Strasbourg : 40 syndicats agricoles européens manifestent le 16 juin contre les NTG/OGM
La veille du vote au Parlement européen, une coalition de plus de 40 organisations agricoles se rassemble devant l'hémicycle strasbourgeois.
Le 16 juin 2026, de 8h à 12h, plus de 40 syndicats et organisations agricoles européens manifestent devant le Parlement européen à Strasbourg. Leur objectif peser sur le vote prévu le lendemain sur la déréglementation des nouvelles techniques génomiques (NTG). L'appel est lancé par la Confédération Paysanne et la Coordination européenne Via Campesina (ECVC).
L’essentiel
- Date et lieu : Manifestation le 16 juin 2026 de 8h à 12h devant le Parlement européen à Strasbourg.
- Coalition : Plus de 40 syndicats agricoles et organisations de plusieurs pays européens (France, Allemagne, Italie, Belgique, Autriche…).
- Vote imminent : Le Parlement européen vote le 17 juin 2026 sur la proposition de déréglementation des nouvelles techniques génomiques (NTG).
- Précédent institutionnel : 18 États membres, dont la France, ont voté favorablement au Conseil le 21 avril 2026.
- Cadre juridique : Depuis l’arrêt de la CJUE du 25 juillet 2018, les NTG sont classées comme OGM et soumises à la réglementation en vigueur.
Un rassemblement la veille du vote
La mobilisation est programmée au plus près de l’échéance législative. Le 16 juin 2026, de 8h à 12h, des représentants de plus de 40 syndicats agricoles et organisations paysannes europénnes convergent devant l’entrée du Parlement européen à Strasbourg. Le vote en séance plénière sur la déréglementation des NTG est inscrit à l’ordre du jour du lendemain, 17 juin.
L’appel émane de la Confédération Paysanne - syndicat agricole français reconnu - et de la Coordination européenne Via Campesina (ECVC), selon les deux organisations. La coalition réunit des structures d’Allemagne, d’Italie, de Belgique, d’Autriche et d’autres pays de l’Union, listées sur le site d’Eurovia.
Ce que le texte prévoit
Les nouvelles techniques génomiques (NTG) désignent des outils de modification du génome végétal comme CRISPR-Cas9. La proposition soumise au Parlement prévoit de les soustraire en partie à la réglementation OGM actuelle, en distinguant deux catégories de plantes selon leur degré de modification.
Depuis l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 25 juillet 2018, les NTG sont juridiquement assimilées à des OGM et relèvent du cadre réglementaire correspondant - traçabilité, étiquetage, évaluation des risques. Le texte en discussion vise à alléger ces obligations pour une partie des plantes NTG.
Selon Inf’OGM, un accord provisoire en trilogue (Parlement, Conseil, Commission) a été conclu en décembre 2025. Le Conseil de l’UE a entériné sa position le 21 avril 2026 : 18 États membres, dont la France, ont voté en faveur du texte.
Les arguments des opposants
La Confédération Paysanne et ses partenaires contestent la suppression des exigences de traçabilité et d’étiquetage pour les plantes NTG de catégorie 1. Ils invoquent le principe de précaution et les risques pour la biodiversité agricole. Sur son site, la Confédération Paysanne estime que « le Parlement européen s’apprête à remettre en cause 30 ans de luttes et de victoires syndicales » sur les OGM et les semences.
La coalition demande aux eurodéputés de rejeter la proposition en l’état. L’interpellation des parlementaires avant le vote constitue la stratégie affichée de la mobilisation, selon les organisateurs.
Contexte dans le Bas-Rhin
Strasbourg accueille les sessions plénières du Parlement européen, ce qui en fait régulièrement le théâtre de mobilisations agricoles à l’échelle continentale. Selon Rue89 Strasbourg, des rassemblements similaires s’étaient déjà tenus devant l’hémicycle en février 2024, lors d’un précédent débat sur l’assouplissement des règles NTG, puis en janvier 2026 contre l’accord commercial avec le Mercosur.
En Alsace, l’agriculture représente environ 6 000 exploitations et 343 000 hectares de surface agricole utile (SAU), selon la Chambre d’agriculture Alsace. Aucune donnée spécifique sur l’impact des NTG dans le Bas-Rhin n’est disponible à ce stade. Le Bas-Rhin est aussi régulièrement au cœur des actualités institutionnelles européennes en raison de la présence des institutions à Strasbourg.
La ville concentre ainsi les enjeux agricoles européens chaque fois que le calendrier législatif s’y prête. Le rayonnement européen de Strasbourg dépasse largement le seul registre sportif ou culturel.
Trois décennies de bataille réglementaire
La lutte contre les OGM est présentée par la Confédération Paysanne comme un combat fondateur de son histoire syndicale. L’organisation revendique d’avoir contribué à l’interdiction des OGM en Europe, hors dérogations limitées, à partir des années 1990. Le texte NTG est perçu comme une remise en cause de cet acquis.
Reporterre rappelle que des mobilisations avaient déjà eu lieu à Strasbourg avant de précédents votes sur les NTG, témoignant d’une opposition organisée et récurrente au niveau européen.
Prochaine étape
Le vote en séance plénière du Parlement européen est inscrit au 17 juin 2026. Son résultat déterminera si le texte issu du trilogue de décembre 2025 est adopté définitivement ou renvoyé en négociation.
Sources
- Confédération Paysanne : Mobilisation du 16 juin 2026 contre la déréglementation des OGM/NTG
- Eurovia / ECVC : 16 juin : les paysan·ne·s se mobilisent à Strasbourg — Non à la déréglementation des OGM
- Inf'OGM : Le Conseil de l'UE favorable à la déréglementation des OGM/NTG
- Reporterre : Mobilisation avant le vote sur les nouveaux OGM au Parlement européen