Saint-Vit : cinq hommes interpellés après une tentative d’enlèvement déjouée par une salariée

Une employée d'une entreprise de métaux précieux a alerté la gendarmerie le 29 mai, déclenchant un dispositif XXL avec GIGN et hélicoptère

Saint-Vit : cinq hommes interpellés après une tentative d'enlèvement déjouée par une salariée
Illustration Maxime Joly / info.fr

Le 29 mai 2026 à Saint-Vit, une salariée de 30 ans a repéré une voiture suspecte près de son domicile et prévenu les gendarmes. Cinq hommes d'une vingtaine d'années ont été interpellés après une course-poursuite et une traque dans les bois. Ils sont mis en cause pour tentative d'enlèvement en bande organisée.

L’essentiel

  • 29 mai 2026, 7h20 : une salariée de 30 ans repère une voiture volée avec fausses plaques près de son domicile à Saint-Vit et alerte la gendarmerie.
  • Cinq hommes d’une vingtaine d’années interpellés, dont trois après une traque dans le bois d’Ambre, l’un caché dans un étang.
  • Dispositif exceptionnel : environ 50-60 gendarmes, antenne GIGN de Dijon, hélicoptère de Colmar, drone, motards et chien Swatt.
  • Charges : tentative d’enlèvement/séquestration en bande organisée et tentative de vol en bande organisée ; deux pistolets, cagoules et gants saisis.
  • Enquête confiée à la Section de recherches de la gendarmerie de Besançon.

Un réflexe qui a tout changé

Vendredi 29 mai, vers 7h20, une femme de 30 ans employée d’une entreprise d’horlogerie-joaillerie travaillant avec des métaux précieux quitte son domicile à Saint-Vit. Elle remarque un véhicule stationné à proximité, qui lui paraît suspect. La voiture est volée, équipée de fausses plaques d’immatriculation. La salariée appelle immédiatement la gendarmerie.

Ce coup de téléphone a tout déclenché. Selon la colonelle Élodie Montet, commandante du groupement de gendarmerie du Doubs : « Si cette femme n’avait pas appelé, nous aurions eu peut-être un drame. »

Course-poursuite et tentative de percussion

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Les gendarmes arrivent rapidement sur place. Les occupants du véhicule prennent la fuite. Une course-poursuite s’engage dans les rues de Saint-Vit. Le conducteur tente de percuter le véhicule des forces de l’ordre, selon les déclarations du procureur de Besançon Cédric Logelin. Deux hommes sont interpellés sur place.

Trois autres fuient à pied et se réfugient dans le bois d’Ambre, à proximité. Dans le véhicule abandonné, les gendarmes trouvent deux pistolets, des cagoules et des gants - le matériel d’un projet prémédité.

Un dispositif XXL pour traquer trois fugitifs

Pour neutraliser les trois hommes en fuite, la gendarmerie déploie un dispositif d’une ampleur inhabituelle pour le secteur. Environ 50 à 60 militaires sont mobilisés, issus du groupement du Doubs et de l’antenne GIGN de Dijon. Un hélicoptère est dépêché depuis Colmar. Un drone et des motards complètent le maillage du terrain.

L’équipe cynophile joue un rôle décisif. L’un des fugitifs s’est dissimulé dans un étang, pensant échapper aux recherches. Le chien Swatt le localise malgré tout. La colonelle Montet explique : « Contrairement aux idées reçues, l’eau conserve énormément les odeurs. » L’homme est interpellé. Les deux autres sont arrêtés dans le bois. Les cinq suspects sont en garde à vue, prolongeable jusqu’à 96 heures.

En fin de matinée, la colonelle Montet conclut : « Ce matin, l’État a gagné. »

Les charges retenues

Le procureur Cédric Logelin a détaillé les infractions visées : tentative d’enlèvement et de séquestration en bande organisée, et tentative de vol en bande organisée. Les cinq mis en cause ont tous la vingtaine. Leur identité et leur provenance n’ont pas été précisées à ce stade par le parquet.

L’enquête est confiée à la Section de recherches de la gendarmerie de Besançon, une unité spécialisée dans les affaires complexes. Pour un autre fait-divers récent impliquant des forces de l’ordre dans la région, la gendarmerie du Doubs est également mobilisée dans la recherche de Sonia Vacheret, disparue depuis le 9 mai.

Contexte dans le Doubs

Saint-Vit compte 5 133 habitants (INSEE 2023) et fait partie de Grand Besançon Métropole, à une vingtaine de kilomètres au sud de la préfecture. La commune est limitrophe d’un tissu industriel dense, notamment dans le secteur de l’horlogerie et de la joaillerie, héritage direct du savoir-faire franc-comtois.

Ce secteur est de plus en plus ciblé. Le procureur Logelin a qualifié le phénomène d’« inquiétant » : « Non seulement on s’attaque aux locaux de ces entreprises, mais on s’en prend aussi à l’entourage professionnel. » Selon France 3 Franche-Comté et macommune.info, plusieurs affaires similaires ont récemment touché la région : tentatives chez Cheval Frères à Besançon en 2025-2026, et un vol de 550 000 euros d’or en Suisse avec des interpellations dans le Doubs en mai 2026. La Franche-Comté, berceau de l’horlogerie française, concentre un nombre élevé d’entreprises manipulant métaux et pierres précieuses, ce qui en fait une cible récurrente pour des réseaux organisés.

La commune de Saint-Vit était plus habituellement dans l’actualité sportive régionale ces derniers jours.

Prochaine étape

La Section de recherches de Besançon poursuit les investigations pour déterminer l’origine du réseau et établir un éventuel lien avec d’autres affaires de métaux précieux en Franche-Comté. Le parquet de Besançon devra décider des suites judiciaires à l’issue des gardes à vue, soit au plus tard début juin 2026.

Sources

Maxime Joly

Maxime Joly

Maxime est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Doubs (25), avec Besançon pour chef-lieu. Spécialité du département : horlogerie/microtechniques et frontière suisse (40 000 frontaliers). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bourgogne-Franche-Comté.

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