Situation préoccupante à la nouvelle blanchisserie du CHU d’Angers : l’inspection du travail saisie
Ouverte le 1er juin 2026 à Sainte-Gemmes-sur-Loire, la nouvelle blanchisserie inter-hospitalière du CHU d'Angers accumule les dysfonctionnements température excessive, 12 tonnes de linge en retard, agents en short. Les syndicats CGT et Sud Santé ont saisi l'inspection du travail.
Les syndicats CGT et Sud Santé Sociaux ont alerté l'inspection du travail sur les conditions de travail dégradées dans la nouvelle blanchisserie du CHU d'Angers, opérationnelle depuis le 1er juin. Température élevée, manque de tenues et 12 tonnes de linge en retard sont dénoncés.
L’essentiel
- Fait 1 : La nouvelle blanchisserie inter-hospitalière du CHU d’Angers (GIBA), située à Sainte-Gemmes-sur-Loire, a ouvert le 1er juin 2026.
- Fait 2 : Les syndicats CGT et Sud Santé ont saisi l’inspection du travail pour des conditions de travail dégradées (température, sécurité, tenues).
- Fait 3 : Le retard de traitement du linge est estimé à 12 tonnes par le syndicat Sud Santé.
- Fait 4 : Les agents dénoncent un manque de tenues professionnelles, les obligeant à travailler en short.
- Fait 5 : La direction du CHU reconnaît des dysfonctionnements et a mis en place des mesures correctives (renforts, envoi de linge à Cholet et Saumur).
Ce qui s’est passé
La nouvelle blanchisserie inter-hospitalière du Centre hospitalier universitaire (CHU) d’Angers, baptisée GIBA, est opérationnelle depuis le 1er juin 2026. Implantée à Sainte-Gemmes-sur-Loire, sur le site du Cesame, elle doit traiter le linge de plusieurs établissements de santé du département. Mais depuis son ouverture, les difficultés s’accumulent. Les syndicats CGT et Sud Santé Sociaux ont alerté l’inspection du travail, dénonçant des conditions de travail « préoccupantes ».
Le 8 juin, Sud Santé avait déjà déposé un droit d’alerte auprès de la direction du CHU, pointant une pénurie de linge liée à la transition vers la nouvelle structure. Une situation qui a contraint le personnel soignant à utiliser des blouses en papier, soulevant des risques d’hygiène et de sécurité pour les patients.
Des conditions de travail dégradées
Selon les syndicats, les agents travaillent dans une chaleur excessive. « La température est très élevée dans les locaux, et il manque des tenues professionnelles adaptées », rapportent la CGT et Sud Santé. Faute de vêtements de travail, certains employés seraient contraints de venir en short. Le retard de traitement du linge atteindrait 12 tonnes, un chiffre avancé par Sud Santé et corroboré par plusieurs médias locaux.
Des problèmes de sécurité sont également signalés : extincteurs inaccessibles, espaces saturés par le linge entassé. « Les risques de troubles musculo-squelettiques (TMS) et de risques psychosociaux (RPS) sont accrus », ajoutent les syndicats. Le recours à des blouses en papier par les soignants, faute de linge propre, a suscité l’inquiétude des équipes médicales et des patients.
La direction du CHU réagit
Interrogée, la direction du CHU d’Angers reconnaît des dysfonctionnements. « Nous avons identifié des problèmes de température et de volets roulants », indique-t-elle. Elle assure avoir mis en place des mesures correctives : renforts de personnel, envoi de linge à traiter vers les blanchisseries de Cholet et de Saumur, et ajustements techniques sur les équipements.
La direction conteste toutefois certains points soulevés par les syndicats. « La sécurité des agents est conforme, selon le contrôleur technique. Le port du short relève d’une initiative personnelle et non d’une absence de tenues », précise-t-elle. Sur le retard de 12 tonnes, elle évoque des difficultés de montée en charge liées à la nouveauté de l’outil.
Malgré ces ajustements, la situation reste tendue. Les températures caniculaires de ces derniers jours, comme en témoignent les vigilances orange canicule maintenues dans plusieurs départements, aggravent les conditions de travail dans les locaux non climatisés. Une alerte similaire en Savoie rappelle l’impact de la chaleur sur les activités professionnelles.
Contexte dans le Maine-et-Loire
Le CHU d’Angers est le principal établissement de santé du Maine-et-Loire, employant plus de 7 000 personnes. La nouvelle blanchisserie, construction récente de 4 200 m², devait centraliser le traitement du linge pour l’ensemble des sites hospitaliers du département, en remplacement d’anciennes structures vétustes. Ce projet, présenté comme un investissement majeur (plus de 10 millions d’euros), visait à améliorer la qualité et la traçabilité du linge. Mais les tensions sur les conditions de travail ne sont pas nouvelles dans le département : en 2024, plusieurs services du CHU avaient connu des mouvements sociaux liés aux effectifs et aux pénibilités.
Le Maine-et-Loire compte également deux autres blanchisseries hospitalières, à Cholet et Saumur, qui servent aujourd’hui de solution de repli. Le syndicat Sud Santé appelle à une « véritable prise en compte des difficultés humaines » avant que la situation ne se dégrade davantage.
Prochaine étape
L’inspection du travail doit maintenant examiner les signalements. Ses conclusions pourraient aboutir à des recommandations ou des sanctions. En attendant, la direction du CHU promet de poursuivre les ajustements techniques et organisationnels. Le personnel, lui, attend des actes concrets pour améliorer ses conditions de travail au quotidien.
Sources
- Ouest-France : Une situation préoccupante à la nouvelle blanchisserie du CHU d'Angers : l'inspection du travail saisie
- Maville.com (Ouest-France) : Blanchisserie du CHU d'Angers. Pourquoi le syndicat CGT alerte-t-il l'inspection du travail ?
- France 3 Pays de la Loire : "Nous sommes dans de beaux draps", la blanchisserie de ce CHU d'Angers croule toujours sous le linge sale
- Angers Villactu : Les syndicats dénoncent les conditions de travail au sein de la nouvelle blanchisserie du CHU d'Angers