Sorbonne : 500 manifestants pro-Palestine dispersés, 3 gardes à vue
La préfecture avait interdit le rassemblement place de la Sorbonne dans le 5e arrondissement de Paris ce 8 mai.
Environ 500 personnes se sont rassemblées place de la Sorbonne à Paris ce 8 mai, bravant une interdiction préfectorale. Le défilé s'est déroulé pacifiquement avant une dispersion par les forces de l'ordre. Trois gardes à vue ont été enregistrées, selon la préfecture de police.
Environ 500 personnes se sont rassemblées place de la Sorbonne à Paris ce 8 mai, bravant une interdiction préfectorale. Le défilé s’est déroulé pacifiquement avant une dispersion par les forces de l’ordre. Trois gardes à vue ont été enregistrées, selon la préfecture de police.
L’essentiel
- Interdiction : La préfecture de police de Paris avait formellement interdit le rassemblement pro-Palestine prévu place de la Sorbonne (5e arr.).
- Participation : Environ 500 personnes ont bravé l’interdiction, selon Le Monde.
- Dispersion et interpellations : La police a évacué la place ; 3 gardes à vue ont été enregistrées selon la préfecture.
- Contexte immédiat : La veille, le 7 mai, 88 interpellations avaient eu lieu lors de l’évacuation d’un amphithéâtre occupé à la Sorbonne ; 85 des 86 gardes à vue avaient été levées dès le 8 mai par le parquet de Paris.
- Autre rassemblement : Un rassemblement de soutien aux interpellés s’est tenu devant l’Hôtel de ville de Paris le même jour.
Une interdiction préfectorale bravée en milieu de journée
La préfecture de police de Paris avait interdit le rassemblement pro-Palestine prévu place de la Sorbonne, dans le 5e arrondissement. Malgré cet arrêté, environ 500 personnes se sont présentées sur les lieux vers midi, selon Le Monde. Le rassemblement s’est maintenu un moment avant l’intervention des forces de l’ordre.
La Ligue des droits de l’Homme (LDH), qui suit les mobilisations étudiantes pro-palestiniennes à Sciences Po et à la Sorbonne, a confirmé le déroulement pacifique du rassemblement avant l’évacuation.
Dispersion et trois gardes à vue
Les forces de l’ordre sont intervenues pour évacuer la place. La préfecture de police a communiqué sur X le bilan de l’opération : trois gardes à vue.
Ce chiffre est nettement inférieur à celui enregistré la veille. Le 7 mai, l’évacuation d’un amphithéâtre occupé à l’intérieur de l’université avait conduit à 88 interpellations, selon Le Monde et Ouest-France. Sur les 86 personnes placées en garde à vue à l’issue de cette opération, 85 ont été libérées dès le 8 mai, le parquet de Paris ayant levé les mesures.
La réaction du gouvernement
Le Premier ministre Gabriel Attal a réagi le 8 mai. Selon Le Point, il a déclaré : « Nous n’accepterons jamais qu’une minorité manipulée prétende faire la loi. Personne ne doit empêcher les autres de travailler, d’étudier, de réviser. » Il n’a pas commenté spécifiquement le bilan des gardes à vue levées par le parquet.
Un rassemblement de soutien devant l’Hôtel de ville
Parallèlement à la dispersion place de la Sorbonne, un second rassemblement s’est formé devant l’Hôtel de ville de Paris dans l’après-midi du 8 mai. Il réunissait des personnes venues soutenir les étudiants interpellés la veille.
Contexte dans le département de Paris
Paris concentre depuis l’automne 2023 l’essentiel des mobilisations pro-Palestine en France. Les premières marches, organisées après le 7 octobre 2023, avaient rassemblé plusieurs milliers de personnes dans la capitale. En 2024, les actions se sont déplacées vers les campus universitaires, avec un resserrement géographique et un durcissement des réponses préfectorales.
Le 29 avril 2024, une manifestation proche de la Sorbonne avait déjà réuni une centaine de participants, évacués sans incident majeur, selon France 24 et l’AP. L’escalade entre le 29 avril et le 8 mai - de 100 à 500 participants, et de zéro à 88 interpellations en une semaine - reflète une tension croissante autour du campus du 5e arrondissement. Cette journée du 8 mai, fériée, a également vu des commémorations du 81e anniversaire de la victoire de 1945 dans toute la France, dont à Créteil, en région parisienne.
La LDH a qualifié les interpellations du 7 mai d’illégales dans un communiqué, estimant que les évacuations touchaient des étudiants exerçant un droit de manifestation. La préfecture n’a pas répondu à cette qualification à ce stade.
Historique des mobilisations autour de la Sorbonne
L’université Paris-Sorbonne a déjà été le théâtre de grandes mobilisations étudiantes, notamment en mai 1968. Les occupations de 2024 s’inscrivent dans une vague internationale de protestations sur les campus, visible également aux États-Unis (Columbia, UCLA) et au Royaume-Uni. En France, Sciences Po Paris a aussi été concerné par des actions similaires durant la même période, avec des interpellations recensées par Le Point.
Le nombre total de gardes à vue liées aux mobilisations pro-Palestine autour des universités parisiennes depuis le 7 mai 2024 dépasse la centaine en deux jours, avant les levées décidées par le parquet. Ce niveau d’interpellations sur un campus n’avait pas été atteint à Paris depuis plusieurs décennies, selon les données disponibles dans la presse nationale.
Prochaine étape : le parquet de Paris devra se prononcer sur le sort de la garde à vue encore en cours issue de la dispersion du 8 mai. La LDH a indiqué suivre les suites judiciaires des interpellations du 7 mai.
Sources
- Le Point : Blocages pro-Gaza : des dizaines d'interpellations à la Sorbonne et à Sciences Po
- Le Monde : 85 des 86 gardes à vue parisiennes levées
- Ouest-France : Mobilisations pro-Palestine à la Sorbonne : 86 personnes placées en garde à vue
- LDH France : Répression de mobilisations étudiantes pro-palestiniennes à Sciences Po et à la Sorbonne