Strasbourg : l’IGA enquête sur le management du préfet Amaury de Saint-Quentin
Deux inspecteurs de l'administration ont conduit des auditions mi-mai 2026 à la préfecture du Bas-Rhin, sur saisine du ministre de l'Intérieur.
L'Inspection générale de l'administration (IGA) mène une enquête sur des problèmes de management à la préfecture du Bas-Rhin. Les auditions, engagées les 11 et 12 mai 2026, visent notamment le préfet Amaury de Saint-Quentin, en poste depuis novembre 2025. Elles étaient toujours en cours fin mai.
L’essentiel
- Saisine ministérielle : le ministre de l’Intérieur a diligenté l’IGA à la préfecture du Bas-Rhin ; deux inspecteurs ont conduit des auditions les 11 et 12 mai 2026.
- Deux personnes visées : l’enquête porte sur le management du préfet Amaury de Saint-Quentin et d’une seconde personne, selon ICI Alsace.
- Arrêt maladie depuis le 2 mars 2026 : la directrice de cabinet est en arrêt depuis cette date, un lien étant évoqué avec le climat de travail décrit.
- Rapport confidentiel : le document final sera remis uniquement au ministre, sans pouvoir de sanction directe de l’IGA ; seul le Conseil des ministres peut démettre un préfet.
- En poste depuis le 19 novembre 2025 : Amaury de Saint-Quentin a été nommé par décret présidentiel en remplacement de Jacques Witkowski.
Des auditions conduites mi-mai à la préfecture
Deux inspecteurs de l’IGA se sont rendus à la préfecture du Bas-Rhin les 11 et 12 mai 2026. Leur mission : recueillir des témoignages sur le management interne, à la suite de signalements transmis au ministère de l’Intérieur. D’après ICI Alsace, les auditions n’étaient pas terminées fin mai.
L’enquête porte sur deux personnes. L’une d’elles est le préfet Amaury de Saint-Quentin, mis en cause pour des pratiques de management décrites comme toxiques, avec des signalements évoquant harcèlement moral, mise à l’écart de collaborateurs et souffrances au travail. La deuxième personne visée est celle qui serait à l’origine des signalements contre le préfet, selon le même média.
Un arrêt maladie au cœur du déclenchement
La directrice de cabinet du préfet est en arrêt maladie depuis le 2 mars 2026. ICI Alsace et les Dernières Nouvelles d’Alsace évoquent un lien possible avec le climat de travail décrit dans les signalements. Le terme d’« inimitiés » figure dans les éléments rapportés par la presse régionale.
Rue89 Strasbourg, qui a également couvert l’affaire, parle de tensions au sein des services strasbourgeois et de « rapports toxiques » documentés dans les signaux remontés à Paris.
Un périmètre d’enquête étendu à la Bretagne
Les investigations ne se limitent pas au Bas-Rhin. Selon ICI Alsace et les DNA, des vérifications sont également menées en Ille-et-Vilaine, où Amaury de Saint-Quentin a exercé en tant que préfet de région Bretagne du 10 octobre 2024 au 19 novembre 2025. Des faits similaires auraient été signalés dans ce département.
Cette extension géographique élargit le périmètre de l’enquête au-delà du seul passage strasbourgeois du préfet. La préfecture du Bas-Rhin n’a pas fait de déclaration publique sur ce point.
Contexte dans le Bas-Rhin
Amaury de Saint-Quentin est préfet de la région Grand Est et du Bas-Rhin depuis le 19 novembre 2025, nommé par décret du Président de la République en remplacement de Jacques Witkowski. Né le 24 décembre 1960 à Sydney, il est un haut fonctionnaire avec une carrière préfectorale étendue : Ardèche (2008-2011), Guadeloupe (2011-2013), La Réunion (2017-2019), Val-d’Oise (2019-2022), Corse (2022-2024), puis Ille-et-Vilaine/Bretagne, selon Wikipedia et le site officiel de la préfecture du Bas-Rhin.
La préfecture du Bas-Rhin est le siège de la région Grand Est, la plus grande région administrative de France métropolitaine en superficie. Elle coordonne l’action de l’État sur un territoire de 1,1 million d’habitants dans le seul département du Bas-Rhin. Le poste de préfet y est l’un des plus exposés médiatiquement en dehors de l’Île-de-France.
L’IGA a conduit 19 enquêtes administratives en 2023, selon ICI Alsace. Ces missions sont régulières mais rarement rendues publiques. Le rapport final est confidentiel et transmis uniquement au ministre : l’IGA n’a pas de pouvoir de sanction directe. Si des suites disciplinaires devaient être envisagées contre un préfet, elles passeraient par un décret en Conseil des ministres, sans obligation de motivation.
Quelle suite pour le préfet ?
Aucune date de remise du rapport n’a été communiquée. La préfecture n’a pas répondu publiquement aux questions des médias régionaux. Le ministre de l’Intérieur dispose seul des conclusions de l’IGA et décidera des éventuelles suites. En Alsace, d’autres institutions préfectorales suivent ce dossier avec attention, dans un contexte où le fonctionnement des services déconcentrés de l’État est sous surveillance.
Les auditions se poursuivent. La prochaine étape dépend de la remise du rapport confidentiel au ministre, dont l’échéance n’a pas été précisée à ce stade.
Sources
- ICI Alsace / France Bleu : INFO ICI Alsace - Une enquête de l'IGA diligentée à la préfecture du Bas-Rhin
- ICI Alsace : Préfecture du Bas-Rhin : l'enquête de l'IGA porte sur deux personnes, dont le préfet
- Dernières Nouvelles d'Alsace : La préfecture du Bas-Rhin fait l'objet d'une inspection
- Rue89 Strasbourg : Bas-Rhin : l'IGA enquête sur des rapports toxiques à la préfecture