Seine-Saint-Denis : assises contre les actes antireligieux à Bobigny
Le préfet Julien Charles et le procureur Éric Mathais ont réuni les représentants des cultes et les forces de l'ordre autour de trois ateliers sécurisation, accompagnement des victimes, prévention.
Les premières Assises territoriales de lutte contre les actes antireligieux se sont tenues à Bobigny le 9 juillet. Le préfet et le procureur ont ouvert une journée d'ateliers centrée sur la protection des lieux de culte et l'accompagnement des victimes, dans un contexte de hausse nationale des infractions.
L’essentiel
- Fait 1 : 2 489 actes antireligieux recensés en France en 2025 (1 320 antisémites, 843 antichrétiens, 327 antimusulmans).
- Fait 2 : Hausse de 88 % des infractions antimusulmanes entre 2024 et 2025.
- Fait 3 : 48 millions d’euros investis par l’État sur dix ans pour la sécurisation des sites cultuels.
- Fait 4 : Assises organisées le 9 juillet 2026 à Bobigny, déclinant l’annonce présidentielle du 13 janvier 2026.
Une journée d’ateliers pour sécuriser et accompagner
Le préfet Julien Charles, le procureur Éric Mathais et la directrice de cabinet Myriam Abassi ont ouvert les Assises territoriales de lutte contre les actes antireligieux à Bobigny. La rencontre, qui s’est tenue toute la journée, a réuni les représentants des cultes de Seine-Saint-Denis et les forces de l’ordre autour de trois ateliers thématiques.
Selon la préfecture, les travaux ont porté sur la sécurisation physique des lieux de culte, l’accompagnement des victimes d’actes hostiles et la prévention par la sensibilisation. Ces assises locales découlent de l’annonce faite par le président de la République le 12 janvier lors de ses vœux aux cultes.
Un contexte national de hausse des infractions
Au niveau national, 2 489 actes antireligieux ont été comptabilisés en 2025, selon le ministère de l’Intérieur. Ce total se décompose en 1 320 faits antisémites, 843 antichrétiens et 326 antimusulmans. Les infractions à caractère antimusulman ont enregistré une hausse de 88 % par rapport à 2024.
Les atteintes aux biens représentent 87 % des actes antichrétiens recensés. Les autorités insistent sur l’importance du dépôt de plainte systématique pour enclencher une réponse judiciaire adaptée. Cette logique de signalement a été au cœur des discussions lors de l’atelier consacré à l’accompagnement des victimes.
48 millions d’euros investis sur dix ans
Sur les dix dernières années, l’État a investi près de 48 millions d’euros pour la protection et la sécurisation physique des sites cultuels en France. Depuis le 1er janvier 2026, la gestion de ces financements a été transférée à la direction des libertés publiques et des affaires juridiques via le dispositif de sécurisation des sites cultuels (SSC).
Ce programme finance des équipements de protection (caméras, portes blindées, éclairage de sécurité) et accompagne les gestionnaires de lieux de culte dans le diagnostic de leurs besoins. Les représentants religieux présents à Bobigny ont pu échanger avec les services de l’État sur les modalités d’accès à ces subventions.
Contexte dans la Seine-Saint-Denis
La Seine-Saint-Denis compte une forte diversité religieuse. Le département, qui regroupe 1,6 million d’habitants selon l’INSEE, abrite de nombreux lieux de culte catholiques, musulmans, juifs et protestants. Les tensions intercommunautaires et les actes de dégradation y sont régulièrement signalés, notamment dans les communes de la proche couronne parisienne.
Les services du préfet ont fait de la lutte contre les discriminations et les atteintes aux libertés fondamentales une priorité locale. Ces assises s’inscrivent dans une stratégie de prévention et de réponse coordonnée entre justice, police et acteurs religieux.
Prochaine étape : suivi des plaintes et coordination locale
Les autorités ont rappelé aux représentants des cultes l’importance de signaler chaque incident. Un dispositif de suivi des plaintes sera mis en place pour garantir une réponse judiciaire rapide. La préfecture et le parquet de Bobigny prévoient un bilan d’étape d’ici la fin de l’année pour évaluer l’efficacité des mesures adoptées.