Saint-Malo : 8 ans de squat, une maison insalubre et un propriétaire de 78 ans épuisé
Auguste Lunel et son épouse ont acheté aux enchères en 2018 un bien déjà occupé. Ils l'ont récupéré dans un état déplorable après huit ans de procédure.
Auguste Lunel, 78 ans, et son épouse Chantal ont acquis une maison près de Saint-Malo aux enchères en 2018. Squattée depuis environ huit ans, elle leur a été restituée dans un état insalubre. Le couple loue ailleurs depuis vingt-sept ans.
L’essentiel
- Achat : maison achetée aux enchères en 2018 par Auguste et Chantal Lunel, déjà occupée à la date d’acquisition.
- Durée : environ 8 ans de squat avant restitution effective aux propriétaires.
- État : bien retrouvé « complètement insalubre et déplorable », selon actu.fr et Le Pays Malouin.
- Situation personnelle : le couple loue une autre habitation depuis 27 ans, sans avoir pu s’installer dans sa propriété.
- Contexte national : 30 500 expulsions locatives en France en 2025, un record (+27 %), selon la Chambre nationale des commissaires de justice.
Une acquisition aux enchères, une maison déjà prise
En 2018, Auguste Lunel, aujourd’hui âgé de 78 ans, et son épouse Chantal achètent une habitation aux enchères dans la périphérie de Saint-Malo. Le bien est alors déjà occupé. Ce détail, connu à l’achat, va peser lourd : huit ans s’écouleront avant que le couple puisse espérer en prendre possession, selon les informations publiées par actu.fr et Le Pays Malouin les 11 et 12 juin 2026.
Pendant toute cette période, Auguste et Chantal Lunel continuent de payer un loyer ailleurs. Cela fait désormais vingt-sept ans qu’ils louent une autre habitation, sans avoir jamais pu habiter leur propre bien.
Huit ans d’attente, une maison dévastée
Quand les Lunel récupèrent enfin leur maison, l’état du bâtiment dépasse leurs craintes. Le logement est décrit comme « complètement insalubre » dans les colonnes d’actu.fr, qui a recueilli le témoignage du propriétaire. Le Pays Malouin parle d’un état « déplorable ».
Les détails précis des dégradations - nature des travaux à engager, estimation du coût de remise en état - n’ont pas été communiqués dans les sources disponibles à ce stade.
Une procédure longue, des recours non détaillés
Les étapes judiciaires et administratives qui ont jalonné ces huit années n’ont pas été précisées dans les sources consultées. On sait que la situation relève du squat - occupation sans droit ni titre - et que la récupération du bien a nécessité une procédure longue. Les voies de recours employées (référé expulsion, concours de la force publique, etc.) n’ont pas été détaillées publiquement à ce jour.
La mairie de Saint-Malo n’a pas, à ce stade, communiqué sur ce dossier individuel. La préfecture d’Ille-et-Vilaine non plus.
Contexte dans l’Ille-et-Vilaine
Saint-Malo compte 47 439 habitants au 1er janvier 2023, selon l’INSEE, et affiche une croissance démographique régulière (+1 342 résidents depuis 2017 selon Ouest-France). La pression sur le parc immobilier y est réelle : la ville vise 500 nouveaux logements par an pour absorber cette demande.
Dans ce contexte tendu, les situations de squat prolongé pèsent doublement : sur les propriétaires individuels d’abord, et sur une offre de logement déjà contrainte. Aucune donnée locale chiffrée sur le nombre de squats ou d’expulsions à Saint-Malo n’a été identifiée dans les sources officielles consultées (INSEE, préfecture).
Au niveau national, le tableau est éloquent. Les expulsions locatives ont atteint 30 500 en 2025, soit une hausse de 27 % en un an, selon la Chambre nationale des commissaires de justice - un record directement lié à la réforme Kasbarian-Berge facilitant les procédures, rapporte la Banque des Territoires. Le cas des Lunel illustre, à l’inverse, les situations où même ce cadre renforcé n’a pas suffi à accélérer la restitution. Saint-Malo a aussi été touchée récemment par un incendie Intra-Muros qui a contraint un couple à se reloger en urgence, rappelant la vulnérabilité du parc résidentiel local.
Un dossier humain autant que juridique
À 78 ans, Auguste Lunel incarne une réalité peu visible : celle de propriétaires âgés, souvent non professionnels de l’immobilier, pris dans des procédures qui s’étendent sur des années. Vingt-sept ans de loyer payé pour un logement de remplacement, un bien récupéré dégradé : le bilan financier reste à établir.
La question des squats de longue durée touche aussi d’autres types de biens en France. Les dégradations du domaine public font régulièrement l’actualité en Loire-Atlantique voisine, mais les atteintes aux propriétés privées sont moins systématiquement recensées.
Le couple n’a pas précisé ses intentions concernant le bien - vente, rénovation, occupation - selon les informations disponibles à ce jour.
Le dossier Lunel reste ouvert sur le plan de la remise en état. Aucune prochaine étape judiciaire ou administrative n’a été communiquée par les parties.
Sources
- actu.fr : Squattée depuis 8 ans, sa maison est devenue "complètement insalubre" : le calvaire d'un propriétaire
- Le Pays Malouin : Après 8 ans de squat, les propriétaires retrouvent leur maison dans un état déplorable
- Banque des Territoires : Logement : les expulsions ont atteint un niveau record en 2025
- Ouest-France : Saint-Malo poursuit sa conquête de nouveaux habitants

