SDIS 76 : un groupe de travail dédié aux fumées toxiques tient sa première réunion

Le service d'incendie et de secours de Seine-Maritime franchit une étape dans la protection de santé de ses 4 120 agents face aux risques cancérogènes des fumées.

SDIS 76 : un groupe de travail dédié aux fumées toxiques tient sa première réunion
Illustration Sébastien Duval / info.fr

Le SDIS 76 a réuni pour la première fois, ce 2 mai 2026, son groupe de travail consacré à la prévention des risques liés à la toxicité des fumées d'incendie. L'organisation est renouvelée. Cette démarche, engagée depuis plusieurs années, s'appuie sur un cadre national posé dès 2017.

Le SDIS 76 a réuni pour la première fois, ce 2 mai 2026, son groupe de travail consacré à la prévention des risques liés à la toxicité des fumées d’incendie. L’organisation est renouvelée. Cette démarche, engagée depuis plusieurs années, s’appuie sur un cadre national posé dès 2017.

L’essentiel

  • Première réunion : le groupe de travail dédié à la toxicité des fumées s’est réuni pour la première fois le 2 mai 2026 dans une organisation renouvelée, selon le SDIS 76.
  • Effectifs concernés : le SDIS 76 compte 918 sapeurs-pompiers professionnels, 3 202 volontaires, 137 officiers et 259 personnels administratifs et techniques.
  • Volume d’activité : en 2025, le service a traité environ 85 000 interventions et pris en charge 69 117 victimes.
  • Risques identifiés : le rapport CNRACL de mars 2017 recense des risques accrus de cancers (rein, vessie, prostate, broncho-pulmonaires), de cardiopathies et pneumopathies chroniques liés à l’exposition aux fumées.
  • Cadre national : la DGSCGC a publié en 2018 un guide de doctrine opérationnelle sur ce sujet, actualisé en septembre 2020.

Ce qui s’est passé le 2 mai

Le SDIS 76 l’a annoncé sur son compte X officiel : le groupe de travail dédié à la prévention des risques liés aux fumées d’incendie s’est réuni pour la première fois dans une configuration renouvelée. Aucun nom de participant ni ordre du jour détaillé n’a été communiqué à ce stade.

Le service qualifie cette réunion de « nouvelle étape » dans une démarche engagée depuis plusieurs années. La création d’un groupe de travail structuré marque une évolution dans la gouvernance interne de cette prévention.

Des risques documentés depuis 2017

Publicité

La démarche du SDIS 76 s’inscrit dans un mouvement national. En mars 2017, la CNRACL (Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales) a publié un rapport intitulé Impacts et prévention des risques relatifs aux fumées d’incendie pour les sapeurs-pompiers. Ce document a évalué l’exposition des pompiers et formulé 43 recommandations de prévention.

Les fumées d’incendie exposent les intervenants à des substances cancérogènes. Selon ce rapport et les données de l’INRS, les risques identifiés comprennent des cancers du rein, de la vessie, de la prostate et broncho-pulmonaires, ainsi que des cardiopathies et pneumopathies chroniques.

En 2018, la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) a publié un guide de doctrine opérationnelle sur la prévention de ces risques. Ce guide a été actualisé en septembre 2020. Un effort d’équipement similaire est observable dans d’autres SDIS, comme à La Réunion où le SDIS 974 a récemment renforcé sa flotte pour tenir ses 50 000 interventions annuelles.

Les actions déjà engagées par le SDIS 76

Le service ne part pas de zéro. Plusieurs actions concrètes ont été conduites ces dernières années. Des vidéos pédagogiques sur la toxicité des fumées ont été diffusées, destinées aux agents. En décembre 2020, le SDIS 76 a présenté de nouvelles armoires séchantes, un équipement permettant de décontaminer les tenues après intervention, selon une publication LinkedIn du service.

Des tests de couvertures anti-feu ont également été conduits. Ce matériel agit par étouffement et réduit les émanations de fumées toxiques, selon le SDIS 76. Ces initiatives illustrent la progression progressive du plan d’action, avant même la formalisation du groupe de travail annoncée ce 2 mai.

Contexte dans la Seine-Maritime

Avec 918 professionnels et 3 202 volontaires, le SDIS 76 est l’un des services les plus importants de Normandie. Son volume d’activité est élevé : en 2025, le centre de traitement de l’alerte a réceptionné 294 398 appels, pour environ 85 000 interventions. Le service a pris en charge 69 117 victimes cette même année, selon les chiffres publiés sur sdis76.fr.

La Seine-Maritime est un département industrialisé, avec des zones portuaires, pétrochimiques et logistiques concentrées autour de Rouen et du Havre. Ce tissu économique génère des interventions sur des sinistres impliquant des matières dangereuses, ce qui renforce l’exposition potentielle des agents aux fumées complexes. Des drames récents, comme des incendies d’habitation ayant entraîné des hospitalisations, rappellent la réalité quotidienne des interventions sur feu.

Le département finance le SDIS via le conseil départemental de Seine-Maritime, qui en assure la tutelle administrative. Les enjeux de santé des agents s’inscrivent dans une problématique plus large de protection des fonctionnaires territoriaux exposés aux risques professionnels.

Ce que le groupe de travail doit produire

Le SDIS 76 n’a pas encore détaillé le programme de travail ni le calendrier de ce groupe. Les prochaines étapes - protocoles renforcés, formations, équipements - n’ont pas été précisées dans la communication du 2 mai. La démarche nationale fixée par le guide DGSCGC prévoit notamment des règles de décontamination des tenues, de surveillance médicale et d’adaptation des procédures opérationnelles. Le SDIS 76 s’appuie sur ce cadre, mais ses propres objectifs chiffrés restent à communiquer.

Le SDIS 76 devrait préciser les travaux du groupe lors de prochaines communications. La démarche s’inscrit dans un mouvement national de reconnaissance des maladies professionnelles des sapeurs-pompiers, sujet qui progresse dans les discussions statutaires au niveau français.

Sources

Sébastien Duval

Sébastien Duval

Sébastien est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Seine-Maritime (76), avec Rouen pour chef-lieu. Spécialité du département : port Le Havre (3e port européen) et patrimoine Rouen. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Normandie.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie