‘Snoop’, marchand de sommeil violent de Nogent-sur-Oise, retourne en prison
Condamné le 8 mai 2026 à dix mois ferme pour avoir violé une troisième fois son interdiction de séjour
Moussa D., dit 'Snoop', 44 ans, a été condamné le 8 mai 2026 par le tribunal de Pontoise à dix mois de prison ferme. Ce marchand de sommeil violent, connu pour avoir exploité des logements insalubres au quartier des Rochers de Nogent-sur-Oise, avait été interpellé le 4 mai pour violation répétée d'une interdiction de séjour.
Moussa D., dit ‘Snoop’, 44 ans, a été condamné le 8 mai 2026 par le tribunal de Pontoise à dix mois de prison ferme. Ce marchand de sommeil violent, connu pour avoir exploité des logements insalubres au quartier des Rochers de Nogent-sur-Oise, avait été interpellé le 4 mai pour violation répétée d’une interdiction de séjour.
L’essentiel
- Interpellation : le 4 mai 2026 à Nogent-sur-Oise pour violation d’interdiction de séjour
- Condamnation : 10 mois de prison ferme prononcés le 8 mai 2026 par le tribunal de Pontoise, avec maintien en détention
- Récidive : troisième violation de l’interdiction de séjour, après six mois ferme en 2024 et huit mois ferme en juillet 2025
- Historique : condamné en mai 2024 à six mois de prison et trois ans d’interdiction de séjour pour extorsion de loyer sur des sans-papiers
- Contexte local : Nogent-sur-Oise comptait 499 logements vacants sur 8 650 en 2023, selon l’INSEE
Une troisième violation, une troisième condamnation
Le 4 mai 2026, les services de police interpellent Moussa D. à Nogent-sur-Oise. Il se trouvait dans une commune où il lui est formellement interdit de paraître depuis mai 2024. Quatre jours plus tard, le tribunal correctionnel de Pontoise le condamne à dix mois de prison ferme. Le maintien en détention est ordonné.
Selon Le Parisien, la substitut du procureur avait requis exactement cette peine lors de l’audience du 8 mai. Le tribunal a suivi. Ce n’est pas la première fois : Moussa D. avait déjà été condamné à six mois de prison ferme pour une première violation de l’interdiction de séjour, puis à huit mois en juillet 2025 pour une seconde. À chaque sortie, il est revenu.
Ce qui lui est reproché : extorsion, violence, logements insalubres
Le dossier Moussa D. remonte à avril 2024. Le 15 avril de cette année-là, il est arrêté avec un complice dans l’Oise. Les faits reprochés : tentative d’extorsion de centaines d’euros contre un logement insalubre, auprès de sans-papiers sans autre recours. Le tribunal correctionnel le condamne en mai 2024 à six mois de prison ferme pour extorsion de loyer, assortis d’une interdiction de séjour de trois ans à Nogent-sur-Oise.
Les modalités opératoires décrites par Le Parisien et actu.fr sont précises. Moussa D. sous-louait des appartements dans des immeubles voués à la démolition, sans contrat, à des personnes en situation irrégulière. Pour collecter les loyers, il n’hésitait pas à recourir à la violence physique - dont frapper une victime avec une crosse de revolver. Ces faits avaient été qualifiés de traite d’êtres humains lors de la première procédure.
Son terrain d’action principal : le quartier des Rochers, secteur résidentiel de Nogent-sur-Oise qui cumule depuis plusieurs années des problèmes d’habitat dégradé. Selon actu.fr, des marchands de sommeil y « terrorisaient tout un quartier ».
Le quartier des Rochers : un terrain connu des autorités
Le quartier des Rochers n’est pas un cas isolé dans l’histoire locale. C’est précisément là que Moussa D. opérait, dans des immeubles classés à démolir mais encore occupés par des locataires précaires. La combinaison d’un parc dégradé et d’une population vulnérable crée les conditions que les marchands de sommeil exploitent, comme le documentent les affaires successives devant les tribunaux.
Le profil de Moussa D. - violent, récidiviste, nommément identifié par la presse locale sous son surnom - illustre une réalité que les associations de défense du logement signalent régulièrement : l’interdiction de séjour seule ne suffit pas à écarter durablement un individu de son réseau.
Contexte dans l’Oise
L’affaire Moussa D. s’inscrit dans un problème plus large d’habitat indigne dans le département. En novembre 2025, selon Le Parisien, un autre réseau a été démantelé aux Pléiades de Creil - une copropriété emblématique de l’agglomération creilloise. Le mode opératoire était similaire : location de matelas à des personnes démunies dans des conditions dégradées, exploitation de la pauvreté sur la durée.
À Nogent-sur-Oise, les données INSEE de 2023 donnent une mesure du parc en tension : 8 650 logements au total, dont 61,3 % d’appartements. Sur ce total, 499 logements sont recensés comme vacants. La commune compte environ 20 000 habitants. Ce ratio de vacance, combiné à un parc ancien partiellement dégradé, constitue un terrain favorable aux pratiques de sous-location informelle.
L’Oise n’est pas le seul département concerné. Des affaires comparables impliquant exploitation de publics vulnérables ont été traitées récemment dans d’autres territoires, comme l’interpellation de charbonneurs à Avignon par le RAID ou le démantèlement d’un réseau à Bourges, où des logiques de territoire et d’emprise sur des populations précaires se retrouvent à chaque fois.
Un palmarès judiciaire qui s’allonge
Le tableau des condamnations de Moussa D. est désormais le suivant, tel que reconstitué par Le Parisien :
Mai 2024 : six mois de prison ferme pour extorsion de loyer et traite d’êtres humains, plus interdiction de séjour de trois ans à Nogent-sur-Oise.
Fin 2024 : six mois de prison ferme supplémentaires pour première violation de l’interdiction de séjour.
Juillet 2025 : huit mois de prison ferme pour deuxième violation. Lors de cette audience, il aurait déclaré « Je croyais que c’était fini », selon le titre d’un article du Parisien daté du 17 juillet 2025.
8 mai 2026 : dix mois de prison ferme pour troisième violation, avec maintien en détention.
À chaque sortie de détention, Moussa D. est revenu sur le territoire interdit. La peine prononcée le 8 mai est la plus lourde des trois condamnations pour violation d’interdiction de séjour. Elle est exécutée immédiatement.
La question de savoir si l’interdiction de séjour sera reconduite ou renforcée à l’issue de cette nouvelle peine n’a pas été précisée à ce stade par le parquet de Pontoise.
Sources
- Le Parisien : « Snoop », le marchand de sommeil violent qui ne cesse de revenir à Nogent-sur-Oise, repart en prison
- actu.fr : Les marchands de sommeil terrorisaient tout un quartier dans l'Oise : condamnés à de la prison ferme
- Le Parisien : Interdit de séjour à Nogent-sur-Oise, un marchand de sommeil condamné pour y être retourné : « Je croyais que c'était fini »
- INSEE : Statistiques logement Nogent-sur-Oise 2023