Samuel Vessat pulvérise le record de France du 400m
L'ancien basketteur de 24 ans efface Leslie Djhone des tablettes après 19 ans
À Albi, Samuel Vessat court en 44"24 et explose un record qui tenait depuis 2007. Il découvre l'exploit en zone mixte, déjà concentré sur sa finale du 200m.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Samuel Vessat bat le record de France du 400m en 44"24 à Albi le 26 juillet 2026
- Il efface la marque de Leslie Djhone (44"46) qui tenait depuis 19 ans
- L'ancien basketteur de 24 ans n'a commencé l'athlétisme qu'en 2024
- Il grimpe au 4e rang des meilleurs performeurs européens de tous les temps
- Trois athlètes français sous les 45 secondes lors de la finale d'Albi
Dimanche 26 juillet 2026 - piste d’Albi, finale du 400m. Samuel Vessat franchit la ligne. 44 secondes et 24 centièmes. Autour de lui, le stade explose. Lui ne comprend pas encore.
En zone mixte, un journaliste lui apprend qu’il vient de battre le record de France. « Je n’étais pas au courant », lâche-t-il, encore essoufflé. Il pense déjà à la finale du 200m qu’il doit courir quelques heures plus tard. Pas le temps de célébrer. Vessat, 24 ans - vient de faire tomber une marque qui tenait depuis 19 ans.
Leslie Djhone effacé après 19 ans
Le chrono de Vessat explose l’ancien record de Leslie Djhone: 44″46 - établi en 2007. Vessat améliore la marque de 22 centièmes. Une performance que personne n’avait réussi à approcher pendant près de deux décennies. Leslie Djhone, présent à Albi, valide: « Ça fait 19 ans que j’ai le record de France, on ne peut qu’être heureux. Samuel, pour moi, d’ici l’année prochaine ou dans deux ans, il fera moins de 44 secondes. Ça va être un phénomène. »
Avec ce temps, Vessat grimpe au 4e rang des meilleurs performeurs européens de tous les temps sur la distance. La finale d’Albi restera dans les mémoires: trois athlètes sous les 45 secondes. Muhammad Abdallah Kounta termine deuxième en 44″55 - Yann Spillmann troisième en 44″92.
Du basket à la piste en deux ans
Samuel Vessat n’est pas un produit de l’athlétisme français. Né le 1er mai 2002 - il a d’abord joué au basket à haut niveau. Levallois en France - puis le circuit universitaire américain: Edward Waters University - puis Purdue. Il ne passe sérieusement à l’athlétisme qu’en 2024 - à 22 ans.
Six mois. C’est le temps qu’il lui a fallu pour passer d’inconnu du grand public à recordman national. Durant l’hiver 2026, il bat déjà le record de France en salle: 45″30. Juin 2026, aux championnats NCAA: 44″47. Albi, juillet: 44″24.
Il court pour Saint-Denis Émotion - entraîné par Alioune Ndiaye. Sa progression fulgurante s’appuie sur sa puissance physique héritée du basket et sur un affûtage technique acquis sur les pistes américaines. Pas de parcours classique en école de sport, pas de formation jeune en club français. Une trajectoire atypique qui bouscule les codes.
Birmingham dans deux semaines
Le timing tombe à pic. Les Championnats d’Europe de Birmingham se déroulent du 10 au 16 août 2026 - deux semaines après Albi. Vessat y est attendu en individuel sur 400m, mais aussi sur le relais 4x400m. Avec un tel chrono, il devient l’un des favoris de l’épreuve.
À Albi, Vessat a couru sous fatigue. Il l’a dit lui-même en zone mixte: « On est parti sur un championnat où il faut répéter les courses pour travailler sous fatigue, pour se préparer pour les championnats d’Europe. » S’il peut descendre en 44″24 dans ces conditions, que peut-il faire reposé, sur une piste européenne, avec une seule course à gérer?
L’enjeu dépasse la médaille individuelle. Avec trois Français sous les 45 secondes à Albi, le relais 4x400m français arrive à Birmingham avec des munitions. Vessat devient la pièce maîtresse d’une équipe capable de bousculer la hiérarchie continentale. La préparation spécifique mise en place à Albi prend tout son sens: enchaîner les courses, gérer la fatigue, répéter les efforts pour arriver affûté en Angleterre.
Ce que personne ne dit
Vessat a battu le record sans le chercher. Il court à Albi pour enchaîner, se fatiguer, se préparer. Il doit disputer une finale de 200m juste après. Aucune stratégie de record. Aucune course dédiée. Il pulvérise Djhone entre deux épreuves, presque par accident.
C’est précisément ce qui inquiète les adversaires européens. Si 44″24 sort d’une course de préparation, que vaut-il vraiment? Les six mois entre son passage en anonymat et son statut de recordman posent une autre question: jusqu’où peut-il descendre? Leslie Djhone parie sur un chrono sous les 44 secondes dans un ou deux ans. Les faits lui donnent raison.
Vessat a appris l’exploit après la ligne. Il découvrira peut-être sa vraie limite à Birmingham.
