Sausset-les-Annonay s’attaque au gaspillage alimentaire avec ses associations

Une campagne locale mise sur les partenariats avec les associations drômoises pour réduire les invendus des supermarchés.

Sausset-les-Annonay s'attaque au gaspillage alimentaire avec ses associations
Illustration Nathalie Rousselin / info.fr

Lancée le 13 avril 2026, la campagne anti-gaspillage alimentaire de Sausset-les-Annonay s'appuie sur des associations locales comme la Banque Alimentaire Ardèche-Drôme. Un maillage de terrain, dans un contexte de précarité croissante.

Un chariot de supérette, des denrées proches de leur date limite, une association qui attend. Derrière cette chaîne simple se joue, à Sausset-les-Annonay, une campagne concrète contre le gaspillage alimentaire, lancée mi-avril 2026. L’enjeu : renforcer les liens entre supermarchés locaux et structures associatives pour que les invendus ne finissent pas à la benne.

La Banque Alimentaire, cheville ouvrière du dispositif

Le partenaire central de cette initiative est la Banque Alimentaire de l’Ardèche-Drôme. En 2025, selon les chiffres publiés par l’association sur son site, elle a collecté 1 173 tonnes de denrées, redistribuées via 81 associations partenaires à 16 500 personnes en situation de précarité - soit l’équivalent de 2,6 millions de repas. Des chiffres qui donnent la mesure du besoin.

Mais France Bleu Drôme Ardèche le souligne : si les collectes ont progressé de plus de 20 % grâce à la loi Garot - cette législation de 2016 qui oblige les supermarchés de plus de 400 m² à conclure des conventions de don d’invendus - , les dons stagnent désormais face à une hausse continue des bénéficiaires. La précarité gagne du terrain plus vite que les stocks de générosité.

Des initiatives qui essaiment dans la Drôme

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Sausset-les-Annonay n’est pas isolée. À Loriol-sur-Drôme, le CCAS a lancé le «Caddie du Vendredi - AntiGaspi» dès le 6 février 2026 : chaque semaine, les habitants peuvent récupérer gratuitement des denrées invendues via des partenariats entre le centre communal d’action sociale et les commerces locaux, selon la mairie de Loriol. Valence Romans Agglo, territoire voisin, a de son côté fait de la lutte contre le gaspillage alimentaire une priorité en 2025, avec des campagnes impliquant supermarchés et associations, selon l’agglomération.

Ces actions s’inscrivent dans le cadre des RÉGAL - Réseaux d’Évitement du Gaspillage Alimentaire - , dispositif national mobilisant collectivités et associations pour viser une réduction de 50 % du gaspillage dans la distribution et la restauration collective, par rapport aux niveaux de 2015, selon le ministère de l’Agriculture.

Un calendrier à venir

Côté législatif, un arrêté gouvernemental attendu au printemps 2026 devrait autoriser les salariés des supermarchés à récupérer les invendus non donnés aux associations, selon France Info. Ce texte concernerait près d’un million de salariés dans 106 000 commerces - une extension significative de la chaîne de récupération.

Prochaine étape symbolique : le 29 septembre 2026, Journée internationale contre le gaspillage alimentaire. Chaque année, la France jette l’équivalent de 3,8 millions de tonnes de nourriture, rappelle la préfecture de la Drôme. À Sausset-les-Annonay, la mobilisation locale tente, à son échelle, d’en réduire la part.

Sources

Léa Faure

Léa Faure

Installée à Valence, elle couvre l'agriculture fruitière, les tensions sur l'eau, le nucléaire de Tricastin et les projets routiers dans la vallée du Rhône. Issue de Sciences Po Grenoble, elle a commencé en presse écrite. Méthode rigoureuse : interroger les arboriculteurs, les associations antinucléaires, les élus, croiser les rapports de sûreté avant de publier.

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