Sept nuits de frappes US sur l’Iran : Téhéran menace d’une offensive totale

Les États-Unis poursuivent leurs bombardements pour la septième nuit consécutive tandis que l'Iran riposte sur des bases américaines au Moyen-Orient et menace d'élargir le conflit

Sept nuits de frappes US sur l'Iran : Téhéran menace d'une offensive totale
Illustration Ethan Miller / info.fr
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Les forces américaines ont achevé leur septième nuit consécutive de frappes sur l'Iran ce samedi 18 juillet, ciblant des installations militaires et logistiques. Téhéran a riposté en attaquant des bases en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn. L'Iran menace désormais d'une "offensive totale" si les bombardements persistent, tandis que le détroit d'Ormuz reste paralysé.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Sept nuits consécutives de frappes américaines sur l'Iran, ciblant sites militaires et infrastructures logistiques selon le Centcom
  • Au moins trois morts et huit blessés dans la province d'Hormozgan suite aux bombardements US, selon l'agence Irna
  • L'Iran a riposté en attaquant des bases américaines en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn la Jordanie a intercepté dix missiles
  • Téhéran menace d'une "offensive totale" si les frappes persistent deux à trois jours de plus, selon le conseiller militaire Mohsen Rezaï
  • Le détroit d'Ormuz reste paralysé, menaçant un tiers du trafic pétrolier maritime mondial
5 faits vérifiés 4 sources mis à jour le 18 juillet à 14:06

Les forces américaines ont poursuivi leurs bombardements sur l’Iran pour la septième nuit consécutive samedi 18 juillet 2026, ciblant des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires et des dépôts d’armes, selon le Centcom. Ces attaques marquent une intensification sans précédent du conflit qui oppose Washington à Téhéran depuis le début du mois, malgré la signature d’un protocole d’accord de paix le 17 juin dernier.

L’agence officielle iranienne Irna a rapporté qu’au moins trois personnes ont été tuées et huit blessées dans la province d’Hormozgan, dans le sud du pays. Les médias iraniens font également état de dommages à des infrastructures civiles, notamment des ponts, un tunnel routier et une gare ferroviaire.

Riposte iranienne sur trois pays du Golfe

En réponse aux frappes américaines, l’armée iranienne affirme avoir ciblé des bases militaires utilisées par les États-Unis en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn. Selon Téhéran, les sites visés incluent la base Al-Azraq en Jordanie, les bases Al-Adiri et Ali Al-Salem au Koweït, ainsi que la base Sheikh Isa à Bahreïn.

La Jordanie a annoncé avoir intercepté et détruit dix missiles iraniens sans déplorer de victimes ni de dégâts, selon l’armée jordanienne. Le Koweït a pour sa part signalé des attaques de drones hostiles, notamment sur une usine de dessalement et de production d’électricité déjà frappée la veille. Bahreïn a déclenché ses sirènes d’alerte aérienne.

Menace d’une « offensive totale » iranienne

Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême iranien, a averti que l’Iran entrerait dans une « phase d’offensive totale » si les frappes américaines persistaient « deux à trois jours » de plus, selon les propos rapportés par l’agence Irna. Cette déclaration intervient alors que les tensions atteignent un point critique, avec sept nuits consécutives de bombardements.

Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont annoncé que leurs opérations dans le détroit d’Ormuz se poursuivront jusqu’au retour au calme. Cette voie stratégique, par laquelle transite environ un tiers du pétrole maritime mondial, est de nouveau pratiquement paralysée, selon TV5Monde et Marine & Océans.

Un accord de paix rapidement caduc

L’escalade actuelle intervient à peine un mois après la signature d’un protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis le 17 juin 2026, visant à ouvrir des pourparlers de paix. Cet accord, négocié sous l’égide de médiateurs internationaux, devait permettre de désamorcer les tensions croissantes dans la région.

Les raisons de la rupture de ce protocole n’ont pas été précisées par les parties, mais la reprise des frappes américaines début juillet a rapidement mis fin à l’espoir d’une désescalade. Les objectifs déclarés par Washington incluent la destruction de capacités militaires iraniennes et la neutralisation de menaces contre les forces américaines et alliées dans la région.

