Saint-Paul-en-Jarez : le puceron cendré menace les vergers du Pilat

Les arboriculteurs de la Loire font face à un ravageur difficile à maîtriser depuis l'interdiction de l'acétamipride.

Saint-Paul-en-Jarez : le puceron cendré menace les vergers du Pilat
Illustration David Garnier / info.fr

Dans la Loire, les producteurs de pommes voient leur récolte 2026 compromise par le puceron cendré. À Saint-Paul-en-Jarez, les Vergers de Bayol, comme d'autres exploitations du secteur, sont en première ligne. Sans traitement efficace autorisé, la situation inquiète.

Le puceron cendré (Dysaphis plantaginea) est de retour, et tôt. Selon le bulletin de surveillance végétale (BSV) de la Draaf Pays de la Loire, les premières fondatrices ont été signalées dès mars 2026 dans les vergers régionaux, une période critique en pré-floraison. Dans le Parc Naturel Régional du Pilat, les arboriculteurs de Saint-Paul-en-Jarez surveillent leurs pommiers avec inquiétude.

Les Vergers de Bayol, exploités par la famille Mazenod depuis cinq générations sur 27 hectares, produisent pommes, poires, cerises et coings en agriculture durable (HVE). Comme leurs voisins, ils font face à un ravageur qui peut, si non contrôlé, détruire jusqu’à 80 % d’une récolte, selon les données d’Ecophytopic. La colonisation démarre dès 4,8°C et progresse rapidement entre 14 et 18°C - des températures courantes au printemps dans le Pilat.

Des pertes qui s’accumulent depuis 2021

Le problème n’est pas nouveau. Selon le CTIFL, les attaques de pucerons cendrés sont en hausse continue depuis 2021 dans les bassins de production français. En 2025, la récolte nationale de pommes a reculé de 3 % à 1 574 800 tonnes, selon La France Agricole. Les pertes locales ont atteint 10 à 30 % dans certains vergers, rapporte FreshPlaza. En Maine-et-Loire, un arboriculteur a chiffré ses pertes à environ 100 000 euros de manque à gagner sur 30 hectares, selon Ouest-France.

La journaliste Emma Ducros résume le sentiment général :

L’impasse de l’interdiction de l’acétamipride

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Le nœud du problème est réglementaire. La France a interdit l’acétamipride, seul insecticide jugé efficace contre ce ravageur selon l’Inrae et l’Anses, contrairement à plusieurs pays européens qui maintiennent des dérogations. Les professionnels dénoncent une distorsion de concurrence et réclament des solutions.

Des alternatives de biocontrôle appliquées à l’automne montrent des résultats : selon Phyteis, elles réduisent de 50 % les foyers au printemps. Mais ces méthodes ne suffisent pas toujours à enrayer les attaques massives du début de saison. Le Progrès rapporte que des arboriculteurs ligériens tirent la sonnette d’alarme sur une « baisse importante de la production » en 2026.

Prochaine étape : les producteurs sont invités à suivre les BSV hebdomadaires de la Draaf et à participer aux webinaires du CTIFL consacrés à la gestion préventive du puceron cendré avant et pendant la floraison.

Sources

David Garnier

David Garnier

Basé à Saint-Étienne, traite la désindustrialisation, les tensions sur l'emploi, les projets de reconversion urbaine et l'université. Formé à Sciences Po Grenoble, il a travaillé en radio régionale avant de rejoindre la rédaction web. Posture éditoriale : rencontrer les ouvriers, les élus, les entrepreneurs, vérifier les bilans sociaux avant de publier.

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