Sécheresse en Creuse : les rivières à sec, la pêche interdite
Quatre bassins versants du département sont classés en crise, la pêche suspendue et les lits de rivières transformés en chemins de terre.
Après cinq mois de déficit de pluie, la Creuse voit ses rivières s'assécher jusqu'à devenir praticables à pied. Quatre bassins versants sont désormais classés en niveau de crise, le plus élevé, et la pêche est interdite sur plusieurs cours d'eau.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le 8 juillet 2026, le préfet Jean-Philippe Legueult a classé les bassins du Cher, de la Creuse amont, de la Creuse aval et de la Vienne amont en niveau de crise.
- Le bassin de la Dordogne est placé en alerte renforcée, un niveau juste inférieur.
- La pêche en eau douce est interdite dans les cours d'eau de 1ère catégorie et sur des affluents du Cher comme la Tarde et la Voueize.
- Le département était déjà en vigilance sécheresse depuis le 4 juin 2026 après un printemps sec.
- Les autorités déconseillent de traverser les lits de rivières asséchés et orientent les usagers vers les lacs de Vassivière et Lavaud-Gelade.
« Ce n’est plus un cours d’eau, c’est un chemin. » La phrase, relayée par le compte ICI Creuse, résume la situation observée cet été dans plusieurs vallées du département. Des lits de rivières, d’ordinaire recouverts d’eau, apparaissent à nu, craquelés par endroits, praticables à pied sec sur de longues portions.
Quatre bassins versants classés en « crise »
Le 8 juillet 2026, le préfet de la Creuse, Jean-Philippe Legueult, a signé un arrêté plaçant les bassins versants du Cher, de la Creuse amont, de la Creuse aval et de la Vienne amont au niveau maximal de restriction sécheresse, celui de « crise », selon la préfecture de la Creuse. Le bassin de la Dordogne, un peu moins touché mais sous surveillance étroite, est classé en « alerte renforcée ».
Le dispositif préfectoral de gestion de la sécheresse distingue plusieurs niveaux de gravité, de la vigilance à la crise, ce dernier étant le plus contraignant. Il impose des restrictions strictes sur la consommation d’eau, qui concernent aussi bien les particuliers que les professionnels du département, précise la préfecture sur son site.
La pêche suspendue pour protéger les poissons
Par le même arrêté, la pêche en eau douce a été interdite temporairement dans tous les cours d’eau de première catégorie du département, ainsi que sur plusieurs affluents du Cher, dont la Tarde et la Voueize, rapporte le site local Saint-Fiel. L’objectif affiché est de préserver les populations de poissons, fragilisées par la baisse du débit et le réchauffement de l’eau dans les secteurs les plus asséchés.
Cette suspension s’ajoute aux restrictions déjà en vigueur sur les usages domestiques et agricoles dans les zones classées en crise. Aucune date de levée n’a été communiquée à ce stade par les services de l’État.
« Ce n’est plus un cours d’eau, c’est un chemin »
Le compte ICI Creuse a partagé des images de ces lits de rivières transformés en sentiers de terre et de galets, où l’eau a laissé place à la roche à nu.
Les autorités déconseillent formellement de traverser à pied les lits de rivières asséchés, d’y circuler ou de se baigner dans les trous d’eau résiduels, afin de ne pas écraser les derniers habitats humides et de ne pas stresser davantage une faune déjà en difficulté, selon la préfecture.
De la vigilance à la crise en cinq semaines
Le département avait pourtant été placé en simple niveau de vigilance sécheresse dès le 28 mai 2026, en raison du manque de pluies observé au printemps, selon la mairie de La Souterraine. Cinq mois consécutifs de déficit pluviométrique depuis le début de l’année 2026 ont ensuite précipité la dégradation hydrologique, selon le site Chasse Passion. En un peu plus d’un mois, la situation est donc passée de la simple vigilance à la crise sur une large partie du territoire.
Cette accélération illustre la rapidité avec laquelle un déficit de pluie prolongé peut faire basculer un cours d’eau, même alimenté par des sources de tête de bassin comme la Creuse ou la Vienne, vers un régime d’étiage sévère.
Contexte dans la Creuse
La Creuse est traversée par plusieurs cours d’eau qui forment des bassins versants majeurs du Massif central, dont le Cher, la Creuse et la Vienne, selon la préfecture. Le classement de quatre de ces bassins en niveau de crise touche donc une grande partie du réseau hydrographique départemental, sur lequel s’appuient à la fois les activités agricoles, la pêche de loisir et l’alimentation en eau potable de nombreuses communes rurales.
Face à l’assèchement des rivières, les habitants sont invités à se tourner vers les grands plans d’eau du département, comme le lac de Vassivière ou celui de Lavaud-Gelade, pour leurs activités de loisirs plutôt que vers les cours d’eau, selon Chasse Passion. Ce basculement met en évidence la place centrale de l’eau dans un territoire rural où l’agriculture d’élevage et la pêche restent des activités identitaires fortes.
Aucune échéance de retour à la normale n’a été communiquée par la préfecture. Un nouvel arrêté pourrait faire évoluer ces restrictions selon les précipitations des prochaines semaines.
