Sainte-Marie garde vivant le bèlè, danse ancestrale de Martinique
La Maison du Bèlè multiplie les ateliers pour transmettre cet art pluridisciplinaire aux nouvelles générations.
À Sainte-Marie, berceau reconnu du bèlè en Martinique, les ateliers de danse traditionnelle s'enchaînent tout au long de l'année. Enfants, adultes, scolaires : la Maison du Bèlè maintient le rythme. Le patrimoine tient bon.
Le 17 avril dernier, une trentaine de personnes se sont retrouvées au bourg de Sainte-Marie de 18h à minuit pour une initiation au bèlè bo lari - le bèlè de rue. L’événement, organisé par la Maison du Bèlè, illustre le rythme soutenu de la structure : plusieurs rendez-vous publics par mois, ouverts à tous les niveaux.
Deux semaines plus tôt, le 4 avril, une soirée animée par Félix Casérus avait réuni enfants et adultes à la Maison du Bèlè, Espace Zéphir, à Reculée. La première partie, baptisée Bèlè Ti Manmay, était dédiée aux plus jeunes.
Un art mêlant danse, tambour et chants créoles
Le bèlè est bien plus qu’une danse. Selon la Maison du Bèlè, il s’agit d’un art pluridisciplinaire - danse, tambour, chants créoles - dont les racines remontent aux pratiques amenées par les esclaves africains en Martinique. Sainte-Marie est identifiée comme le berceau de ce patrimoine, avec son propre style : le Bèlè Linò.
La Maison du Bèlè, soutenue par la mairie de Sainte-Marie, propose des cours hebdomadaires pour enfants et adultes, ainsi que des initiations pour scolaires et croisiéristes. En août 2024, selon RCI Martinique, une trentaine d’enfants avaient participé à un atelier découverte au même endroit.
Un mouvement qui dépasse la commune
En novembre 2025, le festival Bèlè Djouba, organisé à Sainte-Marie, avait réuni 44 associations autour d’ateliers de danse, de chanté bèlè et de tambour, toujours selon RCI Martinique. Un événement annuel devenu référence à l’échelle de l’île.
Plus tôt dans l’année, le 7 mars 2026, une Swaré Bèlè Voeux des Maîtresses-Maîtres du Bèlè s’était tenue à l’Espace Zéphir, réunissant les figures reconnues de la discipline.
La dynamique dépasse le cadre associatif. Selon Martinique.org, les jeunes générations réinterprètent aujourd’hui ce patrimoine chorégraphique tout en le préservant, cherchant à inscrire le bèlè dans un rapport au monde contemporain sans en effacer les codes originels.
Des spectacles en plein air et master classes sont annoncés dans les mois à venir par la Maison du Bèlè. Le programme détaillé n’a pas encore été publié au moment de la rédaction.