Saint-Malo : les élus cartographient 165 km de côtes pour contrer l’érosion
Trois intercommunalités coopèrent pour anticiper le recul du trait de côte et adapter l'urbanisme littoral d'ici fin 2026.
Face à l'érosion et à la montée des eaux, les élus du Pays de Saint-Malo ont engagé un vaste chantier de cartographie du littoral. Les résultats devront guider les règles d'urbanisme de 22 communes. Les débats se poursuivent ce printemps.
Depuis début 2025, les trois intercommunalités littorales du Pays de Saint-Malo - l’Agglomération de Saint-Malo, la Communauté de communes Côte d’Émeraude et celle du Pays de Dol-Baie du Mont-Saint-Michel - ont mandaté le bureau d’études Artelia pour cartographier l’évolution du trait de côte sur 165 km, de Lancieux à Roz-sur-Couesnon. Les projections couvrent des horizons à 30 et 100 ans. L’opération est financée par le fonds vert et encadrée par la loi Climat et Résilience de 2021, selon le site du Pays de Saint-Malo.
Un littoral sous pression
Sur ces 165 km de côtes, 73,3 km sont artificialisés. Le reste mêle falaises rocheuses, estuaire de la Rance et baie du Mont-Saint-Michel, avec des niveaux d’érosion variables selon les secteurs, rapporte actu.fr. À l’échelle bretonne, 19,25 % des falaises rocheuses - soit 315 km sur 1 635 km - sont actuellement en recul, selon Bretagne Environnement. Les falaises granitiques de Saint-Malo sont concernées.
La carte des aléas de submersion marine, dévoilée en janvier 2025, a déjà modifié les règles locales. Le Plan de Prévention des Risques de Submersion Marine (PPRSM) de Saint-Malo a été révisé en 2024 pour anticiper la hausse du niveau marin. Résultat concret : un projet de musée sur les anciens silos a été interdit, selon Ouest-France.
Un SCoT approuvé, des PLU à adapter
Le Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) du Pays de Saint-Malo a été approuvé à l’unanimité le 19 décembre 2025, intégrant la préservation du patrimoine côtier face aux phénomènes climatiques extrêmes, indique l’Audiar. Ce document de planification fixe le cadre. Mais le travail concret se joue maintenant à l’échelle des communes.
La cartographie d’exposition au recul du trait de côte, une fois achevée, devra être intégrée dans les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) des 22 communes concernées. L’objectif : limiter l’exposition des constructions futures aux risques d’érosion. La Bretagne est la région française comptant le plus grand nombre de communes volontaires pour cette démarche, toujours selon le Pays de Saint-Malo.
Un problème ancien, une réponse nouvelle
L’érosion du littoral malouin n’est pas un phénomène récent. Avant les ouvrages de défense construits au XIXe siècle, le recul du trait de côte menaçait déjà les installations humaines. Des événements d’érosion sont documentés entre 1838 et 1869, d’après une délibération du Pays de Saint-Malo. Ce qui change aujourd’hui, c’est l’ampleur projetée des phénomènes et la nécessité d’un cadre réglementaire opposable.
Prochaine étape : l’achèvement des cartographies est prévu pour fin 2026. Les résultats alimenteront les révisions de PLU communes par communes. Les débats municipaux sont en cours depuis mars-avril 2026.
Sources
- Ouest-France : Submersion, érosion côtière : comment Saint-Malo s'adapte au changement climatique
- actu.fr : Avancée de la mer autour de Saint-Malo : "Si l'on ne fait rien, la nature se rappellera à nous"
- Audiar : Pays de Saint-Malo : le nouveau SCoT est approuvé
- Pays de Saint-Malo : Recul du trait de côte