Savoie : la police alerte sur une consommation « très décomplexée » de protoxyde d’azote

La directrice départementale de la police nationale tire la sonnette d'alarme après des milliers de saisies et un arrêté préfectoral d'interdiction

Savoie : la police alerte sur une consommation « très décomplexée » de protoxyde d'azote
Illustration Aurélie Blanc / info.fr

La commissaire divisionnaire Emmanuelle Oster, directrice interdépartementale de la police nationale en Savoie, a décrit le 29 mai 2026 sur ICI Pays de Savoie une consommation « très décomplexée » du protoxyde d'azote dans le département. Elle s'appuie sur des saisies en milliers d'unités et un arrêté préfectoral d'interdiction en vigueur depuis décembre 2025.

L’essentiel

  • Interview du 29/05/2026 : Emmanuelle Oster, commissaire divisionnaire et directrice de la police nationale en Savoie depuis octobre 2023, qualifie la consommation de protoxyde d’azote de « très décomplexée » sur ICI Pays de Savoie.
  • Arrêté préfectoral : La préfète Vanina Nicoli a interdit la détention, le transport et la consommation récréative de protoxyde d’azote dans l’espace public du 4 décembre 2025 au 1er juin 2026.
  • Saisie record : Plus de 6 325 bonbonnes interceptées en une opération aux Arcs/Bourg-Saint-Maurice en janvier 2026, pour une valeur estimée à environ 340 000 €.
  • Données régionales : 405 cas signalés aux centres d’addictovigilance d’Auvergne-Rhône-Alpes entre 2021 et fin 2024, dont 268 graves, avec un âge médian de 21 ans.
  • Cadre national : Campagne gouvernementale lancée en avril 2026, projet de loi Ripost adopté au Sénat à la mi-mai 2026.

Une alerte directe depuis la tête de la police savoyarde

Ce vendredi 29 mai 2026, Emmanuelle Oster est l’invitée de la matinale d’ICI Pays de Savoie. La commissaire divisionnaire, à la tête de la direction interdépartementale de la police nationale de Savoie depuis octobre 2023, ne prend pas de précautions oratoires : la consommation de protoxyde d’azote dans le département est « très décomplexée ».

Le terme est choisi. Derrière lui, une réalité documentée par des mois de contrôles, de saisies et de coopération avec la gendarmerie, les polices municipales et les douanes de Chambéry. Le protoxyde d’azote - surnommé « gaz hilarant » - n’est plus cantonné à des usages festifs discrets : il circule ouvertement, y compris au volant.

Un arrêté préfectoral pour encadrer un vide juridique

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Face à cette banalisation, la préfète de Savoie Vanina Nicoli a signé un arrêté en décembre 2025 interdisant la détention, le transport et la consommation de protoxyde d’azote à des fins récréatives dans l’espace public sur l’ensemble du département. La mesure court du 4 décembre 2025 au 1er juin 2026, selon le site officiel de la préfecture de la Savoie.

Un dispositif similaire a été pris par la préfecture de Haute-Savoie, selon ICI Pays de Savoie. Les deux arrêtés donnent aux forces de l’ordre un levier opérationnel que la législation générale ne permettait pas clairement.

Des saisies en milliers de bonbonnes

Les chiffres illustrent l’ampleur du trafic. Plusieurs milliers de bonbonnes ont été saisies depuis le renforcement des contrôles. L’opération la plus significative remonte à janvier 2026 : douanes de Chambéry et gendarmerie ont intercepté 6 325 unités à Bourg-Saint-Maurice et aux Arcs, pour une valeur estimée à environ 340 000 €, selon la gendarmerie nationale.

Le 28 janvier 2026, une opération de prévention et de contrôle s’est tenue devant le lycée Marlioz à Aix-les-Bains. Plus de vingt véhicules ont été contrôlés - ciblant notamment les voiturettes - selon Savoie News. L’objectif : à la fois saisir et sensibiliser les jeunes consommateurs.

Ce type d’action s’inscrit dans une démarche plus large sur le territoire savoyard, où la sécurité routière fait l’objet d’une attention renforcée des services de l’État.

Contexte dans la Savoie

La Savoie est un département marqué par un tourisme de montagne intensif, avec des stations comme Les Arcs, Courchevel ou Tignes qui concentrent chaque hiver des flux importants de jeunes visiteurs. Ce profil démographique saisonnier crée un terrain favorable à la diffusion rapide de substances récréatives.

En région Auvergne-Rhône-Alpes (qui inclut la Savoie), les centres d’addictovigilance ont enregistré 405 signalements liés au protoxyde d’azote entre 2021 et fin 2024, dont 268 classés graves, avec un âge médian de 21 ans, selon l’Agence régionale de santé AuRA. Ces données régionales donnent une mesure de la réalité médicale que les saisies policières ne font que confirmer.

Le phénomène est identique dans le département voisin. D’autres préfectures françaises ont adopté des arrêtés analogues, signe que la Savoie n’est pas un cas isolé.

Un cadre législatif national en construction

La prise de parole d’Emmanuelle Oster intervient dans un contexte politique particulier. Le gouvernement a lancé en avril 2026 une campagne nationale de sensibilisation aux dangers du protoxyde d’azote, portée par Marie-Pierre Vedrenne au ministère de l’Intérieur. En parallèle, le projet de loi Ripost - présenté le 25 mars 2026 - a été adopté au Sénat à la mi-mai 2026, selon ICI Pays de Savoie.

À l’échelle nationale, le Baromètre Santé publique France 2022 établit que 6,7 % des 18-64 ans ont déjà consommé du protoxyde d’azote, une proportion en hausse constante depuis 2020.

L’arrêté préfectoral savoyard arrive à échéance le 1er juin 2026. Sa reconduction ou son remplacement par un cadre législatif pérenne, dans le sillage de la loi Ripost, sera suivie de près par les services de l’État dans le département.

Sources

Aurélie Blanc

Aurélie Blanc

Aurélie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Savoie (73), avec Chambéry pour chef-lieu. Spécialité du département : plus grand domaine skiable mondial (3 Vallees). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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