Sotta : les agriculteurs dans la rue pour exiger des aides contre la sécheresse

Le 10 avril, des exploitants de l'extrême sud de la Corse-du-Sud ont manifesté pour réclamer un soutien urgent face à la crise hydrique qui menace leurs récoltes de fruits.

Sotta : les agriculteurs dans la rue pour exiger des aides contre la sécheresse
Illustration Lisandru Marchetti / info.fr

Les agriculteurs de Sotta sont descendus dans la rue le 10 avril 2026. Leur cible : l'insuffisance des aides publiques face à une sécheresse qui pèse depuis plusieurs saisons sur les exploitations fruitières du sud de la Corse-du-Sud. La situation des barrages reste fragile, et les demandes d'indemnisation sont souvent classées sans suite.

La mobilisation a eu lieu le 10 avril à Sotta. Des agriculteurs de l’extrême sud de la Corse-du-Sud ont réclamé des aides immédiates pour faire face à la crise hydrique. En ligne de mire : les récoltes de fruits, menacées par un manque d’eau structurel qui s’aggrave d’année en année.

Des barrages à moitié vides

Au 5 janvier 2026, le niveau de remplissage cumulé des barrages de l’Ospedale et de Figari atteignait 45 %, contre 46 % un an plus tôt, selon la préfecture de Corse-du-Sud. Deux chiffres quasi identiques, et deux situations qui restent préoccupantes. Sotta fait partie des neuf communes de l’extrême sud soumises à des restrictions d’eau depuis l’automne 2025 - avec Bonifacio, Figari, Porto-Vecchio ou encore Zonza. Ces mesures visaient à éviter une rupture d’approvisionnement.

En 2025, des économies de plus de 8 000 m³ par jour ont été réalisées dans la région, ralentissant la sollicitation du barrage de Figari, selon France 3 Régions. Mais cela n’a pas suffi à protéger les exploitations. Une étude de l’institut Potsdam, publiée en février 2026, souligne que les conséquences du dérèglement climatique sont déjà visibles dans les fermes corses, avec un impact direct sur les récoltes de fruits.

Des indemnisations bloquées

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La colère des manifestants tient aussi aux refus administratifs. La Chambre d’agriculture de Corse signale que de nombreuses demandes d’indemnisation au titre des calamités agricoles liées à la sécheresse 2025 ont été classées sans suite. L’institution invite les exploitants concernés à la contacter pour engager des recours.

Sur le plan tarifaire, une avancée a été actée en novembre 2025 : l’Assemblée de Corse a adopté un dispositif plafonnant le coût de l’irrigation agricole à 250 €/ha pour les filières fourrage, céréales et élevage. La modernisation des bornes de comptage a débuté en janvier 2026, selon la Chambre d’agriculture de Corse.

Des dispositifs nationaux, mais incertains

À l’échelle nationale, le PLF 2026 triple le fonds hydraulique agricole à 60 millions d’euros, dans le cadre d’un plan d’urgence de plus de 300 millions d’euros, selon le ministère de l’Agriculture. Une aide couvrant 30 % des investissements anti-sécheresse (jusqu’à 40 000 € HT) est ouverte jusqu’au 31 décembre 2026 via FranceAgriMer. Un projet de loi d’urgence agricole, intégrant la politique de l’eau, devait être présenté en Conseil des ministres en mars 2026, avec adoption visée avant l’été.

Si ces mesures peuvent bénéficier aux agriculteurs de Corse-du-Sud, leur traduction concrète sur les exploitations de Sotta reste à confirmer. Les manifestants du 10 avril, eux, n’attendaient pas les textes : ils voulaient des réponses maintenant.

Sources

Lisandru Marchetti

Lisandru Marchetti

Correspondant à Ajaccio, suit la politique insulaire, les tensions nationalistes, le tourisme estival et les chantiers routiers. Diplômé de l'IUT info-com de Corte, il a grandi dans le Sartenais et connaît les clans locaux. Principe : ne jamais céder aux pressions, vérifier les marchés publics, interroger élus et militants, croiser les sources avant de conclure.

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