Santoro veut raccourcir les sets pour séduire la génération TikTok
L'ancien joueur français propose d'adapter la durée des matchs au rythme de consommation rapide, mais la proposition divise les observateurs du tennis.
Invité du média Univers Tennis, Fabrice Santoro a relancé le débat en suggérant de raccourcir les sets pour attirer les jeunes publics. Une idée vivement critiquée par le journaliste espagnol José Morón, qui y voit une concession dangereuse aux réseaux sociaux.
L’essentiel
- Fait 1 : Fabrice Santoro propose de réduire la durée des sets pour s’adapter aux jeunes générations habituées à TikTok.
- Fait 2 : Le journaliste José Morón a vivement critiqué cette idée sur le média We Love Tennis.
- Fait 3 : Santoro a lui-même disputé un match de 6 h 33 à Roland-Garros en 2004.
- Fait 4 : Wimbledon maintient le format classique en cinq sets, théâtre du match Isner-Mahut en 2010.
Ce que propose Fabrice Santoro
L’ancien numéro 17 mondial, aujourd’hui consultant, estime que le format actuel des matchs - parfois étalés sur cinq heures - n’est plus adapté au public de 15 à 30 ans. « On veut s’adapter à des jeunes qui continueront de toute façon à passer leur temps sur TikTok », a-t-il déclaré sur le site Univers Tennis, suggérant de raccourcir les sets pour rapprocher la durée d’un match de celle d’un concert ou d’un film.
Vives réactions de l’autre côté des Pyrénées
Le journaliste espagnol José Morón a immédiatement répliqué sur le même réseau. Selon lui, « modifier les formats pour séduire les utilisateurs de TikTok éloignerait les fans traditionnels de tennis ». Il a souligné que ni le football ni le basket-ball ne réduisaient la durée de leurs rencontres pour plaire aux réseaux sociaux. Santoro ne met pas tout le monde d’accord :
Un débat récurrent
Ironie du sort, c’est le même Fabrice Santoro qui a disputé l’un des matchs les plus longs de l’histoire du tennis : 6 h 33 de jeu face à Arnaud Clément à Roland-Garros en 2004. Le format classique en cinq sets, encore en vigueur à Wimbledon, a permis l’émergence du record absolu entre John Isner et Nicolas Mahut en 2010. Dans la même série d’entretiens, Santoro a qualifié la réforme de la Coupe Davis de 2019 - avec la suppression des matchs à domicile - de « véritable massacre ».
Contexte dans le tennis français
Cette prise de position intervient alors que le tennis français traverse une période de questionnements structurels. Le retrait progressif des joueurs de la génération 2000, l’absence de nouveau champion majeur depuis Yannick Noah (Roland-Garros 1983) et la chute des audiences télévisées pour les tournois du Grand Chelem alimentent les débats sur la modernisation des règles. Santoro, figure atypique et reconnue, apporte sa pierre à un édifice qui hésite entre tradition et séduction des jeunes publics.
Prochaine étape : les instances internationales (ITF, ATP, WTA) n’ont pour l’instant pas commenté cette suggestion. Le débat reste pour l’heure cantonné aux réseaux sociaux et aux médias spécialisés.