Sandwichs halal et végétariens : polémique au conseil départemental de Meurthe-et-Moselle

Lors de la Tribune des collégiens le 1er juin à Nancy, aucune viande classique n'était proposée au déjeuner. La droite dénonce, la présidente PS renvoie vers le prestataire.

Sandwichs halal et végétariens : polémique au conseil départemental de Meurthe-et-Moselle
Illustration Christophe Weber / info.fr

Le 1er juin 2026, la Tribune des collégiens organisée par le Département de Meurthe-et-Moselle à Nancy n'a proposé que des sandwichs halal ou végétariens. Le groupe UDC/LR a dénoncé un manquement à la laïcité. La présidente Chaynesse Khirouni a mis en cause le prestataire.

L’essentiel

  • 1er juin 2026 : lors de la Tribune des collégiens à Nancy, seuls des sandwichs halal ou végétariens ont été servis, sans option carnée classique.
  • 3 juin 2026 : le groupe UDC/LR (Christopher Varin) publie un communiqué dénonçant un choix « délibérément validé par le Département » et contraire à la laïcité.
  • 5 juin 2026 : la présidente PS Chaynesse Khirouni répond que le marché public ne contient aucune clause religieuse et que le prestataire est « libre de choisir ses fournisseurs ».
  • 2,3 millions de repas servis chaque année dans les cantines des collèges publics du département, selon le Conseil départemental.

Un déjeuner sans viande classique pour les collégiens

Le 1er juin 2026, l’Hôtel du Département de Nancy accueillait une nouvelle session de la Tribune des collégiens. Ce dispositif, lancé en 2024 par le Conseil départemental, réunit des binômes d’élèves de 5e et 4e venus présenter des projets sur la solidarité ou l’environnement. Vingt-cinq collèges y ont déjà participé, selon le site du Département.

Au moment du déjeuner, collégiens, enseignants, accompagnateurs et élus n’ont eu le choix qu’entre deux options : un sandwich issu d’une filière halal ou un sandwich végétarien. Aucune alternative carnée classique n’était disponible. Le fait, rapporté par L’Est Républicain, a rapidement alimenté un débat politique au sein de l’assemblée départementale.

La droite dénonce un choix « délibérément validé »

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Le 3 juin, le groupe Union de la Droite et du Centre (UDC) a publié un communiqué. Christopher Varin, président du groupe et maire de Varangéville, y qualifie la situation de « préoccupante » et affirme qu’il s’agit d’un choix « délibérément validé par le Département ». Le texte invoque l’exigence de laïcité applicable aux événements organisés par une collectivité publique.

Le groupe LR/UDC demande qu’à l’avenir, tout événement départemental propose une offre « équilibrée et neutre » : une option carnée classique, une option sans porc et une option végétarienne. Cette formulation en trois volets vise à satisfaire l’ensemble des convictions alimentaires sans privilégier aucune pratique religieuse, selon le communiqué cité par L’Est Républicain.

Khirouni renvoie la responsabilité au prestataire

La présidente du Conseil départemental, Chaynesse Khirouni (PS, en fonction depuis le 1er juillet 2021), a répondu le 5 juin. Sa position : le repas provenait d’un marché public classique, sans aucune clause imposant de la viande halal. Le prestataire est, selon elle, « libre de choisir ses fournisseurs ». Elle réaffirme l’attachement du Département à la laïcité, tout en défendant une offre « inclusive » - sans porc et végétarienne - accessible à tous.

La présidente n’a pas précisé si des instructions seraient transmises aux prestataires pour les prochaines éditions. Aucun communiqué officiel indépendant de la présidence n’a été identifié en dehors de la couverture de L’Est Républicain.

Contexte dans le département

La Meurthe-et-Moselle compte environ 733 000 habitants. Le Conseil départemental gère la restauration scolaire de l’ensemble des collèges publics du territoire : selon les données du Département, 74 % des collégiens déjeunent à la cantine, soit quelque 21 800 repas servis quotidiennement et 2,3 millions sur l’année. Les marchés publics correspondants ne contiennent, d’après la présidence, aucune clause relative à des exigences religieuses.

La Tribune des collégiens s’inscrit dans une politique jeunesse plus large. Cet événement annuel se tient à l’Hôtel du Département, à Nancy. Une session avait déjà eu lieu en 2025 dans les mêmes locaux, selon L’Est Républicain. Le Département avait alors été à nouveau sous les projecteurs en juin 2026 lors du Sommet Urban7, signe d’une actualité politique chargée à Nancy.

Christopher Varin, qui préside le groupe d’opposition UDC, a été réélu maire de Varangéville en 2026. Il est l’un des visages de la droite départementale face à une majorité de gauche conduite par Khirouni depuis 2021 - élue lors de l’assemblée constitutive avec 30 voix contre 16. Ce type de polémique sur la laïcité en restauration collective a déjà agité plusieurs collectivités françaises ces dernières années, sans qu’un précédent similaire en Meurthe-et-Moselle n’ait été identifié dans les sources disponibles.

Ce que demande l’opposition, ce que répond la majorité

Les positions restent tranchées. Pour l’UDC, l’absence d’option carnée classique lors d’un événement public constitue un manquement au principe de neutralité. Pour la présidence, la responsabilité incombe au prestataire, et l’offre proposée - sans porc, végétarienne - était déjà inclusive.

La question de savoir si le Département modifiera ses cahiers des charges pour encadrer les choix des prestataires lors des prochains événements jeunesse reste, à ce stade, sans réponse officielle. La prochaine édition de la Tribune des collégiens n’a pas encore été annoncée.

Sources

Christophe Weber

Christophe Weber

Christophe est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Meurthe-et-Moselle (54), avec Nancy pour chef-lieu. Spécialité du département : Place Stanislas UNESCO et frontière Luxembourg. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Grand Est.

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