Saintes : la CGT lance une pétition pour sauver la Bourse du Travail
661 signatures en quatre jours pour stopper l'abandon d'un bâtiment syndical historique inauguré en 1938
La Bourse du Travail de Saintes, rue Louis-Sercan, se dégrade faute d'entretien. L'Union Locale CGT a lancé une pétition le 17 mai 2026 pour exiger des réparations. La mairie, qui chiffre la rénovation à 230 000 €, propose de relocaliser les syndicats ailleurs.
La Bourse du Travail de Saintes, inaugurée en 1938, laisse passer l’eau. La toiture, envahie de végétation, n’est plus étanche. Des bassines collectent les infiltrations dans les locaux de la CGT et dans la salle de danse mitoyenne. C’est ce constat, rapporté par Sud Ouest, qui a poussé l’Union Locale CGT Saintes à agir.
L’essentiel
- Pétition lancée le 17 mai 2026 : « Sauvons la bourse du travail de SAINTES » sur Change.org, 661 signatures vérifiées dont 195 le jour de la dernière mise à jour.
- Rénovation estimée à 230 000 € : la mairie juge le coût non réalisable actuellement ; 50 000 € de travaux ponctuels ont été réalisés au cours du mandat.
- Bâtiment inauguré en 1938 : racheté par la Ville après avoir abrité une Société coopérative issue du Syndicat des viticulteurs des Charentes (créé en 1894).
- Environ 10 travailleurs accueillis chaque semaine dans les locaux, orientés par la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS).
- Maire Bruno Drapron (Horizons) propose une mutualisation avec les locaux CGT des cheminots (71 rue Saint-Pallais) ou des bureaux à l’Agglo.
Une toiture « morte » et des bassines dans les couloirs
Le bâtiment du 1 rue Louis-Sercan souffre d’une toiture qualifiée de « morte » par la mairie, colonisée par la végétation. Les infiltrations sont permanentes. Julien Batoux, responsable de la section locale CGT, décrit dans Sud Ouest une situation dégradée depuis longtemps : « On dirait qu’on a un robinet ouvert dans la cage d’escalier ». Des bassines sont disposées dans les pièces occupées par les syndicats et dans la salle de danse adjacente.
Batoux reproche à la mairie de ne prendre aucune initiative. Il rappelle que le local accueille chaque semaine une dizaine de travailleurs orientés par la DREETS, ce qui en fait un point d’appui concret pour les salariés en difficulté, pas un simple siège administratif.
661 signatures en quatre jours
Face à l’inaction perçue, l’Union Locale CGT Saintes a ouvert une pétition le 17 mai 2026 sur Change.org. Intitulée « Sauvons la bourse du travail de SAINTES », elle a recueilli 661 signatures vérifiées, dont 195 lors de la seule journée de la dernière mise à jour, selon les données de la plateforme.
La mobilisation dépasse le seul cercle syndical. Des élus et militants locaux ont relayé l’appel sur X.
L’Union Locale et la CGT des cheminots exigent conjointement le nettoyage immédiat de la toiture et les réparations nécessaires. Elles refusent toute relocalisation, dénonçant ce qu’elles appellent une « politique de l’abandon » et une méconnaissance du travail syndical par la mairie, selon Sud Ouest.
La mairie évoque 230 000 € et propose des alternatives
Le maire Bruno Drapron (Horizons) reconnaît l’état du bâtiment mais estime ne pouvoir « faire plus ». La rénovation complète de la toiture est chiffrée à 230 000 €, un montant qu’il juge non réalisable à ce stade du mandat, tout en soulignant que la Ville a investi 9 millions d’euros globalement et déjà consacré 50 000 € à des travaux ponctuels sur ce site, toujours selon Sud Ouest.
Il propose deux solutions de remplacement : une mutualisation avec les locaux de la CGT des cheminots au 71 rue Saint-Pallais, ou un transfert vers des bureaux de l’Agglomération. La CGT des cheminots a rejeté cette piste. Elle rappelle, selon Sud Ouest, que ses locaux rue Saint-Pallais sont propriété privée du syndicat et non une ressource mutualisable à la disposition de la mairie.
La CGT des cheminots a également pointé, selon le même article, le « silence de la municipalité » lors des suppressions de postes au technicentre SNCF de Saintes en 2017, où près de 250 emplois sur 430 auraient été menacés.
Contexte en Charente-Maritime
Saintes est la deuxième ville du département avec environ 25 000 habitants. La Bourse du Travail y a une histoire longue : le bâtiment de la rue Louis-Sercan a abrité, avant 1938, une Société coopérative issue du Syndicat des viticulteurs des Charentes, fondé en 1894, et une station école pratique de distillerie et de tonnellerie. La Ville l’a racheté pour y installer la Bourse du Travail. Ce bâtiment est l’un des rares espaces encore dédiés à l’accueil syndical en centre-ville de la Saintonge.
La question du financement des équipements publics dégradés en milieu urbain intermédiaire est récurrente en Charente-Maritime. D’autres sujets locaux illustrent les tensions autour de la gestion des infrastructures dans le département. La préfecture de La Rochelle reste l’interlocuteur de référence pour les dossiers impliquant l’État et les communes du 17.
La prochaine étape reste à fixer
Ni la mairie ni la CGT n’ont annoncé de réunion formelle à ce stade. La pétition reste ouverte sur Change.org. Un passage en conseil municipal n’a pas été évoqué publiquement par les parties selon les sources disponibles à la date de publication.
Sources
- Sud Ouest : « On dirait qu'on a un robinet ouvert dans la cage d'escalier » : à Saintes, l'état de la Bourse du travail inquiète ses occupants
- Sud Ouest : Saintes : Bourse du travail en mauvais état, la CGT des cheminots réagit aux propos du maire
- Change.org : Sauvons la bourse du travail de SAINTES
- Vog Radio : Saintes : l'état de la Bourse du travail inquiète