Sinner craint une récidive de son malaise à Roland-Garros : « Ça pourrait se reproduire »
Le numéro 1 mondial italien s'est confié à Wimbledon le 1er juillet, exprimant ses inquiétudes après l'effondrement physique subi à Paris fin mai, sans traitement clair identifié par son équipe.
Jannik Sinner a admis craindre que son malaise du 28 mai à Roland-Garros ne se reproduise, son équipe n'ayant pas de solution immédiate. Une déclaration qui relance les interrogations sur sa capacité à encaisser les conditions extrêmes et sur la suite de sa carrière.
L’essentiel
- 28 mai 2026 : Jannik Sinner, alors N°1 mondial, s’effondre physiquement au 2e tour de Roland-Garros face à Juan Manuel Cerundolo (défaite 3-6, 2-6, 7-5, 6-1, 6-1) sous 33°C, après avoir mené 2 sets à 0 et 5-1.
- 30 victoires consécutives : Ce revers met fin à la série d’invincibilité de l’Italien, qui restait sur 30 succès de rang.
- 1er juillet 2026 : Interrogé à Wimbledon, Sinner confie que son équipe a compris les causes du malaise mais qu’« aucune solution immédiate » n’a été trouvée, et que « ça pourrait se reproduire ».
Un effondrement inattendu sur le court parisien
Le 28 mai dernier, le monde du tennis assistait à une scène rare : le numéro 1 mondial Jannik Sinner, dominateur depuis des mois, vacillait littéralement sur le court Philippe-Chatrier. Opposé à l’Argentin Juan Manuel Cerundolo (56e mondial) au deuxième tour de Roland-Garros, l’Italien menait pourtant deux manches à zéro et 5-1 dans la troisième. C’est alors que les premiers signes de malaise sont apparus : vertiges, nausées, difficultés à tenir le rythme sous une température de 33 °C.
Sinner a dû faire appel au médecin du tournoi pour une mesure de tension et une assistance médicale. Malgré cela, il a perdu 18 points de suite, laissant filer la troisième manche, puis les deux suivantes sur des scores sévères (7-5, 6-1, 6-1). Un effondrement physique complet qui a immédiatement soulevé des questions sur la santé du champion italien.
Des déclarations inquiétantes à Wimbledon
Près d’un mois après cet incident, Jannik Sinner s’est exprimé en conférence de presse à Wimbledon, le 1er juillet 2026. Alors qu’il venait de remporter son match de deuxième tour face à Nuno Borges (7-6, 7-6, 6-4), le numéro 1 mondial n’a pas caché ses craintes. Interrogé sur les causes de son malaise parisien, il a lâché : « On a compris. Ça pourrait se reproduire. » Une phrase choc, rapportée par le compte Sinner France et confirmée par plusieurs médias présents.
Selon des sources proches du joueur, son équipe médicale a identifié les facteurs déclencheurs - probablement un cocktail de chaleur extrême, d’humidité et de stress - mais n’a pas encore trouvé de solution pérenne pour éviter une récidive. Sinner a lui-même précisé s’être réveillé « déjà mal » le matin du match à Roland-Garros, ajoutant qu’il ne souhaitait pas imputer sa défaite aux seules conditions météorologiques.
Analyses d’anciens champions : anxiété et tolérance à la chaleur
Plusieurs voix autorisées se sont élevées pour tenter d’expliquer cette défaillance. Patrick Mouratoglou, ancien entraîneur de Serena Williams, a estimé que l’intolérance aux conditions extrêmes de chaleur et d’humidité représentait une faiblesse physique récurrente chez l’Italien. « On l’a déjà vu en difficulté lors de matchs sous forte chaleur, notamment à l’US Open. C’est un point faible qu’il doit absolument travailler », a-t-il analysé dans Tennis World USA.
L’ancienne numéro 1 mondiale Kim Clijsters a avancé une autre piste : celle du stress mental. « Quand on mène 2-0 et 5-1, la pression change. L’anxiété de finir le match peut provoquer des réactions physiques violentes, surtout quand le corps est déjà en surchauffe », a-t-elle déclaré à Punto de Break.
Contexte à Paris : un Roland-Garros historique pour Cerundolo
L’effondrement de Sinner a marqué l’édition 2026 de Roland-Garros, tournoi emblématique du 16e arrondissement de Paris. Juan Manuel Cerundolo est devenu le premier joueur à éliminer une tête de série numéro 1 avant le troisième tour de Roland-Garros depuis l’an 2000, selon Associated Press. Un fait rare qui souligne la portée de l’événement pour le tennis parisien et mondial.
La Porte d’Auteuil, qui accueille chaque année le grand chelem sur terre battue, a vu son public médusé assister à la défaillance d’un champion jugé increvable. Les conditions climatiques - un printemps déjà chaud à Paris - avaient été pointées du doigt, même si Sinner a refusé de s’en servir d’excuse. Cet épisode pose désormais une question pour les prochaines éditions : comment protéger les joueurs des pics de chaleur dans un stade ouvert ?
Un palmarès exceptionnel mais une santé fragile ?
À 24 ans, Jannik Sinner accumule les titres : vainqueur de l’Open d’Australie 2025, de Wimbledon 2025, des ATP Finals, et a réalisé en 2026 l’exploit de remporter cinq Masters 1000 consécutifs (Indian Wells, Miami, Monte-Carlo, Madrid, Rome), complétant ainsi le « Golden Masters » en carrière. Mais cette fragilité physique sous forte chaleur, désormais avouée, pourrait ternir cette réussite.
Interrogé sur la suite, le joueur n’a pas donné de calendrier précis pour résoudre le problème. « On travaille, mais ce n’est pas simple », a-t-il simplement indiqué. De quoi alimenter les spéculations avant la tournée américaine de l’été, où la chaleur et l’humidité sont souvent au rendez-vous.
Prochaine étape : Sinner poursuit son parcours à Wimbledon, où il a déjà disputé deux tours. Son prochain match n’a pas encore été programmé. L’évolution de son état physique sera scrutée de près.