STEOM : le premier stérilet masculin sans hormones, conçu à Lille
Une équipe du CHU de Lille développe un dispositif mécanique réversible pour hommes, breveté en 2025, avec des essais précliniques prévus dès mai 2026.
Une médecin andrologue du CHU de Lille, Julie Prasivoravong, mène depuis 2021 le développement du STEOM, premier dispositif contraceptif masculin réversible et sans hormones. Le projet, breveté en 2025 et primé en janvier 2026, entre dans sa phase préclinique ce mois-ci.
Une médecin andrologue du CHU de Lille, Julie Prasivoravong, mène depuis 2021 le développement du STEOM, premier dispositif contraceptif masculin réversible et sans hormones. Le projet, breveté en 2025 et primé en janvier 2026, entre dans sa phase préclinique ce mois-ci.
L’essentiel
- Brevet : le STEOM est breveté depuis 2025 ; la start-up associée sera lancée fin 2026.
- Essais : les premiers tests précliniques sur animaux débutent en mai 2026, en partenariat avec l’université de Liège.
- Contexte : 251 270 IVG ont été réalisées en France en 2024, en hausse de 7 000 par rapport à 2023 (DREES).
- Vasectomies : le nombre d’interventions est passé de 1 940 en 2010 à 30 288 en 2022 (Assurance Maladie / EPI-PHARE).
- Prix : lauréat du Challenge Inclusion du groupe APICIL en janvier 2026, catégorie Produit & Service.
Un dispositif mécanique, posé en ambulatoire
Le STEOM fonctionne sans hormones. Il agit mécaniquement en bloquant le passage des spermatozoïdes, sans modifier la libido ni le profil hormonal du patient. Selon Le Point, il se poserait au niveau du scrotum, sous anesthésie locale, en ambulatoire, et serait conçu pour durer trois ans.
Le dispositif est réversible : c’est précisément ce point qui le distingue de la vasectomie, seule alternative chirurgicale existante. Julie Prasivoravong le dit sans ambages dans Le Point : « En matière de contraception, je veux offrir plus de choix aux hommes que le préservatif ou les méthodes dites naturelles comme le retrait. »
Une équipe lilloise, un projet initié en 2021
Le projet réunit quatre personnes : Julie Prasivoravong, andrologue au CHU de Lille et au CH de Lens, son frère Dominique Prasivoravong (futur directeur général de la start-up), Jessica Schiro, docteure en biomécanique au CHU de Lille, et Justine Mauro. La démarche a démarré en 2021.
Le STEOM a été breveté en 2025. La structure juridique - une start-up dédiée - doit être lancée d’ici fin 2026, selon les informations relayées par Le Point et corroborées par le site Vibration.
Mai 2026 : cap sur les essais précliniques à Liège
Aucun test sur l’humain n’a encore été conduit. Les premiers essais précliniques sur animaux doivent débuter en mai 2026, en collaboration avec l’université de Liège. C’est la prochaine étape obligatoire avant tout essai clinique humain.
Selon Le Point, la mise sur le marché est espérée dans sept à dix ans, soit entre 2033 et 2036. Ce calendrier tient compte des phases réglementaires habituelles pour un dispositif médical implantable.
À titre de comparaison, la pilule VDPHL01 contre la calvitie, actuellement en phase 3 d’essais cliniques, suit un processus similaire de validation longue avant toute commercialisation.
Contexte dans le Nord
Le CHU de Lille est l’un des cinq CHU de référence en France. Il emploie plus de 15 000 agents et constitue le premier employeur de la métropole lilloise. L’établissement héberge régulièrement des projets d’innovation médicale, notamment en urologie et andrologie.
Le Nord concentre plusieurs acteurs de la medtech et de la santé numérique, dans le sillage du pôle de compétitivité Eurasanté implanté à Loos, en périphérie de Lille. Le lancement d’une start-up issue du CHU s’inscrit dans cette dynamique locale de valorisation de la recherche hospitalière.
Un déséquilibre contraceptif documenté
Les chiffres qui ont motivé Julie Prasivoravong sont publics. En France, les vasectomies ont été multipliées par quinze en douze ans : 1 940 en 2010, 30 288 en 2022, selon l’Assurance Maladie et EPI-PHARE. La méthode est définitive dans la grande majorité des cas.
Parallèlement, la DREES recense 251 270 IVG en 2024, soit 7 000 de plus qu’en 2023. Ces deux tendances convergentes constituent, selon les porteurs du projet, le signal d’un manque de solutions intermédiaires pour les hommes.
Historiquement, la contraception masculine en France repose sur le préservatif et la vasectomie, autorisée depuis 2001. La contraception thermique, méthode non chirurgicale, est utilisée par un peu plus d’un millier d’hommes selon les estimations disponibles vers 2022 (Wikipedia / Actu.fr). Le STEOM tenterait de combler ce vide avec un dispositif implantable et réversible. Des recherches sont également en cours sur d’autres approches médicales, comme en témoigne l’actualité récente autour de nouvelles molécules développées hors des circuits pharmaceutiques classiques.
Dans le domaine de la santé publique, d’autres initiatives locales montrent que la mobilisation citoyenne et médicale peut prendre des formes variées : des collectes mobiles de don de sang sont ainsi organisées régulièrement en Seine-Saint-Denis pour pallier les tensions sur les stocks.
Les essais précliniques à Liège doivent livrer leurs premiers résultats avant que l’équipe puisse déposer un dossier d’essai clinique humain auprès des autorités sanitaires. Le calendrier de la start-up, attendue fin 2026, conditionnera la suite du financement.
Sources
- Le Point : Le tout premier « stérilet pour homme » développé par une équipe lilloise
- La Gazette France : STEOM, le stérilet pour homme créé à Lille, lauréat du Challenge Inclusion
- L'Essentiel : Une start-up lilloise veut mettre au point un stérilet pour homme
- Vibration : Une entreprise lilloise a créé le stérilet pour homme