Sénégal : le chef cuisinier des Lions renvoyé pour harcèlement présumé
La Fédération sénégalaise de football a rapatrié préventivement son chef cuisinier après des accusations d'une employée américaine lors de la Coupe du Monde 2026
Un scandale secoue la délégation sénégalaise aux États-Unis. Le chef cuisinier de l'équipe nationale a été renvoyé au Sénégal après des accusations de harcèlement sexuel formulées par une employée locale. La Fédération a agi rapidement pour éviter une intervention de la police américaine.
L’essentiel
- Accusation : Le chef cuisinier des Lions, surnommé Chef Diallo, accusé de harcèlement sexuel par Maya Fall, employée locale recrutée aux États-Unis
- Rapatriement : Renvoi préventif au Sénégal trois jours après l’arrivée de l’équipe au New Jersey, avant le match contre la France
- Justification : La Fédération sénégalaise de football invoque des différences culturelles et évoque un risque d’intervention policière américaine
- Déni : Chef Diallo, au service de la sélection depuis 25 ans, rejette les accusations et évoque une « cabale »
Une accusation aux conséquences immédiates
L’affaire a éclaté en pleine Coupe du Monde 2026. Maya Fall, coordinatrice logistique d’origine sénégalaise recrutée localement aux États-Unis, a accusé le chef cuisinier de la sélection sénégalaise de faits qualifiés de harcèlement sexuel. Selon Seneweb, Abdoulaye Seydou Sow, secrétaire général de la Fédération sénégalaise de football (FSF), a confirmé que les faits étaient « assimilés à du harcèlement sexuel ».
La réaction de la FSF a été immédiate. Trois jours seulement après l’installation de l’équipe dans son hôtel du New Jersey, le chef a été rapatrié au Sénégal à titre conservatoire. « Nous avons pris cette décision pour préserver la sérénité du groupe et éviter une intervention de la police américaine », a expliqué Abdoulaye Seydou Sow sur la chaîne nationale RTS, selon plusieurs médias sénégalais.
Un chef qui rejette les accusations
Chef Diallo, qui officie pour la sélection nationale depuis 25 ans d’après Afrik.com, nie catégoriquement les faits. Il décrit les accusations comme une « cabale » orchestrée contre lui et lie l’affaire à des tensions logistiques. Selon Wiwsport et Xalima, le chef évoque des désaccords avec Maya Fall concernant l’approvisionnement en nourriture halal pour les joueurs.
La plaignante aurait enregistré le chef à son insu, rapporte Pulse Senegal. Ces enregistrements, dont le contenu n’a pas été dévoilé publiquement, auraient pesé dans la décision de la FSF. « Elle envisageait de saisir les autorités américaines, ce qui a précipité son départ », précise Leral.net.
Des différences culturelles invoquées
Pour justifier sa gestion de l’affaire, la FSF a mis en avant les différences culturelles entre le Sénégal et les États-Unis. Abdoulaye Seydou Sow a suggéré que des comportements considérés comme de simples plaisanteries ou marques de familiarité au Sénégal peuvent être perçus comme du harcèlement aux États-Unis.
Cet argument a suscité des réactions contrastées. Si certains y voient une tentative de contextualiser l’incident, d’autres estiment qu’il minimise la gravité des accusations dans un pays où le cadre juridique en matière de harcèlement est particulièrement strict.
Une communication en deux temps
La FSF n’a pas immédiatement révélé la nature des accusations. Selon DAKARACTU.COM et Leral.net, elle a d’abord évoqué un problème de visa pour expliquer le départ précipité du chef. Ce n’est que plus tard que le secrétaire général a précisé les motifs réels sur RTS.
La Fédération n’a pas déposé de plainte pour diffamation contre certains médias ayant couvert l’affaire, d’après Leral.net. Cette démarche vise à protéger l’image de la délégation et du pays, mais elle alimente aussi les spéculations sur la gestion de la crise.
Contexte au Sénégal
Le Sénégal, pays de 19 millions d’habitants en Afrique de l’Ouest, entretient une relation passionnée avec le football. Les Lions de la Teranga, champions d’Afrique en 2022, représentent une fierté nationale. Leur participation à la Coupe du Monde 2026, co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, était attendue avec ferveur.
L’affaire survient dans un contexte où les questions de harcèlement sexuel gagnent en visibilité au Sénégal, même si le cadre juridique et les mécanismes de protection restent moins développés qu’aux États-Unis. Pour un lectorat français, habitué à des débats sur ces sujets depuis plusieurs années, l’incident rappelle les différences de normes et de sensibilités entre continents.
Désorganisation logistique
Le départ du chef cuisinier a perturbé la prise en charge des repas de l’équipe pendant la compétition, souligne DAKARACTU.COM. L’alimentation des joueurs en tournoi international obéit à des protocoles stricts, et le remplacement d’un responsable expérimenté en pleine compétition complique la préparation.
Aucune information n’a filtré sur l’identité de son remplaçant ni sur les mesures mises en place pour assurer la continuité du service. La FSF n’a pas communiqué davantage sur les conséquences opérationnelles de cette crise.
L’affaire reste ouverte. Si la Fédération a écarté le chef pour préserver la sérénité du groupe, les accusations devront être examinées au Sénégal. La question de savoir si une enquête formelle sera ouverte, et par quelle juridiction, n’a pas été tranchée à ce stade.