Sommet de l’OTAN : Carney vante les efforts de défense du Canada
A Ankara, le premier ministre canadien revendique l'atteinte du seuil de 2 % du PIB et multiplie les annonces militaires
Réuni à Ankara du 6 au 8 juillet 2026 avec ses homologues de l'OTAN, Mark Carney a mis en scène l'atteinte par le Canada de l'objectif de 2 % du PIB consacré à la défense. Sous-marins allemands, déclarations conjointes et rencontres bilatérales ont rythmé ce sommet présenté comme un tournant pour Ottawa.
L’essentiel
- Le sommet : les dirigeants de l’OTAN se sont réunis à Ankara, en Turquie, du 6 au 8 juillet 2026
- Le cap franchi : le Canada a confirmé en mars 2026 avoir atteint l’objectif de 2 % du PIB en dépenses de défense fixé par l’Alliance
- L’annonce industrielle : Mark Carney a annoncé le choix du groupe allemand TKMS pour la construction des futurs sous-marins canadiens
- Les textes signés : une déclaration conjointe avec le Royaume-Uni sur le financement de la défense, et une déclaration trilatérale avec l’Allemagne et la Norvège
- Les rencontres : entretiens bilatéraux avec les dirigeants de la Lettonie, du Danemark, des Pays-Bas, ainsi qu’avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy
Un sommet de trois jours à Ankara
C’est en Turquie que s’est joué, cette semaine, l’un des rendez-vous diplomatiques les plus suivis de l’année pour le Canada. Le sommet de l’OTAN s’est tenu à Ankara du 6 au 8 juillet 2026, réunissant les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Alliance, selon l’agence Anadolu et Newswire Canada. Mark Carney y représentait le Canada, dans un contexte où la question du partage du fardeau financier entre Alliés reste, depuis plusieurs années, un point de friction récurrent au sein de l’organisation.
Sur X, le compte officiel du bureau du premier ministre canadien a fait état d’un point de presse tenu par Mark Carney avant la clôture du sommet.
Le Canada franchit enfin le seuil des 2 %
Le fait marquant de ce sommet pour Ottawa reste l’atteinte de l’objectif de 2 % du produit intérieur brut consacré aux dépenses militaires, un seuil fixé de longue date par l’OTAN et que le Canada peinait à respecter. La confirmation en avait été donnée en mars 2026, selon Canada.ca et Radio-Canada. Mark Carney a insisté sur ce cap à Ankara, le qualifiant d’engagement militaire historique pour le pays, d’après le Journal de Montréal.
Sur son compte X, le premier ministre a lui-même souligné la portée symbolique de cette étape, évoquant une première depuis la chute du mur de Berlin.
Le gouvernement canadien annonce vouloir aller au-delà de ce seuil dans les prochaines années, sans toutefois préciser à ce stade de nouveau pourcentage cible ni de calendrier détaillé, selon Radio-Canada et le Journal de Montréal.
Sous-marins allemands et déclarations croisées
Le sommet a aussi été l’occasion d’une annonce industrielle attendue depuis longtemps par les forces armées canadiennes : Mark Carney a confirmé le choix du groupe allemand TKMS pour la construction des futurs sous-marins du Canada, rapporte La Tribune. Ce contrat s’inscrit dans le renforcement plus large des capacités militaires promis par Ottawa.
Sur le plan diplomatique, le premier ministre a signé une déclaration conjointe avec le Royaume-Uni portant sur le financement de la défense, ainsi qu’une déclaration trilatérale avec le chancelier allemand Friedrich Merz et le premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre, toujours consacrée au financement des efforts militaires, selon Newswire Canada. La Presse a par ailleurs relayé les propos de Mark Carney évoquant une nouvelle répartition en cours entre Alliés sur ces questions budgétaires.
Les dirigeants de l’OTAN se sont par ailleurs engagés collectivement, lors de ce sommet, à augmenter les dépenses de défense de plusieurs milliards, selon Le Droit et La Tribune, sans que le détail de la répartition entre pays membres n’ait été précisé dans les documents disponibles à ce stade.
Rencontres bilatérales en marge du sommet
Comme c’est l’usage lors de ces grands rassemblements diplomatiques, Mark Carney a multiplié les tête-à-tête. Il s’est entretenu avec les dirigeants de la Lettonie, Edgars Rinkēvičs, du Danemark, Mette Frederiksen, et des Pays-Bas, Rob Jetten, Premier ministre. Il a également rencontré le président turc Recep Tayyip Erdoğan, pays hôte du sommet, ainsi que le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, selon Newswire Canada. Le contenu précis de ces échanges n’a pas été détaillé publiquement à ce stade.
Contexte au Canada
Pour Ottawa, l’enjeu dépasse le seul affichage diplomatique. Le Canada a longtemps figuré parmi les membres de l’OTAN les plus en retard sur l’objectif des 2 % du PIB, une situation régulièrement pointée du doigt par les partenaires transatlantiques, notamment les États-Unis. L’annonce de mars 2026 marquait donc un changement de trajectoire budgétaire assumé par le gouvernement Carney, qui en a fait un argument central de sa politique étrangère. Le choix de TKMS pour les sous-marins s’inscrit dans cette même logique de montée en puissance des capacités militaires nationales, un dossier suivi de près par les chantiers et industries de défense canadiens.
Le prochain test pour Ottawa sera de traduire ces annonces d’Ankara en budgets concrets votés à la Chambre des communes, dans un contexte où les priorités de dépenses restent nombreuses.