Saint-Paul célèbre le maloya, patrimoine mondial vivant

La ville de Saint-Paul multiplie les événements autour du maloya, inscrit à l'UNESCO depuis 2009 et porté par quelque 300 groupes réunionnais.

Saint-Paul célèbre le maloya, patrimoine mondial vivant
Illustration Viviane Payet / info.fr

Du débarcadère de Saint-Paul aux Francofolies de septembre, le maloya occupe l'agenda culturel de l'ouest de La Réunion tout au long de l'année 2026. Né dans les plantations de canne à sucre, ce genre musical fait l'objet d'une transmission active, entre ateliers, concerts gratuits et programmations festivalières.

Le maloya ne se limite plus aux cérémonies rituelles. À Saint-Paul, il irrigue désormais plusieurs rendez-vous culturels annuels, portés par la mairie et des associations locales. L’édition la plus récente en date, « Le Maloya à Saint-Paul » du 1er octobre 2025, commémorait le 16e anniversaire de l’inscription de ce genre au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

Au débarcadère, une journée entre générations

Organisé par la Ville de Saint-Paul, l’événement s’est tenu au débarcadère, entrée gratuite. Au programme : exposition d’instruments traditionnels, ateliers de fabrication de mini kayambs, échange intergénérationnel avec le Gramoun Sello, et un plateau artistique réunissant Les Petits Boucaniers, Tribu Nénîbé, Ayoné, Tiéri Maloya et Lorans Kabar, selon le site Fetanoo. Des stands de restauration complétaient le dispositif.

Selon l’UNESCO, le maloya est né des esclaves malgaches et africains sur les plantations de canne à sucre. Il a d’abord servi de rituel d’ancêtres avant de devenir un chant de résistance, puis un marqueur identitaire fort. Aujourd’hui, environ 300 groupes documentés le pratiquent à La Réunion, et il est enseigné au Conservatoire de l’île.

Le maloya s’invite aussi dans le jazz et les Francofolies

Publicité

En avril 2026, le lien entre maloya et jazz est mis en avant dans le cadre du festival Jazz en l’air, organisé par la mairie de Saint-Paul du 19 au 26 avril. L’association Ashley Maloya’r a assuré un before le 19 avril à la Case Ravine Daniel, selon la mairie. Masterclass et rencontres professionnelles se poursuivent jusqu’au 26 avril.

Plus loin dans l’agenda, les Francofolies de La Réunion 2026, prévues du 1er au 6 septembre à Saint-Paul, affichent déjà des artistes de maloya : Etnisel Maloya et Lindigo figurent dans la programmation annoncée sur le site officiel du festival.

Un précédent côté Saint-Pierre

La dynamique dépasse Saint-Paul. En septembre 2025, Saint-Pierre accueillait la 7e édition du Festival Maloya, avec des artistes comme Mazad, Tessa Sega et Nout’ Racine, selon Zinfos974. L’événement avait attiré un large public sur trois jours, du 5 au 7 septembre.

À l’échelle de l’île, le maloya s’est imposé comme référence culturelle lors de tout événement public, qu’il soit artistique, social ou politique, note l’UNESCO dans sa documentation sur le genre.

Prochaine étape : le festival Jazz en l’air se poursuit à Saint-Paul jusqu’au 26 avril 2026, avec des rencontres professionnelles ouvertes au public. Les Francofolies ouvriront quant à elles leurs portes le 1er septembre.

Sources

Viviane Payet

Viviane Payet

Installée à Saint-Denis, elle couvre les tensions sur le logement, les débats sur l'immigration clandestine, le tourisme et les projets de la Nouvelle Route du Littoral. Diplômée de l'IJBA Bordeaux, elle a grandi à La Réunion. Méthode : interroger les élus, les associations, les riverains, vérifier les budgets du chantier avant de conclure.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie