Stan Wawrinka tire sa révérence à Gstaad après une défaite
Le Suisse de 41 ans a perdu son dernier match sur le Roy Emerson Arena face au Portugais Jaime Faria, avant de recevoir un hommage vibrant
Le Suisse de 41 ans a perdu son dernier match à Gstaad face au Portugais Jaime Faria. Une cérémonie d'adieu s'est tenue juste après, avec skis personnalisés et messages de Tsitsipas et Ruud.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
La fin d'une génération dorée suisse
Après Federer (retraite en 2022) et avant la retraite définitive de Wawrinka fin 2026, le tennis suisse perd ses deux derniers champions du Grand Chelem. Une page se tourne.
Le défi des adieux dignement organisés
Contrairement à Nadal ou Monfils, Wawrinka a reçu son hommage après une défaite au 1er tour. Le protocole ATP des cérémonies d'adieu reste flou et inégalitaire.
Gstaad, berceau et terminus symbolique
Wawrinka a disputé 14 participations à Gstaad depuis ses débuts ATP en 2003, y atteignant sa première finale en 2005. Ce tournoi incarne toute sa carrière.
Un dernier rendez-vous à Bâle en octobre
L'ATP 500 de Bâle (24 octobre - 1er novembre 2026) accueillera la dernière apparition officielle de Wawrinka, avec un « Super Monday » d'hommage prévu le 26 octobre.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2003
Débuts à Gstaad
Première wild card ATP à 18 ans [^f11]
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2005
Première finale ATP
Atteint la finale à Gstaad [^f29]
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2015
Victoire Roland-Garros
Remporte son 2e Grand Chelem avec le short iconique [^f18]
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2023
Titre en double
Vainqueur du double à Gstaad avec Dominic Stricker [^f30]
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14 juil. 2026
Adieux à Gstaad
Défaite face à Faria et cérémonie d'hommage [^f9]
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26 oct. 2026
Super Monday à Bâle
Dernière apparition officielle prévue [^f42]
Le service passe au ras du filet. Le retour de Faria claque sur la ligne. Wawrinka regarde la balle mourir dans son camp, les bras le long du corps. 6-7 (8), 6-4, 6-4. Deux heures et 38 minutes pour refermer 23 ans de carrière sur ce court.
Le Suisse de 41 ans n’a pas tremblé au service, 16 aces, mais n’a converti aucune de ses six balles de break. En face, Jaime Faria - 92e mondial - a pris ce qu’il fallait prendre. Après le point de match, il baisse les yeux. « Désolé d’avoir gâché la fête » - lâchera-t-il plus tard au micro.
La fête, justement, commence dès la balle de match. Les organisateurs montent une scène au milieu du court. Jeff Collet et Julien Finkbeiner - directeurs du tournoi, font venir Marco Chiudinelli - Michael Lammer et Severin Lüthi - les coéquipiers de Coupe Davis. Un ramasseur de balles apporte une paire de skis. Pas n’importe lesquels: le même motif géométrique que le short de Roland-Garros 2015 - imprimé sur les spatules.
Wawrinka prend les skis, sourit, ne dit rien tout de suite. Dans les tribunes, quelqu’un brandit une pancarte en son honneur. Sur l’écran géant, un montage vidéo défile. Stefanos Tsitsipas apparaît en premier, puis Casper Ruud: « Salut Stan, je voulais juste te féliciter pour cette carrière incroyable que tu as eue. Mes meilleurs souvenirs sur le court sont tes trois victoires en Grand Chelem. Les trois étaient magnifiques, la façon dont tu l’as fait. Merci d’avoir été une grande source d’inspiration pour moi et beaucoup d’autres joueurs ».
Quand le micro lui revient, Wawrinka hésite. « Je ne veux pas prendre ma retraite, mais je sais qu’il est temps pour moi d’arrêter ». Sa voix casse sur la fin. Les gradins se lèvent. Il salue une dernière fois, les skis sous le bras, et quitte le court par la porte du fond.
Gstaad, berceau et terminus
C’est ici, en 2003 - que Wawrinka a obtenu sa première wild card ATP. Il avait des cheveux longs et un revers à deux mains que personne ne connaissait encore. En 2005 - il atteint sa première finale sur le circuit à Gstaad. Il perd, mais le signal est donné: ce gamin-là tiendra la distance.
Plus de deux décennies plus tard, il revient pour la 14e et dernière fois. Entre-temps, trois titres du Grand Chelem et cette réputation de cogneur capable de renverser n’importe qui sur un coup de raquette. Mais aussi des blessures à répétition, un genou qui lâche, et ce long glissement dans le classement. Le 14 juillet 2026 - il pointe au 117e rang mondial.
Deux jours avant le match, le tournoi avait organisé une « Stan’s Farewell Party » dans le village, avec le musicien Bastian Baker - des séances d’autographes et un DJ set. Ambiance kermesse et nostalgie. Les fans venaient chercher une dernière photo, un dernier autographe. Wawrinka signait en silence, un œil sur la montre. Il savait qu’il fallait encore jouer le match.
