Souveraineté alimentaire en Corrèze : l’État et la Chambre d’Agriculture lancent une concertation
Près de 40 acteurs agricoles et territoriaux réunis à Tulle le 23 juin pour élaborer un plan de résilience alimentaire local, attendu pour la fin de l’été.
Le préfet de la Corrèze, Vincent Berton, et le président de la Chambre d’Agriculture, Daniel Couderc, ont co-présidé le 23 juin à Tulle la première conférence départementale sur la souveraineté alimentaire. Une quarantaine de participants ont entamé un travail de diagnostic et de propositions, dont les conclusions sont attendues pour la fin de l’été 2026.
L’essentiel
- Conférence départementale le 23 juin 2026 à la préfecture de Tulle, co-présidée par le préfet Vincent Berton et Daniel Couderc.
- Près de 40 acteurs (agriculteurs, distributeurs, collectivités) mobilisés pour décliner localement la loi LOSARGA de 2025.
- Rendu attendu fin de l’été 2026 : un diagnostic partagé et des actions concrètes pour renforcer l’autonomie alimentaire de la Corrèze.
Une conférence pour construire un diagnostic partagé
La préfecture de Tulle a accueilli, le mercredi 23 juin 2026, la première conférence départementale sur la souveraineté alimentaire en Corrèze. Organisée conjointement par les services de l’État et la Chambre d’Agriculture, cette réunion visait à lancer une concertation locale autour de l’autonomie du territoire en matière de production et de distribution alimentaire. Selon la préfecture, près de quarante personnes ont participé aux échanges, représentant des producteurs, des transformateurs, des distributeurs et des élus locaux.
Les travaux, co-présidés par le préfet Vincent Berton et le président de la Chambre d’Agriculture Daniel Couderc, ont porté sur l’élaboration d’un diagnostic des forces et des faiblesses du système alimentaire corrézien. Les participants ont planché sur des pistes d’action concrètes, dont les premières propositions doivent être formalisées d’ici la fin de l’été 2026, comme l’a indiqué la préfecture sur son compte X.
Les acteurs du territoire mobilisés
La réunion a réuni une diversité de profils : agriculteurs, coopératives, représentants de la grande distribution, collectivités et chambres consulaires. L’objectif était de croiser les regards pour identifier les leviers d’action à l’échelle départementale. Parmi les thèmes abordés figurent le raccourcissement des circuits, le soutien aux filières locales (bovine, porcine, noix) et la sécurisation de l’accès aux intrants.
Daniel Couderc, président de la Chambre d’Agriculture, a souligné l’importance d’une approche collective : « Il s’agit de construire une vision partagée de ce que peut être notre autonomie alimentaire en Corrèze. Les agriculteurs sont en première ligne, mais les distributeurs et les collectivités ont aussi un rôle clé. » (source : compte-rendu de la conférence).
Contexte dans la Corrèze
Avec une superficie de 5 857 km² et une population d’environ 240 000 habitants (INSEE 2024), la Corrèze est un département rural où l’agriculture occupe une place centrale. Les filières principales sont l’élevage bovin (viande et lait), la production de noix, le porc et les cultures céréalières. La part de l’emploi agricole y est supérieure à la moyenne nationale (environ 6 % contre 2,5 %). Cependant, le département souffre d’une dépendance aux intrants extérieurs et d’une vulnérabilité aux aléas climatiques, comme l’a rappelé le préfet Vincent Berton en ouverture de la conférence.
Cette initiative locale s’inscrit dans un cadre national et régional plus large. La loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture (LOSARGA) a été adoptée en 2025. Son volet territorial prévoit des conférences départementales dans chaque préfecture. En Nouvelle-Aquitaine, la phase régionale a été lancée le 26 mars 2026 par le préfet de région qui était en fonction à cette date. Une conférence régionale à Bordeaux le 26 mai 2026 avait déjà réuni près de 200 participants.
Un processus national décliné localement
La conférence de Tulle fait suite à la démarche nationale initiée le 8 décembre 2025 par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Celle-ci avait alors demandé aux préfets d’organiser, dans chaque département, des concertations pour adapter les objectifs de la LOSARGA aux réalités locales. La Corrèze est ainsi l’un des premiers départements de Nouvelle-Aquitaine à avoir tenu sa conférence départementale.
Les participants ont convenu de se revoir d’ici septembre 2026 pour valider le diagnostic et les premières actions. Parmi les pistes évoquées : la création d’une plateforme logistique pour les circuits courts, le renforcement de l’accompagnement technique pour la conversion en bio, et des contrats territoriaux entre producteurs et cantines scolaires.
Prochaine étape : la restitution des travaux lors d’une réunion plénière prévue à la Chambre d’Agriculture de Tulle en septembre 2026.