Saint-Paul : relaxe générale dans l’affaire de harcèlement moral à la mairie
Le tribunal correctionnel a relaxé ce mercredi l'ex-DGS Valérie Picard, le 2e adjoint Sébastien Guyon et le directeur de cabinet Mustapha Omarjee
Le tribunal correctionnel de Saint-Paul a prononcé ce mercredi 22 juillet la relaxe générale des trois prévenus dans l'affaire de harcèlement moral présumé à la mairie. Valérie Picard, ancienne directrice générale des services, Sébastien Guyon, 2e adjoint, et Mustapha Omarjee, directeur de cabinet, ont été acquittés après un procès tenu le 3 juillet.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le tribunal correctionnel de Saint-Paul a prononcé la relaxe générale le 22 juillet 2026
- Valérie Picard (ex-DGS), Sébastien Guyon (2e adjoint) et Mustapha Omarjee (directeur de cabinet) ont été acquittés
- Le parquet avait requis 6 mois avec sursis contre Picard et 3 mois contre les deux autres lors du procès du 3 juillet
- L'affaire avait été initiée en 2022 par une plainte de Tristan Florian, ex-1er adjoint
Le verdict est tombé ce mercredi 22 juillet 2026 au tribunal correctionnel de Saint-Paul. Les trois prévenus poursuivis dans l’affaire de harcèlement moral présumé au sein de la mairie ont été relaxés. Valérie Picard, ancienne directrice générale des services (DGS), Sébastien Guyon, 2e adjoint au maire, et Mustapha Omarjee, directeur de cabinet, échappent aux sanctions pénales requises par le parquet.
Les faits reprochés et les réquisitions du parquet
Valérie Picard était poursuivie pour harcèlement moral. Sébastien Guyon et Mustapha Omarjee comparaissaient pour complicité. Lors du procès tenu le 3 juillet, la procureure avait requis six mois de prison avec sursis contre l’ex-DGS et trois mois avec sursis contre les deux autres prévenus, selon Imaz Press.
L’affaire remonte à 2022, lorsque Tristan Floriant, alors premier adjoint au maire de Saint-Paul, a déposé plainte. Les faits concernaient le climat de travail et les méthodes de management au sein de l’administration municipale.
Une relaxe qui clôt quatre ans de procédure
En écartant les poursuites pénales, le tribunal met fin à une affaire qui a traversé quatre années de procédure judiciaire. La décision intervient près d’un mois après les débats, durant lesquels les avocats de la défense ont plaidé l’absence de caractérisation du harcèlement moral.
Cette relaxe générale signifie que la justice n’a pas retenu les éléments constitutifs de l’infraction reprochée. Les trois mis en cause retrouvent leur pleine capacité juridique, sans condamnation au casier judiciaire.
Contexte dans La Réunion
Saint-Paul est la deuxième commune la plus peuplée de La Réunion, avec plus de 105 000 habitants. La ville concentre d’importants enjeux administratifs et politiques dans le département. Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de tensions sur les conditions de travail dans les collectivités territoriales, un sujet qui a également touché d’autres mairies de l’île ces dernières années.
Les cas de harcèlement moral dans la fonction publique territoriale font l’objet d’une attention accrue depuis le 3 juillet, qui a renforcé les dispositifs de signalement et de protection des agents. À La Réunion comme ailleurs, plusieurs administrations ont mis en place des cellules d’écoute et des protocoles de prévention.
Les implications pour la mairie de Saint-Paul
Cette décision judiciaire intervient dans un contexte administratif déjà marqué par des turbulences. Le départ de Valérie Picard de son poste de DGS avait entraîné une réorganisation des services municipaux. Sébastien Guyon occupe toujours ses fonctions d’adjoint, tandis que Mustapha Omarjee reste en poste comme directeur de cabinet.
La municipalité n’a pas communiqué officiellement sur le jugement à ce stade. La relaxe pourrait néanmoins apaiser les tensions internes qui avaient marqué l’administration ces dernières années, même si des questions sur le climat social au sein de la collectivité demeurent.
Le parcours judiciaire depuis la plainte de 2022
Tristan Florian, à l’origine de la plainte en 2022, avait quitté ses fonctions de premier adjoint dans un contexte de désaccords avec l’équipe municipale. Son signalement avait déclenché une enquête préliminaire, suivie d’une instruction qui a abouti au renvoi des trois prévenus devant le tribunal correctionnel.
L’affaire avait suscité une attention particulière dans le paysage politique réunionnais, les médias locaux relatant régulièrement les développements de la procédure. La décision de relaxe clôt le volet pénal, mais n’empêche pas d’éventuelles suites sur le plan administratif ou civil.
Prochaine étape
Le parquet dispose d’un délai de dix jours pour faire appel du jugement. En l’absence d’appel, la décision deviendra définitive. Les trois prévenus relaxés pourraient alors se retourner contre leur plaignant pour dénonciation calomnieuse, une procédure courante après une relaxe dans ce type d’affaires.