Saint-Jean-de-Monts veut loger ses saisonniers : une convention et des actes

Une convention tripartite signée fin 2024 structure la réponse locale à la crise du logement saisonnier en Vendée.

Saint-Jean-de-Monts veut loger ses saisonniers : une convention et des actes
Illustration Stéphanie Moreau / info.fr

À Saint-Jean-de-Monts, trouver un toit pour les travailleurs saisonniers est devenu un enjeu central. Une convention signée en novembre 2024 engage la commune, l'État et la Communauté de communes Océan-Marais de Monts sur trois ans. Les premières actions sont en cours.

Chaque été, des centaines de saisonniers arrivent en Vendée pour faire tourner hôtels, campings et restaurants. Mais se loger à Saint-Jean-de-Monts est devenu un casse-tête. Le parc locatif privé est saturé par les locations touristiques, et le parc social ne suit pas la demande. La Communauté de communes Océan-Marais de Monts, les communes de Saint-Jean-de-Monts et Notre-Dame-de-Monts, ainsi que l’État, ont signé une convention tripartite en novembre 2024 pour tenter d’y remédier.

Une aide financière pour mobiliser les propriétaires

La convention, d’une durée de trois ans, prévoit plusieurs leviers. Les propriétaires privés qui acceptent de louer à des saisonniers peuvent bénéficier d’une aide de 1 000 à 4 000 € par logement, versée par la Communauté de communes et adossée au programme départemental, selon Ouest-France. Le Département de la Vendée conditionne son soutien à un engagement minimal de dix semaines de location annuelle, comme indiqué sur le site officiel du Département.

Les pistes explorées sont multiples : transformation de logements touristiques en hébergements pour saisonniers, expérimentation de l’hébergement chez l’habitant, ou encore construction d’une structure collective pour jeunes actifs et apprenants. À Notre-Dame-de-Monts, 23 logements sont déjà dédiés aux saisonniers, affichant un taux d’occupation de 75 % en période estivale. Cinq unités supplémentaires sont en cours d’aménagement dans l’ancienne maison des sœurs, toujours selon Ouest-France.

Un déficit structurel reconnu

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Le contexte est tendu. Un rapport des Les Echos de décembre 2025 souligne un déficit chronique de logements sociaux en Vendée, où la croissance du parc reste inférieure aux besoins démographiques et économiques. La Cour des Comptes estime à 400 000 le nombre de travailleurs saisonniers en France confrontés à des difficultés de logement, une pression accentuée depuis la crise sanitaire de 2020-2021 dans les zones touristiques.

À Saint-Jean-de-Monts, la politique de logement social remonte aux années 1990. Quatre bailleurs sociaux, dont Vendée Habitat, gèrent le parc local. Huit logements sociaux ont été inaugurés en juin 2024, et en novembre 2025, le conseil municipal a approuvé une opération de 23 logements dont 5 sociaux, selon le site de la mairie. Véronique Launay, maire de Saint-Jean-de-Monts, a déclaré à Ouest-France : « Obtenir un diagnostic plus récent sur les besoins serait intéressant. »

Un diagnostic actualisé et un plan d’actions conjoint restent à finaliser par la Communauté de communes. La réhabilitation d’un ancien bâtiment pour héberger des saisonniers est par ailleurs en cours. Les logements liés à la restructuration de la gendarmerie, partiellement livrés à l’automne 2025, doivent être achevés pour l’été 2026, selon le magazine municipal de décembre 2025.

Sources

Stéphanie Moreau

Stéphanie Moreau

Correspondante à La Roche-sur-Yon, elle suit le Puy du Fou, les tensions sur le tourisme, l'agriculture et les débats sur les services publics. Issue de Sciences Po Rennes, elle a commencé en radio. Méthode : interroger les professionnels du spectacle, les agriculteurs, les élus, vérifier les données de fréquentation avant de conclure.

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