Statue de Dreyfus inaugurée devant la Cour de cassation
Pour la première Journée nationale dédiée à sa réhabilitation, Emmanuel Macron a inauguré ce dimanche l'emplacement définitif de la statue du capitaine Dreyfus.
Ce 12 juillet 2026, Paris a accueilli la première Journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l'innocence d'Alfred Dreyfus. Emmanuel Macron a inauguré, devant la Cour de cassation, l'emplacement définitif de la statue du capitaine, réalisée par le sculpteur Tim.
L’essentiel
- Décret : le décret n° 2026-598 du 7 juillet 2026 institue la première Journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l’innocence d’Alfred Dreyfus.
- Inauguration : la statue du capitaine Dreyfus, œuvre du sculpteur Tim (Louis Mitelberg), a été installée à son emplacement définitif devant la Cour de cassation à Paris.
- Anniversaire : la date choisie marque les 120 ans de l’arrêt du 12 juillet 1906, par lequel la Cour de cassation a définitivement réhabilité Alfred Dreyfus.
- Présidence : Emmanuel Macron a présidé la cérémonie, sans mention de présence de descendants d’Alfred Dreyfus.
- Historique : l’œuvre était initialement destinée à l’École militaire en 1985, avant plusieurs déplacements successifs.
La cérémonie s’est déroulée ce dimanche matin devant la Cour de cassation, dans le centre de Paris. Selon la Ville de Paris, la statue du capitaine Dreyfus a été officiellement installée à son emplacement définitif, achevant un parcours entamé quatre décennies plus tôt.
Une statue qui a mis 40 ans à trouver sa place
L’œuvre, signée par le sculpteur Louis Mitelberg, dit Tim, décédé en 2002, représente Dreyfus debout, un sabre brisé à la main. Elle évoque la dégradation publique de l’officier en 1895, selon La Clé Publique. Le projet remonte à 1985 : la statue était alors prévue pour le palais de justice, avant de connaître plusieurs déplacements dans la capitale au fil des décennies, toujours selon la même source.
Devant la Cour de cassation, elle trouve désormais un emplacement en lien direct avec l’histoire judiciaire de l’affaire : c’est cette juridiction qui a définitivement réhabilité Alfred Dreyfus le 12 juillet 1906, d’après Cairn.info. La date du 12 juillet n’a donc pas été choisie au hasard pour cette première commémoration nationale.
Macron alerte sur la résurgence de l’antisémitisme
Emmanuel Macron a présidé la cérémonie nationale, en présence de descendants d’Alfred Dreyfus, selon RTL Infos. Le président a profité de cet hommage pour appeler à la vigilance face au retour de l’antisémitisme et à honorer les Justes sur les lieux mêmes où ils ont sauvé des personnes juives, toujours d’après RTL Infos.
Sur le réseau social X, la mairie de Paris Centre a confirmé le déroulé de la matinée : le maire du secteur a salué l’inauguration de cette statue intitulée « Hommage au capitaine Dreyfus ». L’adjointe Dorine Bregman a également fait état de sa présence aux côtés du chef de l’État pour cette inauguration.
Une journée désormais inscrite au calendrier national
Le décret n° 2026-598, signé le 7 juillet 2026 et publié au Journal officiel, institue la Journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l’innocence d’Alfred Dreyfus, selon Légifrance. Elle se tiendra désormais chaque année à la même date. D’autres cérémonies ont eu lieu ce même 12 juillet en région, notamment à Dijon, où une commémoration a également été organisée contre l’antisémitisme.
Contexte à Paris Centre
La Cour de cassation se trouve sur l’île de la Cité, au cœur du secteur Paris Centre, qui regroupe les quatre premiers arrondissements de la capitale. Ce quartier concentre une grande partie des institutions judiciaires et patrimoniales de la ville, entre Palais de justice, cathédrale Notre-Dame et Hôtel de Ville. L’installation définitive de la statue Dreyfus à cet endroit ancre la mémoire de la réhabilitation judiciaire au plus près du lieu où elle a été prononcée en 1906. D’autres hommages officiels ont marqué le mois de juillet ailleurs en France, comme à Cayenne lors de la Journée de la Police Nationale.
La cérémonie de ce 12 juillet s’inscrit ainsi dans un calendrier commémoratif encore récent, dont les prochaines éditions annuelles permettront de mesurer la portée dans la durée.