William Saliba sort sur blessure en demi-finale, Maxence Lacroix propulsé à froid
Le défenseur d'Arsenal, diminué au dos depuis des semaines, a craqué à la mi-temps face à l'Espagne
Touché au dos depuis plusieurs mois, le défenseur central français quitte le terrain à la mi-temps de la demi-finale de Coupe du Monde face à l'Espagne.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Fragilité défensive française
La sortie de Saliba prive la France de son meilleur défenseur central en pleine demi-finale. Lacroix n'a joué qu'un seul match du tournoi.
Un pari qui tourne mal
Le staff français a misé sur la capacité de Saliba à tenir diminué. Le pari échoue à la mi-temps d'un match décisif.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- William Saliba sort sur blessure à la mi-temps de France-Espagne après avoir pointé sa zone lombaire
- Le défenseur d'Arsenal traîne une douleur au dos depuis plusieurs mois et avait été ménagé pendant le tournoi
- Lacroix n'avait disputé qu'un seul match de Coupe du Monde avant ce soir la large victoire contre la Norvège
- Une opération chirurgicale avait été reportée pour permettre à Saliba de jouer le tournoi
La main dans le dos, le visage fermé. William Saliba traverse la pelouse de l’AT&T Stadium et rejoint le banc français. Une douleur qui revient. Le staff ne prend aucun risque. À la mi-temps de cette demi-finale de Coupe du Monde - Saliba ne reviendra pas. Maxence Lacroix enfile le maillot bleu et hérite d’une seconde période à très haute intensité.
Ce n’est pas une surprise. Le défenseur traverse une blessure au dos depuis plusieurs mois. Absent des entraînements collectifs avant la demi-finale, ménagé contre la Norvège - Saliba avait reconnu trois semaines plus tôt qu’il n’était pas à cent pour cent. Le staff français surveille sa zone lombaire depuis le début du tournoi. Ce soir, elle a lâché.
Lacroix, la doublure devenue titulaire
Maxence Lacroix hérite d’un match à enjeu colossal. Avant ce soir, il n’avait disputé qu’une seule rencontre de Coupe du Monde: la large victoire 4-1 contre la Norvège - où Saliba était au repos.
Il se retrouve propulsé en demi-finale mondiale face à l’Espagne. Une équipe qui vient d’éliminer la Belgique et le Portugal.
Un calendrier médical tendu
La blessure de Saliba n’est pas nouvelle. Une douleur lombaire chronique qui a contraint le staff à une gestion match par match tout au long du tournoi. Le 22 juin, titulaire contre l’Irak pour préserver la zone sensible. Quatre jours plus tard, nouvelle mise au vert face à la Norvège. Saliba revient ensuite progressivement: il tient face à la Suède le 30 juin, enchaîne contre le Paraguay le 4 juillet, puis le Maroc le 9 juillet. Trois matches à haute intensité en neuf jours. À chaque fois, le même pari: tenir jusqu’au coup de sifflet final, puis passer sur la table d’opération après le tournoi.
Le plan était clair: tenir jusqu’à la fin de la Coupe du Monde, puis passer sur la table d’opération. Une chirurgie reportée pour pouvoir disputer la compétition.
Un remplaçant pas préparé pour ce niveau
Lacroix n’a jamais été prévu pour jouer un match aussi décisif. Il figurait au rang des remplaçants de luxe dans la hiérarchie. Son unique apparition en Coupe du Monde remonte au 26 juin: 90 minutes contre une équipe norvégienne déjà éliminée, lors d’une victoire 4-1 acquise sans forcer. Depuis, plus rien. Aucune titularisation en huitième contre le Paraguay - ni en quart contre le Maroc. Lacroix a passé les deux semaines décisives du tournoi sur le banc, sans temps de jeu significatif face à des adversaires de calibre mondial.
Ce soir, il hérite d’une seconde période face à l’Espagne, une sélection qui vient d’éliminer la Belgique et le Portugal en enchaînant les performances de haut niveau. Une mission pour laquelle il n’a eu aucune préparation compétitive depuis trois semaines.
Le pari d’une saison reportée
Le choix de repousser l’opération pour tenir jusqu’à la fin de la Coupe du Monde était un pari calculé. Saliba a joué diminué, enchaînant les matches de phase finale avec une zone lombaire fragile. Le staff français misait sur sa capacité à gérer la douleur et à tenir physiquement jusqu’à la finale. Ce pari comportait un risque: celui de voir le défenseur craquer avant la fin, privant l’équipe de son meilleur central au pire moment.
Ce risque vient de se matérialiser. Saliba sort à la mi-temps d’une demi-finale, laissant la France sans son patron défensif pour les 45 minutes les plus importantes du tournoi. L’opération qui devait attendre la fin juillet devra peut-être être avancée. La suite de sa saison est compromise.
Ce que personne ne dit
Le staff français n’avait validé aucun plan B central de niveau équivalent. La hiérarchie reposait sur un seul pilier: Saliba titulaire indiscutable, Lacroix doublure de luxe. Aucun autre défenseur central n’a été testé en match officiel pendant le tournoi. La fragilité physique de Saliba était connue, documentée, suivie de près. Pourtant, aucune solution alternative n’a été rodée pendant la phase de groupes. Lacroix a joué 90 minutes contre la Norvège, puis plus rien. Une préparation insuffisante pour un match de ce calibre.
On se souvient de la sortie d’un défenseur en demi-finale de Coupe du Monde 2018 face à la Belgique, remplacé par un joueur qui marquera le but de la qualification. Mais ce défenseur avait disputé plusieurs matches de haut niveau avant cette demi-finale. Lacroix, lui, arrive à froid.
La voix critique
Sur les plateaux français, l’inquiétude monte. Un observateur résume le malaise: « Je suis inquiet parce qu’une blessure au dos en fait ça guérit très difficilement. Donc je suis un peu inquiet quand même et je suis d’autant plus inquiet que sans lui pour moi là ».
Saliba était le patron de la défense française depuis le début du tournoi. Lacroix hérite d’une mission difficile sans avoir joué un seul match à enjeu depuis le début de la compétition.
Dehors, la pluie tombe sur Arlington. Saliba reste assis sur le banc, une poche de glace dans le dos. Il ne reviendra pas.