Sciences Po : 145 professeurs dénoncent la gouvernance « verticale » de Luis Vassy

Plus de la moitié de la faculté permanente a signé un communiqué fin avril. Un sénat académique d'urgence se réunit le 29 mai.

Sciences Po : 145 professeurs dénoncent la gouvernance « verticale » de Luis Vassy
Illustration Julie Renault / info.fr

Fin avril 2026, 145 membres de la faculté permanente de Sciences Po ont adressé un communiqué à Luis Vassy, dénonçant un mode de direction jugé « unilatéral » et étranger à la collégialité universitaire. Le Monde a révélé l'affaire le 26 mai. Un sénat académique est convoqué en urgence ce vendredi 29 mai.

Fin avril 2026, 145 membres de la faculté permanente de Sciences Po ont adressé un communiqué à Luis Vassy, dénonçant un mode de direction jugé « unilatéral » et étranger à la collégialité universitaire. Le Monde a révélé l’affaire le 26 mai. Un sénat académique est convoqué en urgence ce vendredi 29 mai.

L’essentiel

  • 145 signataires : plus de 53 % des 272 membres de la faculté permanente ont signé le communiqué fin avril 2026.
  • Nommé en octobre 2024 : Luis Vassy dirige Sciences Po depuis le 1er octobre 2024, après un décret présidentiel publié au Journal officiel le 28 septembre 2024.
  • Sénat académique d’urgence : convoqué pour le vendredi 29 mai 2026 par Florence Haegel, présidente du conseil scientifique.
  • Budget 2026 : 247 M€ de ressources, dont une subvention d’État de 70 M€ (moins de 30 % du total).
  • Recours à la police : le communiqué dénonce une « escalade de la répression » lors de mobilisations étudiantes pro-Palestine.

Un communiqué signé par une majorité du corps permanent

Le texte, daté de fin avril 2026 (le 24 ou le 28 avril selon les sources), cible directement Luis Vassy. Les signataires l’accusent de diriger l’institution « selon une verticale du pouvoir étrangère au principe de collégialité qui régit l’université », selon la formule rapportée par Le Monde et AEF Info. Parmi les 272 membres de la faculté permanente - enseignants-chercheurs, chercheurs CNRS, chercheurs FNSP, professeurs FNSP et chargés d’études OFCE - , 145 ont apposé leur signature, soit plus de la moitié.

Le communiqué pointe deux griefs principaux : un style décisionnel jugé unilatéral depuis la prise de fonctions du directeur, et le recours répété aux forces de l’ordre pour mettre fin à des blocages ou mobilisations d’étudiants pro-Palestine sur le campus. Cette dernière pratique est qualifiée d’« escalade de la répression » dans le texte.

Un sénat académique convoqué en urgence

Publicité

Florence Haegel, présidente du conseil scientifique de Sciences Po depuis mai 2024, a convoqué un sénat académique pour le vendredi 29 mai 2026. Cette instance, soutenue par les professeurs de la faculté permanente, vise à réclamer formellement un retour à une gouvernance collégiale et l’arrêt du recours aux forces de l’ordre contre les étudiants mobilisés, selon Le Monde.

Le Monde a publié son enquête le 26 mai, déclenchant une couverture rapide par Libération, AEF Info et La Lettre. Libération cite des enseignants qui décrivent un « autoritarisme et une verticalité folles ».

Qui est Luis Vassy ?

Luis Vassy a été nommé directeur de Sciences Po par décret présidentiel, publié au Journal officiel du 28 septembre 2024. Il a pris ses fonctions le 1er octobre 2024, selon le newsroom officiel de l’institution. Il succédait à Jean Bassères, administrateur provisoire nommé après la démission de Mathias Vicherat en mars 2024. Sciences Po n’a pas répondu publiquement aux critiques à la date de publication de cet article.

Contexte dans le département de Paris

Sciences Po - Institut d’études politiques de Paris - est une institution à rayonnement national et international, implantée rue Saint-Guillaume dans le 7e arrondissement. Avec 247 M€ de budget en 2026 et une subvention d’État de 70 M€ (moins de 30 % des ressources), l’école dépend majoritairement de ses frais de scolarité, contrats de recherche et dons. La question de la gouvernance y est structurellement sensible : l’institution est cogérée par la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) et les pouvoirs publics, ce qui crée une tension permanente entre logique académique et logique administrative.

La crise actuelle s’inscrit dans une série de turbulences depuis 2012. Frédéric Mion a démissionné en 2021 après une polémique sur la gestion d’une affaire d’inceste. Mathias Vicherat a quitté ses fonctions en mars 2024, mis en cause dans une affaire judiciaire. Jean Bassères a assuré l’intérim avant la nomination de Luis Vassy à l’automne 2024, selon Wikipédia et Le Monde.

Ce que demandent les enseignants

Au-delà du communiqué, la tenue d’un sénat académique - instance délibérative réunissant élus du corps enseignant - traduit une volonté de peser institutionnellement. Les signataires réclament que les grandes décisions soient soumises à délibération collective, et non arrêtées unilatéralement par la direction. La question du recours à la police reste le point de friction le plus visible, mais les enseignants signalent une accumulation de décisions prises sans concertation depuis octobre 2024.

La réunion du 29 mai constituera un premier test : soit la direction accepte d’ouvrir un dialogue formel, soit la contestation risque de s’organiser davantage à l’approche de la rentrée 2026.

Sources

Julie Renault

Julie Renault

Julie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Paris (75), avec Paris pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale politique et premiere place economique française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie