Sécheresse en Haute-Saône : le département placé en niveau alerte, restrictions sur l’eau
Baisse des débits et des nappes phréatiques la préfecture impose des limitations d'usage de l'eau pour particuliers, agriculteurs et collectivités.
La Haute-Saône passe en niveau 2 d'alerte sécheresse depuis ce jeudi 25 juin. Arrosage, piscines, lavage de voiture le détail des restrictions en vigueur pour faire face à la baisse des ressources en eau, alors que le département est aussi en vigilance canicule rouge.
L’essentiel
- Niveau alerte : le département de la Haute-Saône a été placé en alerte sécheresse (niveau 2) par arrêté préfectoral le 18 juin 2026.
- Restrictions : arrosage des pelouses et jardins interdit entre 11 h et 18 h, remplissage des piscines privées interdit, lavage des véhicules à domicile interdit.
- Sanctions : les contrevenants s’exposent à une amende de 5e classe pouvant aller jusqu’à 1 500 €, voire 15 000 € de sanction administrative.
La préfecture de la Haute-Saône a signé ce jeudi 25 juin 2026 un arrêté plaçant l’ensemble du département en niveau 2 « alerte » sécheresse. La mesure, prise face à la baisse continue du débit des cours d’eau et des nappes phréatiques, entre en vigueur immédiatement. Elle est couplée à une vigilance canicule rouge déclenchée le même jour par Météo-France.
Ce qui change pour les particuliers
Les habitants de Haute-Saône doivent désormais respecter des créneaux horaires stricts pour certains usages de l’eau. L’arrosage des pelouses, massifs fleuris et potagers est interdit entre 11 h et 18 h, selon l’arrêté signé par la secrétaire générale de la préfecture, Annick Pâquet. Le remplissage des piscines privées est totalement prohibé, seules les remises à niveau sont tolérées. Le lavage des véhicules à domicile est également interdit ; seules les stations professionnelles équipées d’un portique éco restent autorisées.
Les particuliers sont aussi invités à limiter l’usage de l’eau pour le nettoyage des terrasses, façades et toitures, ainsi que pour l’alimentation des fontaines décoratives. Les piscines publiques ne sont pas concernées par ces interdictions.
Des mesures pour les agriculteurs et les professionnels
L’irrigation des cultures agricoles est également restreinte : interdite entre 11 h et 18 h, sauf dérogation pour le maraîchage ou les systèmes de goutte-à-goutte. L’abreuvement du bétail reste autorisé, mais les exploitants doivent désormais effectuer une déclaration d’intention préalable auprès de la direction départementale des territoires (DDT), comme le précise la communauté de communes du Pays de Montbozon et du Chanois dans un communiqué.
Les collectivités et les professionnels (espaces verts, golfs, chantiers) sont également soumis à des restrictions horaires pour l’arrosage et l’utilisation de l’eau sous pression.
Le non-respect de ces mesures expose à une amende de 5e classe pouvant atteindre 1 500 € et à une amende administrative de 15 000 € maximum, rappelle la préfecture.
Contexte dans la Haute-Saône
Avec 236 000 habitants (Insee 2021), la Haute-Saône est un département rural du nord-est de la région Bourgogne-Franche-Comté. Le réseau hydrographique, centré sur la Saône et ses affluents (l’Ognon, le Durgeon, la Lanterne), souffre d’un déficit pluviométrique accumulé depuis le printemps. Selon la préfecture, les débits mesurés au 25 juin 2026 sont inférieurs de 30 à 50 % aux moyennes saisonnières sur plusieurs bassins versants. Cette situation s’inscrit dans un épisode de sécheresse précoce qui touche déjà d’autres départements de la région, comme la Nièvre (premières restrictions d’eau sur huit bassins versants).
Dans le même temps, la Haute-Saône est placée en vigilance canicule rouge par Météo-France, avec des températures attendues jusqu’à 40 °C localement. Cette combinaison aggrave la pression sur la ressource en eau et augmente les risques sanitaires.
Historique et précédents
Le département avait déjà connu un épisode de sécheresse sévère en 2022, avec un arrêté de crise (niveau 4) sur certains secteurs. En 2023, l’alerte avait été déclenchée en juillet. Cette année, le passage en alerte intervient plus tôt, fin juin, et coïncide avec la canicule. La préfecture indique que la situation sera réévaluée chaque semaine en fonction des relevés hydrométriques.
Prochaine étape
Un point de situation est prévu le 2 juillet prochain par la cellule de suivi sécheresse de la préfecture. Si les précipitations restent insuffisantes, le département pourrait passer au niveau 3 (alerte renforcée), avec des restrictions plus drastiques.