Sécheresse : Neuchâtel autorise des mesures agricoles d’urgence

Le canton suisse assouplit les règles de pâture et d'estivage face à la canicule qui frappe l'agriculture cet été 2026

Sécheresse : Neuchâtel autorise des mesures agricoles d'urgence
Illustration Nicolas Rochat / info.fr

Face à une sécheresse persistante et à la canicule, le canton de Neuchâtel a activé le 9 juillet 2026 des mesures d'urgence pour ses agriculteurs pâture anticipée, fauche précoce et suppression de pénalités sur les primes d'estivage.

L’essentiel

  • Date : le 9 juillet 2026, le canton de Neuchâtel a mis en place des mesures d’urgence immédiates pour ses exploitations agricoles
  • Mesure phare : pâture des prairies extensives, riveraines et bordures de haies autorisée sans délai, avant l’échéance habituelle du 1er septembre
  • Danger incendie : tous les feux en forêt ou à moins de 50 mètres des lisières sont interdits, le canton étant au niveau 4 sur 5
  • Aide financière : aucune pénalité sur les primes d’estivage pour les exploitations forcées à une désalpe prématurée

Le canton de Neuchâtel, en Suisse romande, a décidé d’agir vite. Selon un communiqué du Département du développement territorial et de l’environnement (DDTE) relayé par le site officiel ne.ch, les autorités cantonales ont autorisé le 9 juillet 2026 une série de dérogations exceptionnelles pour les agriculteurs, confrontés à une sécheresse qui s’installe depuis plusieurs semaines.

Ce qui change pour les éleveurs

La mesure la plus visible concerne le pâturage. L’État autorise sans délai la pâture des prairies extensives, des prairies peu intensives, des prairies riveraines et des bordures tampons de haies, rapporte SWI swissinfo.ch. Ces surfaces sont normalement protégées et leur exploitation interdite avant le 1er septembre, pour préserver la biodiversité en période de nidification et de floraison. Cette année, l’urgence fourragère a fait basculer le calendrier.

Les zones classées dans un inventaire naturel, comme les hauts-marais et bas-marais, restent en revanche formellement exclues de ces dérogations, précise SWI swissinfo.ch. Le canton distingue donc les prairies ordinaires, où la flexibilité est de mise, des milieux les plus sensibles, intouchables même en cas de pénurie de fourrage.

Autre assouplissement : la fauche anticipée des prairies extensives et peu intensives est désormais autorisée immédiatement dans les zones de montagne III et IV, selon le site du canton. Ces zones, situées en altitude, sont habituellement soumises à des dates de fauche plus tardives pour ménager la faune et la flore locales.

Éviter la désalpe précoce

L’objectif affiché par le canton est clair : empêcher que les troupeaux ne redescendent des alpages avant l’heure, faute de fourrage suffisant. Pour cela, l’approvisionnement des exploitations d’estivage en fourrages grossiers, foin, regain ou ensilage, est désormais autorisé, précise ne.ch. Chaque apport devra néanmoins être consigné dans le journal réglementaire d’apports des aliments, une obligation de traçabilité maintenue malgré l’urgence.

Le canton lève aussi une contrainte administrative qui aurait pu coûter cher aux exploitants : l’exigence d’un minimum de 70% de matière sèche d’affouragement provenant de la pâture, condition habituelle pour toucher les contributions fédérales, est temporairement supprimée. Et si une exploitation doit malgré tout procéder à une désalpe prématurée, aucune pénalité financière ne sera appliquée sur les primes d’estivage, selon SWI swissinfo.ch. Une garantie qui vise à éviter que la sécheresse ne se transforme, en plus, en sanction budgétaire pour les éleveurs.

Un risque d’incendie qui s’ajoute à la sécheresse

La situation ne se limite pas aux prairies. Le canton signale un danger d’incendie de degré 4 sur une échelle de 5, ce qui a conduit à l’interdiction totale des feux en forêt ou à moins de 50 mètres des lisières, précise ne.ch. Une restriction qui touche aussi bien les particuliers que les activités de plein air dans les massifs forestiers neuchâtelois.

Contexte dans le canton de Neuchâtel

Neuchâtel est un canton de Suisse romande à dominante rurale et viticole, où l’élevage en alpage occupe une place importante dans l’économie agricole de montagne. La dépendance aux estivages, ces périodes où le bétail pâture en altitude durant l’été, rend le canton particulièrement sensible aux épisodes de sécheresse prolongée, qui réduisent la pousse de l’herbe et obligent parfois à acheter du fourrage à prix élevé.

Cette situation locale s’inscrit dans un phénomène qui dépasse les frontières cantonales. L’Office fédéral de l’environnement (OFEV) signale des températures d’eau très élevées et une sécheresse persistante dans toute la Suisse cet été, selon les données publiées début juillet 2026. Le Temps rapporte que le printemps 2026 n’a apporté que 54% des précipitations habituelles dans certaines régions du pays, un déficit qui explique en partie la tension actuelle sur les ressources en eau et en fourrage. MétéoSuisse maintenait par ailleurs des alertes sécheresse de niveau 2 dans plusieurs cantons suisses en juin, selon la RTS.

Sur le réseau social X, plusieurs comptes suivant l’actualité suisse ont relayé la situation dans le canton :

Pour un lecteur français, cet épisode rappelle les arrêtés sécheresse pris régulièrement par des préfectures françaises, avec restrictions d’irrigation ou d’usage de l’eau. La différence ici porte sur le ciblage : Neuchâtel agit spécifiquement sur les règles de gestion des prairies et des alpages, un dispositif propre au système agricole de montagne suisse et à ses subventions fédérales liées à l’estivage.

Le canton n’a pas communiqué de date de réexamen de ces mesures, qui resteront vraisemblablement en vigueur tant que la sécheresse persistera.

Nicolas
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Sources

Nicolas Rochat

Nicolas Rochat

Nicolas Rochat est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Geneve. basé sur place, Il couvre l'actualité de la Suisse pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,...

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