Strasbourg : les HUS ouvrent une enquête interne après la déprogrammation de Gérard Bensussan
Le directeur général des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg a immédiatement diligente une enquête après la déprogrammation du philosophe juif.
Les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg ont annoncé, le 8 juin 2026, l'ouverture d'une enquête interne après la déprogrammation de Gérard Bensussan, professeur émérite de philosophie à l'Université de Strasbourg, d'une conférence organisée au CHU. L'affaire soulève des accusations d'ostracisation des enseignants juifs.
L’essentiel
- Enquête ouverte : le directeur général des HUS a immédiatement diligente une enquête interne après la déprogrammation de la conférence de Gérard Bensussan.
- Le conférencier : Gérard Bensussan est professeur émérite de philosophie à l’Université de Strasbourg ; la conférence portait sur la vieillesse.
- Motif invoqué : les organisateurs ont justifié la déprogrammation par « le contexte actuel tendu » et des raisons de sécurité.
- Position des HUS : l’établissement rappelle que « toute forme d’antisémitisme est strictement proscrite » en son sein.
- Lien institutionnel : le collectif organisateur « Rocher dans la tempête » n’a pas de rattachement aux HUS, qui n’ont pas été consultés.
Une déprogrammation qui interroge
Gérard Bensussan, professeur émérite de philosophie à l’Université de Strasbourg, devait intervenir dans le cadre d’une conférence sur la vieillesse organisée au CHU de Strasbourg. La conférence a été annulée avant sa tenue. Selon France 3 Grand Est, les organisateurs ont évoqué « le contexte actuel tendu » et des raisons de sécurité pour justifier cette décision.
Bensussan a publiquement dénoncé ce qu’il qualifie d’« ostracisation des enseignants juifs ». L’affaire a rapidement débordé du cadre hospitalier pour alimenter un débat plus large sur la place des intellectuels juifs dans les institutions publiques françaises.
La réaction des HUS : enquête immédiate
Dans un communiqué publié le 8 juin 2026, les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg ont annoncé que le directeur général avait « immédiatement diligente une enquête interne ». L’établissement précise que « toute forme d’antisémitisme est strictement proscrite au sein de la communauté hospitalière des HUS, conformément aux valeurs de respect, d’égalité et de dignité qui fondent le service public hospitalier », selon les Dernières Nouvelles d’Alsace.
Les HUS apportent également une précision importante sur le cadre organisationnel : le collectif « Rocher dans la tempête », à l’origine de l’événement, n’a pas de rattachement institutionnel à l’établissement. Les HUS indiquent n’avoir pas été consultés dans l’organisation de la conférence.
Une version contestée par l’organisatrice
Marie-Pierre Douchet, cardiologue aux HUS et membre du collectif « Rocher dans la tempête », conteste le terme même de « déprogrammation ». Elle parle d’un simple « report » pour des raisons de faisabilité, selon France 3. Elle n’a pas répondu publiquement sur le motif du « contexte tendu » avancé par ailleurs.
Cette divergence de versions - déprogrammation pour le philosophe, report logistique pour l’organisatrice - est précisément l’un des points que l’enquête interne devra clarifier. La tension entre les deux récits reste entière à ce stade.
Contexte dans le Bas-Rhin
Strasbourg occupe une place particulière dans le paysage hospitalier et universitaire français. Les HUS constituent l’un des principaux centres hospitalo-universitaires du pays. L’Université de Strasbourg, dont Bensussan est professeur émérite, est la première université de France par le nombre d’étudiants.
Le Bas-Rhin est aussi une région où la mémoire de la Seconde Guerre mondiale reste prégnante. Les institutions civiles du département sont régulièrement mobilisées sur des questions liées à la mémoire et au vivre-ensemble. L’affaire Bensussan prend donc une résonance particulière dans ce contexte local.
La polémique s’inscrit par ailleurs dans un climat national tendu sur la question de l’antisémitisme dans les milieux académiques et hospitaliers, signalé par plusieurs observateurs depuis 2023. D’autres dossiers strasbourgeois récents illustrent la visibilité croissante de la ville dans le débat public national.
Prochaine étape
Les conclusions de l’enquête interne diligentée par le directeur général des HUS n’ont pas encore été rendues publiques. Aucun calendrier n’a été communiqué à ce stade par l’établissement.