Sécheresse dans le Gers : de nouvelles restrictions d’eau entrent en vigueur ce samedi
Face à la canicule extrême et à l'aggravation de la sécheresse, le préfet Alain Castanier place sept bassins en situation de crise et renforce les limitations sur l'irrigation.
Le préfet du Gers, Alain Castanier, a ordonné ce vendredi le renforcement des restrictions d'eau à compter du samedi 27 juin 2026. Sept bassins non réalimentés passent en niveau de crise, interdisant tout prélèvement non prioritaire.
L’essentiel
- Entrée en vigueur : samedi 27 juin 2026 à 8 heures, jusqu’au 31 octobre 2026.
- Bassins en crise : Gers, Gimone, Osse, Arrats et Auroue - interdiction totale des prélèvements non prioritaires.
- Alerte renforcée : Baïse, Save, Douze et Midour - irrigation agricole limitée à 3,5 jours par semaine, arrosage des potagers interdit de 8h à 20h.
- Contexte : Le Gers a été placé en vigilance rouge canicule le 21 juin. Le feu est interdit en forêt.
Ce qui change
Le préfet du Gers, Alain Castanier, a signé vendredi 26 juin un arrêté renforçant les mesures de restriction d’eau sur le département. Applicable depuis ce samedi 27 juin à 8 heures, le texte place sept bassins versants non réalimentés en situation de crise. Il s’agit des cours d’eau du Gers, de la Gimone, de l’Osse, de l’Arrats et de l’Auroue. Selon la préfecture, cette décision fait suite à une dégradation continue de la situation hydrologique, aggravée par l’épisode de canicule extrême qui a frappé le Gers le 21 juin (vigilance rouge).
En niveau de crise, tout prélèvement d’eau dans les milieux naturels est interdit, y compris pour l’irrigation agricole. Seuls les usages prioritaires (alimentation en eau potable, sécurité civile, abreuvement des animaux) restent autorisés.
Les autres restrictions
Quatre autres secteurs du département sont classés en alerte renforcée : la Baïse, la Save, la Douze et le Midour. Pour ces cours d’eau, l’irrigation agricole est interdite 3,5 jours par semaine, selon un calendrier défini par les services de l’État. L’arrosage des potagers est prohibé entre 8 heures et 20 heures. Les particuliers ne peuvent pas non plus laver leurs voitures, remplir leurs piscines ou arroser leurs pelouses.
Les réseaux d’eau potable alimentés par les axes réalimentés de l’Adour et de la Neste restent en vigilance simple. La préfecture précise que ces ressources feront l’objet d’un suivi hebdomadaire.
Par ailleurs, en raison du risque élevé d’incendie, le préfet a également interdit l’usage du feu dans et à proximité des massifs forestiers du Gers, par arrêté séparé.
Réactions du monde agricole
Les syndicats agricoles du Gers, contactés par nos soins, n’ont pas encore réagi officiellement à ces mesures. Plusieurs exploitants rencontrés ce samedi matin sur le marché d’Auch disent comprendre la nécessité de couper l’eau mais redoutent une perte sèche sur les cultures de maïs et de tournesol, en pleine période d’irrigation. « On savait que ça allait arriver, mais c’est dur », confie un céréalier du secteur de Fleurance, qui souhaite rester anonyme.
Contexte dans le Gers
Le Gers est un département rural et agricole, où l’irrigation est cruciale pour les cultures de maïs, de tournesol et de céréales. Avec un climat océanique dégradé, les étés sont de plus en plus secs. En 2025, le département avait déjà connu des restrictions sévères. Cette année, l’épisode caniculaire du 21 juin (températures dépassant 40 °C localement) a accéléré l’assèchement des sols et des cours d’eau. Les précipitations du printemps ont été inférieures de 30 % à la normale, selon Météo-France. La situation est comparable à celle des départements voisins des Pyrénées-Atlantiques ou du Tarn-et-Garonne.
Dans ce contexte, le réaménagement de la halle de Bergerac, fraîchement rénovée pour 4 millions d’euros, s’est transformé en étuve lors de la canicule. Ces événements rappellent l’impact concret des épisodes extrêmes sur le bâti et les infrastructures.
Plus localement, le Lot voisin a été placé en vigilance orange orages ce samedi, signe de l’instabilité météorologique qui alterne canicule et orages violents, sans pour autant résoudre le déficit hydrique.
Prochaine étape
Les mesures de restriction sont en vigueur jusqu’au 31 octobre 2026, mais la préfecture indique que la situation sera réévaluée chaque semaine en fonction des précipitations et des débits des cours d’eau. Un comité sécheresse départemental se réunira de nouveau début juillet.