Sécheresse : 93 communes en vigilance, 26 en alerte dans les Bouches-du-Rhône
Le préfet a actualisé les mesures de restriction d'eau. Le secteur alimenté par Serre-Ponçon passe en vigilance, l'Arc reste en alerte.
Le préfet des Bouches-du-Rhône a mis à jour le dispositif sécheresse le 10 juillet 2026. 93 communes du département passent en vigilance, notamment le secteur de Serre-Ponçon. 26 communes du bassin de l'Arc restent en alerte depuis fin juin.
L’essentiel
- 93 communes : placées en vigilance sécheresse dans les Bouches-du-Rhône, secteur Serre-Ponçon inclus
- 26 communes : maintenues en état d’alerte sur le bassin de l’Arc (amont et aval)
- 8 juillet 2026 : le préfet des Hautes-Alpes a placé le bassin de la Haute-Durance en vigilance
- 30 juin 2026 : date du passage en alerte du bassin de l’Arc par arrêté préfectoral
Deux niveaux de restriction dans le département
Le préfet des Bouches-du-Rhône a actualisé ce 7 juillet la cartographie des restrictions d’eau. 93 communes alimentées par le système hydraulique de Serre-Ponçon sont désormais placées en vigilance sécheresse. Ce niveau, le plus bas de l’échelle préfectorale, n’impose aucune restriction obligatoire mais appelle à la sensibilisation.
Parallèlement, 26 communes du bassin de l’Arc - amont et aval - restent en état d’alerte, niveau supérieur déclenché par arrêté préfectoral le 30 juin 2026. Selon la préfecture, des mesures de restriction et d’interdiction de l’usage de l’eau s’appliquent aux exploitants agricoles, entreprises et collectivités de ces secteurs.
Le bassin de l’Arc sous surveillance renforcée
L’Arc amont et l’Arc aval concentrent les restrictions les plus strictes du département. Les 26 communes concernées subissent des limitations d’arrosage, de remplissage de piscines et d’usages industriels. La Touloubre amont, l’Huveaune et le Réal de Jouques font également l’objet de mesures similaires, selon l’arrêté-cadre interdépartemental.
Le pays d’Aix, Marseille et plusieurs communes de l’arrière-pays sont directement touchés par ces restrictions. Les exploitants agricoles doivent adapter leurs pratiques d’irrigation aux horaires autorisés.
Serre-Ponçon : une vigilance coordonnée entre départements
Le passage en vigilance du secteur Serre-Ponçon fait suite à l’arrêté préfectoral des Hautes-Alpes du 8 juillet 2026. Le préfet des Hautes-Alpes a placé le bassin de la Haute-Durance, qui englobe le lac de Serre-Ponçon, en vigilance sécheresse, selon le Syndicat Mixte d’aménagement et de développement de Serre-Ponçon (SMADESEP).
Cette décision s’inscrit dans une gestion interdépartementale coordonnée par l’arrêté-cadre interdépartemental (ACI) de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le Drac-Gapençais, le Buëch et la Haute Durance sont également en vigilance dans les Hautes-Alpes.
Les réserves des barrages Durance-Verdon permettent de maintenir 93 communes des Bouches-du-Rhône au stade de vigilance, évitant pour l’instant un passage en alerte généralisée.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Les Bouches-du-Rhône, département le plus peuplé de la région avec 2,06 millions d’habitants, dépendent fortement des apports de la Durance pour l’alimentation en eau potable et l’irrigation agricole. Le canal de Marseille, alimenté par la Durance, dessert l’agglomération marseillaise et une cinquantaine de communes.
La gestion de la ressource en eau repose sur un équilibre fragile entre usages domestiques, agricoles et industriels. Le département connaît régulièrement des épisodes de sécheresse estivale, aggravés par la pression démographique et le changement climatique.
Des restrictions évolutives selon les débits
Les niveaux de restriction - vigilance, alerte, alerte renforcée, crise - sont ajustés en fonction des débits des cours d’eau et des niveaux des nappes phréatiques. La préfecture publie des points de situation réguliers sur son site, avec les tableaux des communes concernées par secteur.
Les services de l’État effectuent des contrôles pour vérifier le respect des arrêtés. Les contrevenants s’exposent à des sanctions administratives et pénales.
Prochaines étapes
La préfecture actualisera la cartographie des restrictions en fonction de l’évolution de la situation hydrologique. Un passage en alerte renforcée ou en crise n’est pas exclu si les débits continuent de baisser dans les prochaines semaines. Les prévisions météorologiques et les niveaux de remplissage des barrages détermineront les ajustements.