Saint-Just-d’Avray : DMP Plastique visée par une troisième mise en demeure préfectorale
L'entreprise de films polyéthylène cumule les injonctions de la préfecture du Rhône depuis 2021 pour rejets polluants non conformes.
La société DMP Plastique, implantée au lieu-dit Saint-Maurice à Saint-Just-d'Avray, a reçu en avril 2024 sa troisième mise en demeure préfectorale pour non-respect des normes de rejets polluants. Un dossier qui s'étire depuis 2021, dans un contexte de surveillance accrue des industriels du Rhône.
Trois mises en demeure en moins de trois ans. La société DMP Plastique, spécialisée dans la fabrication de films à partir de granulés de polyéthylène et située au lieu-dit Saint-Maurice à Saint-Just-d’Avray, dans le Rhône, ne parvient pas à se mettre en conformité avec les exigences environnementales qui lui sont imposées.
La préfecture du Rhône a émis un arrêté préfectoral le 12 avril 2024 portant mise en demeure de l’entreprise pour non-respect des dispositions relatives aux rejets polluants, selon les données publiées sur le site de la préfecture. Cet arrêté fait suite à deux précédents : l’un daté du 13 octobre 2021, l’autre du 26 juin 2023. Trois injonctions officielles donc, sans que la situation ne semble se régler.
Un historique de non-conformité
DMP Plastique est classée installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE). À ce titre, elle est soumise à des contrôles réguliers portant notamment sur ses rejets liquides et atmosphériques. Les détails techniques des manquements constatés - nature des polluants, seuils dépassés, volumes en cause - n’ont pas été précisés dans les documents publiés par la préfecture à ce stade.
La répétition des mises en demeure illustre une difficulté à obtenir la conformité dans la durée. La préfecture dispose d’outils de contrainte supplémentaires en cas de persistance : astreintes administratives, suspension d’activité, voire fermeture. Aucune de ces mesures n’a été annoncée publiquement à ce jour.
Un fleuve déjà sous pression
Ce dossier local s’inscrit dans un contexte régional tendu. Selon France Bleu, 50 % des microplastiques retrouvés sur les berges du Rhône proviennent de l’industrie de production plastique, dont la pétrochimie. Une étude publiée en 2025 par Vert.eco estimait que 900 microplastiques s’écoulent chaque seconde dans le Rhône en aval de la vallée industrielle, alimentant la Méditerranée.
Une étude de l’ENTPE publiée en 2024 nuance toutefois le tableau : elle relève un découplage entre la demande en polymères et le niveau de contamination plastique mesuré dans le fleuve, contrairement aux tendances observées à l’échelle mondiale. La pollution du Rhône par les plastiques industriels est documentée depuis les années 1980-1990, selon le site spécialisé Eaux Glacées, qui rappelle des analyses remontant à 1986 révélant des rejets toxiques non maîtrisés jusqu’aux années 2000.
Surveillance renforcée en 2026
En parallèle de ce cas particulier, la surveillance environnementale des zones rurales du Rhône s’intensifie cette année. L’agence de l’eau Rhône-Méditerranée conduit en 2026 une révision des zones vulnérables aux nitrates, avec une phase de concertation publique. Des appels à projets ciblant la dynamisation des territoires ruraux et la lutte contre la pollution ont également été lancés - l’un d’eux était clos au 4 février 2026, selon le site de l’agence.
DMP Plastique n’a pas été contactée par la rédaction avant publication. La préfecture du Rhône n’a pas communiqué sur les suites envisagées à la mise en demeure d’avril 2024.
Sources
- Préfecture du Rhône : Mises en demeure – Installations classées
- France Bleu : Plastique dans l'eau du Rhône : une pollution énorme qui n'arrête pas d'augmenter
- Vert.eco : Le Rhône, une autoroute à déchets qui entraîne les plastiques jusqu'à la mer Méditerranée
- ENTPE : Contamination en microplastiques dans le Rhône : selon une étude de l'ENTPE, une réduction ?