les plans d’eau navigables à voile, la hauteur minimale des lignes HT au-dessus des plus hautes eaux est fixée à 9 mètres. Cette règle vise précisément à prévenir les contacts accidentels entre les mâts de voiliers ou de catamarans et les câbles sous tension.

Si ces normes s’appliquent aux voies navigables officiellement classées, leur respect sur les plans d’eau privés peut poser des questions pratiques. La question de la conformité de la ligne concernée à La Gautrais reste à établir dans le cadre de l’enquête. À ce stade, aucune autorité n’a communiqué sur ce point.

Ce type d’accident rappelle les risques liés à la pratique d’activités nautiques sans évaluation préalable des dangers environnants. Dans le Var, après une série d’accidents de plongée, le préfet avait récemment appelé à une vigilance accrue lors des activités en milieu aquatique.

Des précédents similaires en France

Ce drame n’est pas sans précédent. En 2018, à Plérin, dans les Côtes-d’Armor, une salariée d’un centre nautique avait été électrocutée lors d’une manœuvre de voilier dont le mât avait touché une ligne haute tension, selon Ouest-France. L’accident avait donné lieu à une procédure judiciaire et à une condamnation de la commune à verser 1,7 million d’euros.

En 2014, un pêcheur de 77 ans était mort électrocuté par une ligne HT en Vendée dans des circonstances comparables, rappelle Ouest-France. La récurrence de ces accidents met en lumière une problématique persistante : la présence de lignes aériennes à basse hauteur au-dessus ou à proximité de plans d’eau fréquentés par des pratiquants d’activités nautiques.

Contexte dans la Loire-Atlantique

Saint-Gildas-des-Bois est une commune de 3 790 habitants (données INSEE 2022), avec une densité de 113,4 habitants par kilomètre carré. Située dans le nord du département, en limite du Morbihan et de la Loire-Atlantique, elle appartient à la communauté de communes du Pays de Pontchâteau-Saint-Gildas-des-Bois.

La Loire-Atlantique concentre un nombre important de plans d’eau privés et de zones humides, notamment dans le pays de Pontchâteau et la Grande Brière. Ce tissu de zones aquatiques rurales, souvent non répertoriées comme voies navigables officielles, coexiste avec un réseau dense de lignes électriques aériennes, hérité de décennies d’électrification rurale. La question de la mise aux normes de ce réseau dans les zones à risque ne fait pas l’objet d’un programme public identifié à ce stade dans le département.

À l’échelle nationale, Enedis dispose d’un outil baptisé LigneAlerte, destiné à signaler les interventions à proximité des réseaux électriques. Son usage reste peu répandu pour les activités de loisirs nautiques sur plans d’eau privés, selon les informations disponibles.

Que faire face à une ligne HT près d’un plan d’eau ?

Plusieurs organismes de prévention rappellent les consignes élémentaires. Avant toute mise à l’eau d’un engin à mât, il convient d’identifier la présence de lignes aériennes dans un rayon de plusieurs dizaines de mètres. En cas de doute sur la hauteur ou la distance, le contact avec le gestionnaire du réseau local - Enedis pour la distribution, RTE pour le transport - est recommandé avant toute manœuvre.

En cas de chute d’une ligne dans l’eau ou à proximité, les consignes sont claires : ne pas approcher, rester à distance et appeler le 18 ou le 112. L’eau conduit l’électricité sur une large surface, ce qui rend la zone de danger difficile à délimiter visuellement.

L’enquête de la gendarmerie de Pontchâteau devra notamment déterminer si la ligne en cause respectait les hauteurs réglementaires et si une signalisation de danger était en place au lieu-dit La Gautrais. Ses conclusions pourraient déboucher sur une mise en cause pénale ou civile, comme ce fut le cas après l’accident de Plérin en 2018.

Les résultats de cette enquête et les éventuelles suites judiciaires restent à venir dans les prochaines semaines.

Sources

Stéphane Joly

Stéphane Joly

Stéphane est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Loire-Atlantique (44), avec Nantes pour chef-lieu. Spécialité du département : chantiers navals (1ers d'Europe) et french tech Nantes. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Pays de la Loire.

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