Sangliers en ville : Annonay cherche ses marques face à la prolifération

En Ardèche, les sangliers s'installent aux portes des villes, profitant des zones où la chasse est interdite.

Sangliers en ville : Annonay cherche ses marques face à la prolifération
Illustration Thomas Rousseau / info.fr

Autour d'Annonay comme dans d'autres communes ardéchoises, des sangliers se montrent de plus en plus fréquemment en lisière urbaine. La saison 2025-2026 a pourtant battu tous les records de prélèvements. Le phénomène ne faiblit pas.

Ils longent les jardins, fouillent les talus, s’approchent des zones pavillonnaires. Les sangliers sont devenus une présence ordinaire aux abords d’Annonay. Selon le Dauphiné Libéré, la raison est mécanique : à moins de 150 mètres des habitations, la chasse est interdite. Les animaux l’ont appris, ou du moins en profitent.

La déforestation des châtaigneraies et la raréfaction de leur habitat naturel les poussent vers les périphéries urbaines, où la nourriture est accessible et les prédateurs absents. Le phénomène touche l’ensemble du département, Annonay comprise.

Un record de prélèvements qui ne suffit pas

La saison de chasse juillet 2025 - mars 2026 a pourtant été historique. Plus de 28 000 sangliers ont été prélevés en Ardèche par les 9 200 chasseurs du département, selon le Dauphiné Libéré. C’est un record absolu, dépassant les 26 815 de la saison 2017-2018. Entre juin 2025 et janvier 2026 seuls, 22 000 animaux avaient déjà été tués, soit 1 300 de plus que l’année précédente, selon la préfecture de l’Ardèche.

Malgré ces chiffres, les dégâts agricoles ont atteint 250 000 euros en 2025 dans le département. Un montant jugé « raisonnable » au regard du volume de prélèvements, selon le Dauphiné Libéré. L’Ardèche reste le deuxième département français pour le nombre de sangliers abattus. En cinquante ans, les populations ont été multipliées par 37 : 749 animaux tués en 1975, plus de 28 000 en 2026, selon Le Chasseur Français.

La préfecture étend les mesures de piégeage

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Face à la pression, la préfecture a élargi son dispositif. En janvier 2026, 13 nouvelles communes ardéchoises ont été autorisées au piégeage, portant le total à 68, à la suite de remontées de la Chambre d’agriculture. L’année précédente, 175 arrêtés préfectoraux avaient permis la destruction administrative de 898 sangliers. Quarante-huit interventions de lieutenants de louveterie avaient aussi été menées, selon France Bleu.

Une explosion récente aux racines anciennes

La situation actuelle est le résultat d’une politique cynégétique ancienne. En 1958, le sanglier avait presque disparu d’Ardèche. Dans les années 1970-1980, des lâchers ont été organisés pour reconstituer les populations, selon la Fédération de chasse de l’Ardèche. Le retour de l’espèce a été au-delà de toute anticipation.

Prochaine étape : une consultation publique sur le classement ESOD du sanglier pour la saison 2026-2027 s’est tenue jusqu’au 8 avril 2026. Les mesures de régulation devraient se poursuivre, sans calendrier précis communiqué à ce stade pour Annonay.

Sources

Thomas Rousseau

Thomas Rousseau

Basé à Privas, suit les conflits autour de l'eau, l'agriculture céréalière et fruitière, les tensions sur le parc naturel et les coupes dans les collèges ruraux. Passé par l'IFP Paris 2, il a couvert plusieurs départements avant de s'ancrer en Ardèche. Posture éditoriale : interroger les chiffres officiels, aller dans les exploitations, ne jamais céder à la facilité des angles convenus.

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