Saint-Josse : le préfet soutient un projet de poulailler Label Rouge et annonce un CLAP volaille
Le préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch, s'est rendu mercredi 1er juillet sur l'exploitation de Valentin Melin à Saint-Josse. Il a réaffirmé son soutien au projet de deux poulaillers Label Rouge et annoncé la création d'un Comité local d'accompagnement (CLAP) dédié à la filière volaille en septembre 2026.
Le préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch, a visité le 1er juillet 2026 l'exploitation de Valentin Melin à Saint-Josse. Il a qualifié le projet de deux poulaillers Label Rouge d'« exemplaire » et annoncé un Comité local d'accompagnement (CLAP) pour la filière volaille en septembre.
L’essentiel
- Visite préfectorale : Le préfet François-Xavier Lauch s’est rendu jeudi 2 juillet 2026 sur l’exploitation de Valentin Melin à Saint-Josse.
- Projet soutenu : Deux poulaillers Label Rouge de 400 m² chacun (près de 8 800 volailles), en dessous des seuils ICPE, permis validé par la mairie et l’intercommunalité.
- Recours : Deux recours en annulation déposés par des riverains devant le tribunal administratif d’Arras, le préfet promet une « défaite juridique ».
- CLAP volaille : Annonce d’un Comité local d’accompagnement des projets dédié à la filière volaille en septembre 2026, pour 15 à 20 nouveaux dossiers.
- Contexte : Près d’un poulet sur deux consommé en France est importé ; l’État vise la création d’environ 220 poulaillers par an.
Le préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch, a effectué jeudi 2 juillet 2026 une visite à Saint-Josse (1 041 habitants) sur l’exploitation agricole de Valentin Melin, jeune agriculteur de 29 ans. Objectif : réaffirmer le soutien de l’État à son projet de construction de deux poulaillers Label Rouge en plein air, qui suscite des tensions locales.
Un projet d’élevage « exemplaire » selon le préfet
Le projet prévoit l’installation de deux bâtiments de 400 m² chacun sur prairie permanente, permettant d’élever près de 8 800 volailles en plein air, sous label Label Rouge. Le permis de construire a été validé par la mairie de Saint-Josse le 3 avril 2026 et par la communauté d’agglomération des Deux Baies en Montreuillois. L’élevage reste en dessous des seuils de classement ICPE, nécessitant une simple déclaration en préfecture.
Valentin Melin, qui a repris un élevage de chèvres en 2022, souhaite se diversifier dans la volaille. Il assure que « tout est local » : l’alimentation est produite dans la région et l’abattage est réalisé dans les Hauts-de-France. Le préfet a qualifié le projet d’« exemplaire », respectant toutes les réglementations, et a estimé qu’il n’entraînerait pas de nuisances olfactives.
Deux recours de riverains devant le tribunal
Le projet fait face à l’opposition d’un collectif de riverains. Deux recours en annulation du permis de construire ont été déposés devant le tribunal administratif d’Arras. Les opposants invoquent la proximité de l’exploitation avec une zone Natura 2000. Le préfet s’est montré ferme : « Je leur promets une défaite juridique », a-t-il déclaré, invitant les opposants à retirer leurs recours.
Valentin Melin, joint par La Voix du Nord, a exprimé sa lassitude face à ces procédures. « J’attends que cela se termine pour pouvoir travailler sereinement », a-t-il confié.
Un CLAP volaille en septembre 2026
Lors de sa visite, le préfet a annoncé la mise en place, en septembre 2026, d’un Comité local d’accompagnement des projets (CLAP) dédié à la filière volaille dans le Pas-de-Calais. Ce dispositif vise à identifier et accompagner 15 à 20 nouveaux projets d’installation ou de développement d’élevages de volailles. L’objectif est de renforcer la souveraineté alimentaire : près d’un poulet sur deux consommé en France est importé, et la profession agricole ambitionne la création d’environ 220 poulaillers par an.
Cette annonce s’inscrit dans un contexte national de relocalisation de la production de volailles. Selon le préfet, le Pas-de-Calais, département rural et agricole, a un rôle à jouer.
Contexte dans le Pas-de-Calais
Avec environ 1 041 habitants, Saint-Josse est une petite commune rurale de la communauté d’agglomération des Deux Baies en Montreuillois, située dans le nord du département. Le Pas-de-Calais (62) est l’un des premiers départements agricoles des Hauts-de-France, avec une forte tradition d’élevage et de cultures (betterave, pomme de terre, céréales). La filière avicole y est moins développée que dans l’ouest de la France, mais l’État souhaite y encourager les installations, dans le cadre de la souveraineté alimentaire. Selon l’INSEE, le département compte environ 1,46 million d’habitants et une densité de population de 220 hab/km². La question de l’acceptabilité des projets agricoles par les riverains est récurrente, comme le montrent d’autres dossiers environnementaux dans les territoires voisins.
Prochaine étape : le CLAP de septembre
Le Comité local d’accompagnement des projets dédié à la volaille se réunira pour la première fois en septembre 2026. Il devrait réunir les services de l’État, la profession agricole, les élus locaux et les associations de protection de l’environnement. L’objectif est de fluidifier les procédures et de lever les blocages, afin d’accélérer les installations. En attendant, le tribunal administratif d’Arras devra se prononcer sur les recours déposés contre le projet de Valentin Melin. L’action de l’État dans les territoires se concrétise par des visites de terrain et des annonces ciblées.
Sources
- X (Twitter) : Tweet officiel du préfet du Pas-de-Calais
- France 3 : France 3 Hauts-de-France : « 8 800 poules, ce n'est pas un élevage intensif »
- La Voix du Nord : La Voix du Nord : « Je leur promets une défaite juridique »
- L'Opinion : L'Opinion : Pas-de-Calais, un projet d'élevage de poulets label rouge déchaîne les passions