Sénégal : le président Faye lance son parti Kiiraay et rompt avec Sonko
Bassirou Diomaye Faye a officialisé le 25 juillet la création de Kiiraay, marquant sa rupture définitive avec Ousmane Sonko et le Pastef
Le président sénégalais a franchi le pas. Le 25 juillet 2026, Bassirou Diomaye Faye a lancé son propre parti politique, Kiiraay - Les Patriotes Républicains, au King Fahd Palace de Dakar. Cette création acte la rupture avec son ancien mentor Ousmane Sonko, limogé du poste de Premier ministre deux mois plus tôt.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Bassirou Diomaye Faye a lancé son parti Kiiraay le 25 juillet 2026 au King Fahd Palace de Dakar
- Le parti regroupe 437 mouvements et associations soutenant le président
- Cette création acte la rupture définitive avec Ousmane Sonko, limogé en mai 2026
- Kiiraay signifie « bouclier » en wolof et affiche un parapluie rouge couvrant la carte du Sénégal
- Le président Faye a été élu à l'unanimité à la tête du nouveau parti
Le 25 juillet 2026, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officiellement lancé son nouveau parti politique lors d’une assemblée constitutive au King Fahd Palace à Dakar. Baptisé Kiiraay - Les Patriotes Républicains, ce mouvement marque une rupture définitive avec le Pastef d’Ousmane Sonko, qui l’avait porté au pouvoir quelques mois plus tôt.
Un nom symbolique, un logo évocateur
Le terme wolof « Kiiraay » signifie « protection » ou « bouclier », selon TV5MONDE. Un choix qui illustre l’ambition affichée par le chef de l’État : défendre les institutions républicaines et incarner une « politique éthique », comme l’a rapporté Africa 24 sur X. Le logo du parti, un parapluie rouge ouvert recouvrant la carte du Sénégal, renforce cette symbolique de protection nationale, selon SeneNews.
Bassirou Diomaye Faye a été porté à la présidence du nouveau parti par les délégués à l’unanimité, selon Financial Afrik. Le mouvement est issu de la fusion de 437 mouvements et associations soutenant la vision présidentielle, précise la même source.
Rupture consommée avec Ousmane Sonko
Cette création officialise une rupture largement anticipée. Les tensions entre le président et son ancien mentor avaient culminé en mai 2026 avec le limogeage d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre, selon Al Jazeera. Sonko, leader historique du Pastef et figure de la campagne présidentielle qui avait porté Faye au pouvoir, reste à la tête de son propre parti.
La scission au sommet de l’État sénégalais recompose le paysage politique national. France 24 souligne que cette rupture acte la fin d’une alliance qui avait porté un projet de transformation radicale du Sénégal. Le président Faye assume désormais seul la conduite de sa majorité présidentielle.
Une majorité présidentielle à structurer
Kiiraay se positionne comme le socle de la majorité présidentielle, selon TransContinentsAfrica. L’objectif est de structurer durablement le camp du président en vue des prochaines échéances électorales nationales. Le rassemblement de plusieurs centaines de mouvements autour du chef de l’État témoigne d’une volonté de fédérer au-delà du seul Pastef.
Le parti met en avant trois piliers : politique éthique, rassemblement et souveraineté sénégalaise, selon Africa 24. Cette ligne contraste avec le discours plus radical du Pastef, marqué par une posture anti-système et panafricaniste assumée.
Contexte sénégalais : un paysage politique recomposé
Le Sénégal, pays de 19 millions d’habitants en Afrique de l’Ouest, a connu une alternance présidentielle majeure en 2024. Bassirou Diomaye Faye, alors inconnu du grand public, avait remporté l’élection dès le premier tour avec le soutien du Pastef et d’Ousmane Sonko, empêché de se présenter. Cette victoire avait suscité un immense espoir de rupture avec le système politique traditionnel.
Depuis son accession au pouvoir, le président Faye a progressivement pris ses distances avec son ancien mentor. Les divergences portaient sur la conduite des réformes, la gestion des relations internationales et le rythme des transformations promises. Le limogeage de Sonko en mai 2026 avait précipité la crise, selon les médias sénégalais cités par Dakaractu.
Pour la France, ancien colonisateur et partenaire économique majeur du Sénégal, cette recomposition politique est suivie de près. Les relations bilatérales avaient été tendues sous l’ère Sonko, partisan d’une rupture avec la « Françafrique ». Le président Faye, tout en maintenant un discours souverainiste, a adopté une posture plus pragmatique dans ses relations avec Paris.
Enjeux pour les prochaines élections
La création de Kiiraay intervient alors que le Sénégal se prépare aux prochaines échéances électorales législatives et locales. Le président Faye cherche à consolider une majorité parlementaire stable, condition indispensable pour mener à bien son programme de réformes. Le Pastef, désormais dans l’opposition, conserve une base militante importante et pourrait constituer un rival sérieux.
L’opposition traditionnelle, affaiblie lors de la présidentielle de 2024, observe cette scission avec intérêt. Certains analystes, cités par Financial Afrik, estiment que la division du camp présidentiel pourrait offrir une fenêtre d’opportunité pour les partis historiques.
Réactions et perspectives
L’événement a été largement relayé par les médias sénégalais et internationaux. RFI, TV5MONDE et France 24 ont couvert en direct le lancement du parti, signe de l’intérêt suscité par cette rupture au sommet de l’État. Les réseaux sociaux sénégalais ont été dominés pendant plusieurs jours par les débats entre partisans de Faye et de Sonko.
Le président Faye devra désormais faire la preuve que Kiiraay peut incarner une alternative crédible au Pastef tout en conservant le soutien populaire qui l’avait porté au pouvoir. La capacité du nouveau parti à se structurer sur l’ensemble du territoire et à mobiliser lors des prochaines élections sera déterminante pour l’avenir politique du chef de l’État sénégalais.