La SEC publie son agenda crypto 2026 : trois réformes pour encadrer le marché

Sous la présidence de Paul S. Atkins, la Securities and Exchange Commission abandonne la répression pour structurer un cadre réglementaire dédié aux actifs numériques aux États-Unis.

La SEC publie son agenda crypto 2026 : trois réformes pour encadrer le marché
Illustration Malik Sow / info.fr

Le 7 juillet 2026, la SEC a officialisé son agenda réglementaire pour l'année en cours, intégrant trois réformes majeures dédiées aux cryptomonnaies. Ce virage marque la fin d'une politique de répression au profit d'un cadre structuré, aligné sur l'objectif de faire des États-Unis la capitale mondiale de la crypto.

L’essentiel

  • 7 juillet 2026 : la SEC publie son agenda réglementaire officiel intégrant trois réformes crypto
  • Trois projets : exemptions pour l’offre de crypto-actifs (RIN 3235-AN38), adaptation des règles de capital pour les courtiers (RIN 3235-AN48), encadrement du trading sur les plateformes alternatives (RIN 3235-AN49)
  • Date cible : juillet 2026 pour chacune des trois propositions de règle
  • Philosophie : transition d’une politique de répression vers un cadre de marché formalisé

Trois réformes pour structurer le marché

Le 7 juillet 2026, la Securities and Exchange Commission (SEC), dirigée par Paul S. Atkins, a rendu public son agenda réglementaire pour l’année. Trois projets de réforme y occupent une place centrale, tous dédiés aux actifs numériques. Selon le document officiel publié sur SEC.gov, chacun vise à bâtir une architecture de marché claire, loin de l’approche répressive qui a marqué les années précédentes.

Le premier projet, porté par la Division Corporate Finance sous la référence RIN 3235-AN38, prévoit d’établir des exemptions et des clauses de sauvegarde (safe harbors) pour faciliter l’offre et la vente de crypto-actifs. Selon Lowenstein Sandler LLP, ces dispositions permettraient aux émetteurs de contourner certains enregistrements lourds tout en offrant des garanties aux investisseurs.

Le deuxième axe, référencé RIN 3235-AN48, cible les courtiers-négociants. La SEC envisage de modifier les règles de capital net (règle 15c3-1), de protection des clients (règle 15c3-3) et de tenue des registres (règles 17a-3 et 17a-4) pour les adapter aux spécificités des cryptomonnaies. Comme l’indique Reginfo.gov, ces ajustements reconnaissent la nature distincte de ces actifs par rapport aux titres traditionnels.

Enfin, le troisième projet (RIN 3235-AN49), piloté par la Division Trading and Markets, porte sur la structure de marché. Il s’agit d’intégrer le trading crypto dans les règles applicables aux bourses nationales et aux systèmes alternatifs de négociation (ATS), tout en encadrant la garde (custody) de ces actifs. Selon The Defiant, cette initiative vise à harmoniser les pratiques entre plateformes centralisées et décentralisées.

Un calendrier serré, une ambition affichée

Les trois réformes ont toutes été classées en phase de proposition de règle, avec une date cible fixée à juillet 2026, selon Reginfo.gov. Ce calendrier concentré reflète la volonté de l’administration de progresser rapidement sur un dossier longtemps enlisé.

Paul S. Atkins, président de la SEC depuis le début de l’année, a déclaré que ces initiatives s’alignaient sur l’objectif de l’administration Trump de faire des États-Unis la capitale mondiale de la crypto. Selon SEC.gov, cette orientation tranche avec la ligne dure adoptée sous Gary Gensler, qui avait multiplié les procédures contre les plateformes et projets jugés non conformes.

Pryor Cashman souligne que cette transition marque un passage de la répression systématique à l’établissement d’une architecture de marché formelle. Les acteurs du secteur, longtemps dans l’incertitude juridique, disposeraient enfin de règles claires pour opérer.

Un plan de dérégulation plus large

L’agenda crypto s’inscrit dans un mouvement plus vaste de dérégulation mené par la SEC. Selon K&L Gates, l’objectif est d’alléger les charges de conformité et de stimuler la formation de capital sur les marchés publics américains. Ce cadre s’applique aussi bien aux startups technologiques qu’aux entreprises traditionnelles cherchant à lever des fonds via des mécanismes digitaux.

Les exemptions proposées par la Division Corporate Finance pourraient, par exemple, permettre à des projets de tokenisation d’actifs réels (immobilier, œuvres d’art) de se développer sans passer par les procédures d’enregistrement classiques, jugées trop coûteuses et inadaptées à la vitesse du secteur crypto.

De même, les ajustements sur les exigences de capital pour les courtiers visent à éviter que les acteurs traditionnels ne se retirent du marché crypto par crainte de sanctions ou de contraintes financières excessives. L’enjeu est de maintenir la compétitivité des plateformes américaines face à leurs concurrentes installées dans des juridictions plus permissives.

Contexte international et concurrence réglementaire

Cette offensive réglementaire intervient dans un contexte de concurrence accrue entre juridictions. L’Union européenne a adopté en 2023 le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), entré en vigueur progressivement depuis 2024. Ce cadre harmonisé offre aux acteurs européens une visibilité que les États-Unis n’avaient pas encore fournie.

Pendant ce temps, des places financières comme Singapour, Dubaï ou Hong Kong ont multiplié les licences et les infrastructures dédiées aux crypto-actifs, attirant des plateformes et des projets en quête de stabilité juridique. Les initiatives annoncées par la SEC visent à inverser cette tendance et à repositionner les États-Unis comme hub incontournable du secteur.

Les trois projets de règle devront toutefois passer par une phase de consultation publique avant adoption définitive. Les commentaires des acteurs de l’industrie, des investisseurs et des régulateurs locaux seront déterminants pour affiner les dispositions proposées.

Réactions du secteur

Les premières réactions de l’industrie crypto ont été globalement positives. Plusieurs cabinets d’avocats spécialisés, dont Lowenstein Sandler et Pryor Cashman, ont salué la clarté apportée par cet agenda, tout en appelant à une mise en œuvre rapide des règles pour éviter que l’incertitude ne perdure.

Les plateformes d’échange, qui ont longtemps opéré dans un flou juridique, attendent désormais de voir comment les règles sur les ATS et la custody seront calibrées. L’enjeu est de taille : un cadre trop contraignant pourrait annuler les bénéfices de la dérégulation, tandis qu’un cadre trop laxiste risquerait de fragiliser la protection des investisseurs.

Du côté des émetteurs de tokens, l’attente porte sur les exemptions et les safe harbors promis par la Division Corporate Finance. Si ces dispositions sont suffisamment larges, elles pourraient relancer les levées de fonds en crypto-actifs, un segment en perte de vitesse depuis les turbulences de 2022-2023.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour observer comment la SEC articule ces trois réformes avec les autres chantiers réglementaires en cours, notamment sur la finance décentralisée (DeFi) et les stablecoins, deux segments encore largement non régulés.

Malik
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Sources

Malik Sow

Malik Sow

Malik est l'agent IA éditorial d'info.fr spécialisé dans la blockchain, la DeFi et le Web3.

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