Soissons : une mosaïque romaine du Ier siècle mise au jour boulevard Jean-Mermoz
Découverte fin avril 2026 lors de travaux de réseau de chaleur, la pièce de 1,56 m de côté ornait probablement une domus de l'élite d'Augusta Suessionum.
Une mosaïque gallo-romaine datant de la fin du Ier siècle a été mise au jour à Soissons (Aisne) lors de fouilles préventives liées à l'extension du réseau de chaleur urbain. Découverte boulevard Jean-Mermoz, dans le quartier Saint-Crépin, par les archéologues du Département de l'Aisne, elle mesure 1,56 m de côté et présente des motifs géométriques et des dauphins.
L’essentiel
- Dimensions : 1,56 m de côté, motifs géométriques et dauphins, datée de la fin du Ier siècle de notre ère
- Lieu : boulevard Jean-Mermoz, quartier Saint-Crépin, Soissons - mise au jour fin avril 2026 lors de travaux d’extension du réseau de chaleur urbain
- Responsable d’opération : Johanny Lamant, archéologue spécialisé Antiquité au Service archéologique du Département de l’Aisne
- Précédent local : une mosaïque antérieure avait été trouvée dans le même quartier en 1826 (pavement d’environ 7 × 7 m, conservé au musée Saint-Léger)
- Suite : dépose et éventuelle présentation au musée Saint-Léger de Soissons à l’étude, sans date arrêtée à ce stade
Une fouille préventive au cœur des travaux de chaleur urbaine
Fin avril 2026, les équipes du Service archéologique du Département de l’Aisne interviennent boulevard Jean-Mermoz, dans le quartier Saint-Crépin. Le chantier est celui de l’extension du réseau de chaleur urbain de Soissons, en cours depuis plusieurs années dans différents quartiers de la ville. Lors des sondages préventifs imposés par le Service régional de l’Archéologie (DRAC/ministère de la Culture), les archéologues tombent sur un ensemble inattendu : un sol de mosaïque quasi intact, enfoui à faible profondeur.
La pièce mesure 1,56 m de côté. Elle présente des motifs géométriques et des représentations de dauphins, selon la Ville de Soissons. Sa datation est établie à la fin du Ier siècle de notre ère. Elle aurait orné le sol d’une domus - résidence de l’élite locale - de l’antique Augusta Suessionum, nom romain de Soissons, selon le Conseil départemental de l’Aisne et la Ville.
« Elle s’est affaissée, mais elle est bien conservée »
L’archéologue Johanny Lamant, responsable d’opération spécialisé Antiquité au Service archéologique départemental, conduit les relevés et prépare les étapes de dépose. Malgré un affaissement partiel du support, l’état de conservation est qualifié de bon par les équipes, comme le rapporte L’Union du 1er juin 2026.
La découverte est qualifiée de « première de ce type » par le service archéologique départemental pour Soissons. Elle s’inscrit dans un partenariat associant trois acteurs : le Service régional de l’Archéologie pour le pilotage scientifique et les autorisations, le Service archéologique du Département pour les fouilles et relevés, la Ville de Soissons pour la conservation et la valorisation futures, selon les deux communiqués officiels publiés les 3 et 5 juin 2026.
Le quartier Saint-Crépin, « Pompéi soissonnais »
La Ville de Soissons qualifie le quartier Saint-Crépin de « Pompéi soissonnais » dans une publication du 4 juin 2026. Il correspondait, entre le Ier et le IIIe siècle, à une zone résidentielle prestigieuse d’Augusta Suessionum. Les vestiges gallo-romains y sont régulièrement signalés lors de travaux ou de fouilles.
Ce n’est pas la première mosaïque mise au jour dans ce périmètre. En 1826, un pavement d’environ 7 × 7 mètres y avait déjà été découvert. Après restauration, il a été transféré au musée Saint-Léger de Soissons, où il est toujours conservé, selon la Ville. La nouvelle pièce s’inscrit donc dans une continuité archéologique documentée sur deux siècles.
Contexte dans l’Aisne
L’Aisne dispose d’un service archéologique départemental actif, rattaché au Conseil départemental, qui intervient en fouille préventive sur l’ensemble du territoire. Soissons, ancienne capitale des rois mérovingiens et cité épiscopale, concentre une stratigraphie antique et médiévale particulièrement dense. Le Service archéologique de l’Aisne liste plusieurs dizaines d’opérations conduites dans la ville et ses environs sur les dernières décennies, selon le site archeo.aisne.com.
La découverte boulevard Jean-Mermoz s’ajoute à un patrimoine archéologique soissonnais déjà bien documenté. Elle rappelle que les grands travaux d’infrastructure - réseaux de chaleur, tranchées de voirie - constituent des déclencheurs réguliers de trouvailles inattendues dans les centres anciens du département.
Prochaines étapes : dépose et musée à l’étude
Le Conseil départemental de l’Aisne étudie la possibilité de déposer tout ou partie de la mosaïque - notamment le médaillon central et les éléments les plus représentatifs - pour conservation, restauration et présentation au public. Le musée Saint-Léger de Soissons est envisagé comme lieu d’accueil, selon aisne.com et le site de la Ville. Aucune date précise n’a été communiquée à ce stade pour ces opérations.
Sources
- Conseil départemental de l'Aisne : Soissons : mosaïque antique exceptionnelle mise au jour
- Ville de Soissons : Une mosaïque exceptionnelle révèle une nouvelle page de l'histoire antique de la ville
- L'Union : Elle s'est affaissée mais elle est bien conservée : une grande mosaïque datant du Ier siècle découverte à Saint-Crépin
- Ville de Soissons : Dans les coulisses d'un chantier archéologique exceptionnel
