Soupçons de procurations frauduleuses à Clichy : deux adjoints au maire placés en garde à vue
Patrice Pinard et Sébastien Renault, respectivement adjoints à la sécurité et au numérique, ont été interpellés le 24 juin. L’enquête vise un système de fausses procurations lors des municipales de mars 2026.
Deux adjoints au maire de Clichy (Hauts-de-Seine) ont été placés en garde à vue mercredi 24 juin. Patrice Pinard et Sébastien Renault sont soupçonnés d’avoir organisé un système de fausses procurations lors du second tour des élections municipales de mars 2026.
L’essentiel
- Fait 1 : Patrice Pinard (adjoint à la sécurité) et Sébastien Renault (adjoint au numérique) ont été placés en garde à vue le 24 juin 2026.
- Fait 2 : L’enquête porte sur des suspicions de fausses procurations lors du second tour des municipales de mars 2026 à Clichy.
- Fait 3 : Le conseil municipal avait voté l’octroi de la protection fonctionnelle à Patrice Pinard le 3 avril 2026.
- Fait 4 : La candidate PS Julie Martinez a déposé sept plaintes pour usurpation d’identité et proféré des menaces de mort contre le maire LR Rémi Muzeau.
- Fait 5 : Cinq personnes au total ont été interpellées dans le cadre de l’enquête.
Deux adjoints en garde à vue
Mercredi 24 juin, Patrice Pinard, adjoint au maire chargé de la sécurité, et Sébastien Renault, adjoint au numérique, ont été interpellés puis placés en garde à vue, selon plusieurs sources concordantes. Les deux élus font partie des cinq personnes arrêtées ce jour-là dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet de Nanterre.
Des perquisitions avaient déjà été menées le 3 avril à l’hôtel de ville de Clichy. Le maire LR Rémi Muzeau s’était alors dit « satisfait » de cette opération, estimant qu’elle permettrait de faire la lumière sur les faits.
L’enquête sur les procurations
L’enquête porte sur des soupçons de fausses procurations lors du second tour des élections municipales de mars 2026. Le scrutin avait été très serré et avait abouti à la réélection de Rémi Muzeau. Selon le Parisien, la candidate socialiste Julie Martinez avait déposé sept plaintes pour usurpation d’identité, estimant que des procurations avaient été établies sans le consentement des électeurs.
L’affaire avait rapidement pris une tournure politique. Julie Martinez a depuis proféré des menaces de mort à l’encontre du maire, ce qui a conduit Rémi Muzeau à saisir le procureur de la République. Le Figaro rapporte que l’élue PS aurait déclaré : « Je vais faire mourir Rémi Muzeau en prison ». Le parquet a ouvert une enquête pour menaces de mort.
La protection fonctionnelle et les tensions
Le conseil municipal de Clichy avait voté le 3 avril l’octroi de la protection fonctionnelle à Patrice Pinard, adjoint mis en cause. Cette mesure permet à un élu de bénéficier de la défense juridique de la commune dans le cadre de poursuites liées à l’exercice de ses fonctions. La décision avait été prise en séance, comme l’atteste un acte officiel consulté.
Les tensions politiques locales sont vives depuis le scrutin. Julie Martinez conteste la régularité du résultat et a multiplié les actions en justice. De son côté, le maire Rémi Muzeau assure n’avoir « rien à cacher » et se dit confiant dans le travail de la justice.
Contexte dans les Hauts-de-Seine
Clichy est une commune de près de 50 000 habitants située dans le nord des Hauts-de-Seine, en proche banlieue parisienne. La ville est historiquement ancrée à droite, mais les dernières élections municipales ont vu une forte mobilisation de l’opposition de gauche. Ces soupçons de fraude électorale interviennent dans un climat politique déjà tendu, quelques mois après un autre scandale de procurations présumées dans le département voisin de Seine-Saint-Denis.
Dans un autre dossier judiciaire du 93, le procès de l’agresseur de personnes âgées de La Courneuve se tient actuellement à Bobigny.
L’enquête se poursuit. La garde à vue des deux adjoints peut durer jusqu’à 48 heures, avant une éventuelle prolongation ou une présentation à un juge.