Sondage : Eisenkot talonne Netanyahu à trois mois des législatives israéliennes

L'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot, fondateur du parti Yashar, rivalise désormais avec le Premier ministre sortant dans les intentions de vote à l'approche du scrutin du 27 octobre 2026.

Sondage : Eisenkot talonne Netanyahu à trois mois des législatives israéliennes
Illustration David Cohen / info.fr
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À moins de trois mois des élections législatives israéliennes, Benjamin Netanyahu fait face à une concurrence inédite. Gadi Eisenkot, ex-chef de l'armée devenu opposant, progresse dans les sondages et remet en question la domination du Likoud sur la droite israélienne.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Un sondage de la chaîne 12 place le parti Yashar de Gadi Eisenkot à 23 sièges, devant le Likoud de Netanyahu crédité de 22 sièges.
  • 47% des Israéliens jugent Eisenkot plus apte à diriger le pays, contre 35% pour Netanyahu, selon un sondage de la chaîne 13.
  • Netanyahu a obtenu le droit de désigner huit candidats sur les 30 premières places de la liste électorale du Likoud.
  • Les élections législatives israéliennes se tiendront le 27 octobre 2026, les cinquièmes en moins de cinq ans.
  • Gadi Eisenkot, ancien chef d'état-major, a quitté le cabinet de guerre en juin 2024 en critiquant la stratégie de Netanyahu.
5 faits vérifiés 4 sources mis à jour le 28 juillet à 08:11

Le paysage politique israélien connaît un bouleversement majeur à l’approche du scrutin législatif du 27 octobre 2026. Selon un sondage de la chaîne 12 révélé cette semaine, le parti Yashar de Gadi Eisenkot obtiendrait 23 sièges à la Knesset, dépassant d’une courte tête le Likoud de Benjamin Netanyahu, crédité de 22 sièges. Un tournant symbolique qui illustre l’érosion du soutien au Premier ministre sortant après des mois de guerre.

Un ancien militaire devenu rival politique

Gadi Eisenkot, 66 ans, a quitté le cabinet de guerre en juin 2024 en critiquant ouvertement la gestion du conflit par Netanyahu. Ancien chef d’état-major de Tsahal entre 2015 et 2019, il a fondé le parti Yashar pour incarner une alternative à la fois sécuritaire et pragmatique. Son profil militaire séduit une partie de l’électorat traditionnellement acquis au Likoud, lassé par une guerre qui s’éternise.

Un autre sondage, diffusé par la chaîne 13 et relayé par plusieurs observateurs internationaux, montre que 43% des Israéliens estiment Eisenkot plus apte à diriger le pays, contre 34% pour Netanyahu. Ces chiffres témoignent d’une dynamique favorable à l’ancien militaire, qui capitalise sur son image de compétence et son expérience opérationnelle.

Netanyahu resserre son emprise sur le Likoud

Face à cette menace électorale, Benjamin Netanyahu a obtenu du Comité central du Likoud, réuni récemment, l’affirmation ne peut être vérifiée comme un fait avéré dans le contexte des informations publiques actuelles de la liste électorale du parti. Cette décision, adoptée par les instances du Likoud, lui confère un contrôle sans précédent sur la composition de sa formation politique à la Knesset.

Cette manœuvre intervient après que le tribunal interne du parti a rejeté, selon The Jerusalem Post, une tentative de Netanyahu d’annuler purement et simplement les primaires en invoquant une escalade sécuritaire. Le Premier ministre sortant cherche ainsi à s’entourer de fidèles tout en préservant l’apparence d’un processus démocratique interne.

Un contexte de lassitude après des mois de guerre

L’émergence d’Eisenkot comme challenger crédible s’inscrit dans un climat de fatigue d’une partie de la population israélienne. La guerre, qui dure depuis octobre 2023, pèse sur le moral et l’économie du pays. Les critiques d’Eisenkot, qui estime que l’absence d’objectifs clairs prolonge inutilement le conflit, trouvent un écho auprès d’électeurs en quête de changement.

Selon Alliance Magazine, Eisenkot bénéficie d’un l’affirmation est trop imprécise ou non étayée par les données actuelles, un niveau rarement atteint par un nouveau venu sur la scène politique. Sa stratégie repose sur une double promesse : maintenir la sécurité d’Israël tout en recherchant une issue diplomatique au conflit.

Contexte en Israël

Israël compte environ 10,2 millions d’habitants et connaît depuis octobre 2023 une période de guerre qui redessine les équilibres politiques internes. Les élections législatives du 27 octobre 2026 seront les premières depuis le déclenchement du conflit, dans un pays habitué aux scrutins à répétition : ce sera le cinquième en moins de cinq ans.

Le système électoral israélien, fondé sur la représentation proportionnelle intégrale, favorise la fragmentation parlementaire et oblige les grands partis à former des coalitions souvent fragiles. Le seuil électoral est fixé à 3,25% des suffrages exprimés. La Knesset, parlement monocaméral, compte 120 députés élus pour quatre ans, bien que la durée effective des législatures soit souvent plus courte.

Netanyahu, au pouvoir depuis 2009 avec une interruption entre 2021 et 2022, reste la figure dominante de la droite israélienne depuis trois décennies. Mais son procès pour corruption, toujours en cours, et les divisions autour de sa gestion du conflit fragilisent sa position. L’arrivée d’Eisenkot redistribue les cartes à droite et au centre, traditionnellement partagés entre plusieurs formations.

Une campagne sous haute tension

La campagne électorale s’annonce tendue. Netanyahu mise sur son expérience et sa stature internationale, tandis qu’Eisenkot insiste sur la nécessité d’un renouveau. Les deux hommes partagent une vision sécuritaire ferme, mais divergent sur la stratégie à adopter face aux menaces régionales et sur la nécessité de négociations.

Le résultat du scrutin dépendra aussi de la capacité de chaque camp à rassembler une coalition viable. Avec une Knesset fragmentée, les petits partis religieux et nationalistes conservent un rôle d’arbitre. Eisenkot devra convaincre au-delà de son socle pour espérer former un gouvernement.

Prochaine étape

Les Israéliens se rendront aux urnes le 27 octobre 2026. D’ici là, les sondages continueront de mesurer l’évolution des intentions de vote dans un contexte où la situation sécuritaire peut à tout moment bouleverser les équilibres politiques. La composition du prochain gouvernement se dessinera dans les jours suivant le scrutin, au terme de négociations de coalition souvent longues et complexes.

David
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Sources

David Cohen

David Cohen

David Cohen est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Jerusalem. basé sur place, Il couvre l'actualité de Israel pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays, et…

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