Répercussions économiques mondiales

La paralysie du détroit d’Ormuz fait peser une menace sérieuse sur l’économie mondiale. Les analystes cités par plusieurs médias estiment que la hausse des prix du pétrole pourrait entraîner une inflation significative et potentiellement une récession si la situation perdure.

Les marchés européens et asiatiques ont déjà enregistré des fluctuations importantes ces derniers jours. Le baril de Brent a franchi la barre des 86 dollars jeudi, selon les cours consultés par plusieurs agences. Les compagnies maritimes ont commencé à détourner leurs cargaisons vers des routes alternatives, rallongeant les délais de livraison et augmentant les coûts de transport.

Réactions internationales et appels à la désescalade

Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a condamné « l’escalade militaire au Moyen-Orient » et a appelé à un « arrêt immédiat des hostilités », selon un communiqué publié par le bureau de l’ONU à Genève. L’ONU n’a pas précisé si des initiatives diplomatiques spécifiques étaient en cours pour tenter de relancer un dialogue.

La Chine a également appelé à un cessez-le-feu immédiat et au respect de la souveraineté nationale de l’Iran, tout en évitant une implication militaire directe, selon les médias libanais Ici Beyrouth et El Nahar. Pékin a proposé ses bons offices pour faciliter une médiation, sans que Washington ou Téhéran n’aient donné suite à ce stade.

Les pays européens restent divisés sur la position à adopter. Certaines capitales ont condamné les frappes américaines, les jugeant disproportionnées, tandis que d’autres ont exprimé leur solidarité avec Washington face aux menaces iraniennes dans la région.

Impact sur les civils iraniens

Au-delà des cibles militaires, les frappes américaines ont touché des infrastructures civiles en Iran. L’agence Irna et d’autres médias locaux font état de dommages à des ponts routiers, un tunnel et une gare, compliquant la circulation des biens et des personnes dans plusieurs provinces.

Les autorités sanitaires iraniennes n’ont pas encore communiqué de bilan complet des victimes civiles, mais les huit blessés recensés dans la province d’Hormozgan ont été hospitalisés. Les organisations humanitaires internationales ont exprimé leur préoccupation quant à l’impact de cette escalade sur les populations civiles, déjà fragilisées par des années de tensions et de sanctions économiques.

Contexte vu de France

Pour Paris, cette escalade représente un défi diplomatique majeur. La France, qui entretient des relations complexes avec l’Iran et reste un allié des États-Unis au sein de l’OTAN, appelle à la retenue depuis le début du conflit. Le ministère des Affaires étrangères a renouvelé son appel à une désescalade immédiate lors d’un point presse cette semaine.

L’impact économique de la crise se fait déjà ressentir en France, avec une hausse du prix des carburants à la pompe amorcée début juillet. Les professionnels du transport routier ont alerté sur les conséquences d’une perturbation durable du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Les entreprises françaises présentes dans la région, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la construction, surveillent de près l’évolution de la situation.

Sur le plan sécuritaire, le plan Vigipirate reste au niveau « urgence attentat » en France, en raison des risques de répercussions terroristes liés aux tensions au Moyen-Orient. Le gouvernement français a également recommandé à ses ressortissants de quitter l’Iran et d’éviter les déplacements dans la région.

Prochaines étapes

Les prochains jours seront déterminants pour l’évolution du conflit. Si les frappes américaines se poursuivent au-delà du délai évoqué par Mohsen Rezaï, l’Iran pourrait mettre à exécution sa menace d’une offensive à grande échelle, avec des conséquences imprévisibles pour toute la région.

Les chancelleries occidentales restent en contact étroit avec leurs homologues du Golfe pour tenter de contenir l’escalade. Aucune réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU n’a été annoncée à ce stade, mais plusieurs membres permanents pourraient en demander la convocation dans les heures qui viennent si la situation continue de se détériorer.

Ethan
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Sources

Ethan Miller

Ethan Miller

Ethan Miller est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Washington. basé sur place, Il couvre l'actualité de les Etats-Unis pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,…

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