Une cérémonie après la défaite
Le tennis professionnel organise rarement des cérémonies d’adieu avant l’élimination. Rafael Nadal a eu droit à la sienne à Roland-Garros en mai 2025 - avec Federer, Djokovic et Murray au garde-à-vous. Gaël Monfils a reçu son hommage à Monte-Carlo en avril 2026. Dominic Thiem - John Millman et Joao Sousa ont été honorés lors de cérémonies de retraite fin 2024.
Mais Wawrinka, lui, a eu sa cérémonie après une défaite au premier tour. Pas de victoire pour finir en beauté. Pas de tour d’honneur après un quart de finale héroïque. Juste un match perdu, et la scène montée quand même. Le sport ne fait pas de cadeaux, même aux légendes. Faria a joué pour gagner, Wawrinka a perdu, et la vie continue.
Ce geste révèle une décision délibérée des directeurs du tournoi. Collet et Finkbeiner savaient que le classement de Wawrinka (117e ) rendait une longue course improbable. Organiser l’hommage dès le premier tour garantissait la présence du public et des médias, quelle que soit l’issue. L’ATP ne dispose d’aucun protocole uniforme pour ces adieux: chaque tournoi décide selon ses moyens et son lien avec le joueur. Gstaad, berceau de Wawrinka, ne pouvait pas le laisser partir sans cérémonie.
« Je ne veux pas »
Cette phrase de Wawrinka, « Je ne veux pas prendre ma retraite », résume la contradiction qui accompagne toute fin de carrière subie. Il ne veut pas, mais il sait. Le corps ne suit plus. Le classement s’effondre. Les wild cards se raréfient. À 41 ans - 117e mondial - incapable de convertir une seule balle de break - Wawrinka fait face à une réalité arithmétique: les victoires ne viennent plus.
Pourtant, sa déclaration trahit une volonté intacte. Pas de lassitude, pas de dégoût du circuit. Juste un genou qui ne tient plus la distance, un revers qui arrive une fraction de seconde trop tard. La retraite n’est pas un choix; c’est une capitulation devant l’évidence. D’où les skis, les larmes retenues, et ce silence après le dernier point. Ce qui reste: une paire de skis et cette phrase qu’il a lâchée avant de partir. « Je ne veux pas. » Mais il part quand même.
Après Federer, le crépuscule suisse
Avec le départ de Wawrinka, le tennis suisse perd son dernier champion du Grand Chelem en activité. Roger Federer a pris sa retraite à la Laver Cup, les larmes aux yeux, la main de Nadal dans la sienne. Wawrinka suit quelques années plus tard, dans un contexte moins flamboyant mais tout aussi symbolique. Entre 2003 et 2026, ces deux hommes ont porté le tennis suisse au sommet: une Coupe Davis, et une domination qui semblait éternelle.
Derrière eux, la relève peine à s’imposer. Dominic Stricker - qui a remporté le double à Gstaad en 2023 aux côtés de Wawrinka, reste le plus prometteur, mais son classement oscille autour de la 100e place. Leandro Riedi et Jérôme Kym tentent de percer, sans garantie. La Suisse, habituée à compter sur deux légendes, devra désormais reconstruire sans filet. La transition s’annonce longue.
Bâle pour finir
Le dernier tournoi de Wawrinka sera l’ATP 500 de Bâle, du 24 octobre au 1er novembre 2026. Un « Super Monday » est prévu le 26 octobre - jour où Wawrinka disputera probablement son ultime match sur le circuit. Les organisateurs préparent une cérémonie d’envergure: projections vidéo, invités d’honneur, peut-être même une apparition de Federer, qui a fait de Bâle son fief pendant deux décennies.
Contrairement à Gstaad, où l’hommage s’est déroulé dans l’intimité d’un tournoi ATP 250, Bâle bénéficie d’une infrastructure plus importante et d’une couverture médiatique internationale. Le « Super Monday » est conçu comme un événement à part entière, avec des matchs d’exhibition et des témoignages filmés. Wawrinka sait qu’il jouera devant une salle comble. Cette fois, ce sera vraiment la fin. Plus de skis, plus de montagne. Juste un court, une dernière fois.
En 2023, Wawrinka avait encore remporté le double à Gstaad avec Dominic Stricker. Trois ans plus tard, il repart avec des skis et un dernier souvenir. Le court central se vide. Les ramasseurs de balles ramassent les serviettes. Demain, un autre match.
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Sources
- Reuters - ATP roundup: Stan Wawrinka bids farewell to Gstaad
- Tennis Tonic - Stan Wawrinka receives farewell gift from home crowd in Gstaad
- ATP Tour - Wawrinka honored in Gstaad ceremony
- RTS Sport - Tennis: Stan Wawrinka apporte sa tournée d'adieu à Gstaad
- Blick - Tennis: Stan Wawrinka éliminé au 1er tour à Gstaad
- Tennis World USA - Jaime Faria has classy message for retiring Stan Wawrinka
- Tennis Actu - ATP Gstaad: pour ses adieux, Stan Wawrinka a reçu un cadeau très suisse
- Eurosport - Live Jaime Faria - Stan Wawrinka
