Jannik Sinner, le « Djokovic 2.0 » selon Renzo Furlan
Renzo Furlan, ancien 19e mondial, voit en Jannik Sinner une évolution du Serbe plus puissant, plus rapide, même palmarès au même âge
L'entraîneur italien voit dans Sinner une version améliorée du Serbe même solidité défensive, mais en plus puissant et plus rapide.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- À 24 ans, Sinner affiche 30 titres ATP et 5 Grands Chelems, exactement comme Djokovic au même âge
- Sinner a remporté 2 ATP Finals contre 1 pour Djokovic avant 25 ans
- Furlan estime que Sinner et Alcaraz évoluent à un niveau « bien supérieur » au reste du circuit, Djokovic compris
- La comparaison à ses limites Djokovic affrontait le Big 3 au sommet à 24 ans, Sinner joue dans un circuit post-domination
La comparaison n’est pas nouvelle. Elle circule depuis des mois sur les forums spécialisés, portée par une statistique têtue: avant leur 25e anniversaire - Sinner et Djokovic ont exactement le même palmarès. 30 titres ATP. 5 tournois du Grand Chelem. Sinner en a même remporté un de plus aux ATP Finals, 2 contre 1. Les chiffres ne mentent pas. Renzo Furlan - les transforme en diagnostic clinique.
« Sa balle va plus vite »
Ce que Furlan voit sur le court, c’est un joueur qui garde la matrice Djokovic, l’agilité, le « mur impénétrable » depuis le fond de court, la capacité à ne jamais reculer, mais en accéléré. « Plus puissant » - répète-t-il dans son entretien au Corriere dello Sport. « Sa balle va plus vite ». Le répertoire technique est « très large » - l’adaptation immédiate. Sinner « essaie de nouvelles choses » en match et les « assimile immédiatement ». Pas de phase de rodage. Pas d’hésitation. Un « focus incroyable » - « hyper déterminé à chercher le détail qui peut améliorer sa performance ».
Djokovic, lui, construisait son jeu sur la patience et l’usure. Sinner le fait en accélérant. Le résultat est le même, l’adversaire plie, mais le tempo change. Le Serbe était un marathonien du fond de court. L’Italien est un sprinteur qui tient la distance.
Sinner et Alcaraz « trop devant »
Le commentaire est dur. Furlan regarde la situation et lâche: le Serbe « se convainc que c’est un extraordinaire numéro 3 mondial ». Mais Sinner et Carlos Alcaraz sont désormais « trop devant ». Pas une question d’âge. Une question de niveau. Les deux jeunes évoluent à un étage « bien supérieur » au reste du circuit, Djokovic compris.
Ce que Furlan ne dit pas, mais que les chiffres disent pour lui, c’est que le décalage est récent. Djokovic gagnait encore des titres majeurs récemment. Sinner, lui, en a pris cinq ces dernières années. Le basculement est net. Djokovic n’a pas disparu. Il a juste cessé d’être l’étalon.
Ce que personne ne dit
La comparaison Sinner-Djokovic repose sur un angle mort: elle compare deux carrières à des moments différents du circuit. Quand Djokovic avait moins de 25 ans, en 2011-2012, il affrontait un Roger Federer et un Rafael Nadal dans leur prime. Quand Sinner atteint cet âge, en 2025-2026, il affronte un Djokovic qui n’a plus le même corps. Les 30 titres de Sinner ont été pris dans un circuit où le Big 3 a déjà quitté son sommet. Ceux de Djokovic ont été arrachés au cœur de l’ère Federer-Nadal. Le contexte n’est pas le même. Le mérite non plus.
Furlan ne s’embarrasse pas de cette nuance. Pour lui, Sinner est une version corrigée de Djokovic, « évoluée », comme on dit d’un logiciel mis à jour. Mais l’analogie a ses limites. Djokovic a prouvé sa longévité sur vingt ans. Sinner n’en est qu’à quelques saisons complètes. La vraie question n’est pas de savoir s’il est plus fort avant 25 ans. C’est de savoir s’il tiendra dans la durée.
L’héritage en suspens
Sinner en a 5 avant son 25e anniversaire. Même à un rythme soutenu, il faudrait de nombreuses années à l’Italien pour égaler le Serbe. La comparaison statistique s’arrête là où commence la carrière longue. Furlan voit un Djokovic 2.0. Les chiffres, eux, voient un Djokovic incomplet.
Reste une certitude: Sinner est le premier joueur depuis Djokovic à construire un jeu aussi imperméable depuis le fond de court. Pas Federer. Pas Nadal. Pas Alcaraz - trop explosif pour être aussi régulier. Sinner, lui, ne craque pas. « Ne recule jamais » - note Furlan. C’est cette filiation-là, mentale, tactique, obsessionnelle, qui justifie le surnom de « Djokovic 2.0 ». Pas les titres. Le système.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (7)
« Il a aussi noté que Sinner, à l'instar de Djokovic, possède une grande agilité et une capacité à être un "mur impénétrable" depuis le fond de court. »
tennisworlditalia.com ↗ ↩
« Cependant, il estime que Sinner est "plus puissant" et que "sa balle va plus vite". »
tennisworlditalia.com ↗ ↩
« Cependant, il estime que Sinner est "plus puissant" et que "sa balle va plus vite". »
tennisworlditalia.com ↗ ↩
« Furlan estime que Sinner et Carlos Alcaraz se situent à un niveau bien supérieur à celui des autres joueurs actuels. »
corrieredellosport.it ↗ ↩
« Furlan voit Sinner et Alcaraz comme des joueurs d'un niveau "bien supérieur" aux autres. »
tennisworlditalia.com ↗ ↩
« Avant même de fêter leur 25e anniversaire, les deux hommes ont le même nombre de titre sur le circuit principal (30). »
welovetennis.fr ↗ ↩
« a statistic showed that, at the current age of the South Tyrolean, the Serbian champion had the same titles (30) and the same Slams (5). »
tennisworldusa.org ↗ ↩
Sources
- Renzo Furlan : Sinner est une version plus évoluée de Djokovic
- Is Jannik Sinner really the evolution of Novak Djokovic?
- Sinner vs Djokovic: titles at the eve of their 25th birthday
- Il parere di coach Renzo Furlan: Sinner è un Djokovic 2.0
- Furlan e la frase in tv su Djokovic dopo la sconfitta contro Sinner
